‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 111 sur 412 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

M. le cardinal de Retz écrit à l'Asserabiée. M. de Meaux et M. Le Moine lisent sa lettre en particulier et en font leur rapport à la compagnie.

Dans l'Assemblée générale du clergé de France qui se tint le lundi 18 septembre, M. de Chalon-sur-Saône dit que

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M. le cardinal Mazarin lui avait fait espérer que dans huit jours on donnerait satisfaction à l'Assemblée en ce qui regardait l'administration du diocèse de Paris; que néanmoins les huit jours étant passés sans que l'on y eût pourvu, et l'état présent de l'église de Paris demandant que l'on remédiât promptement aux désordres qui y étaient, il en écrirait à Son Éminence si la compagnie le jugeait à propos. On le pria de le faire au plus tôt.

Il en rendit compte à l'Assemblée le samedi 23, et dit que lui, M. du Mans et MM. Édeline et Le Moine ayant écrit à M. le cardinal Mazarin pour le prier de faire en sorte auprès du roi que M. le curé de SaintSéverin fît ses fonctions de grand-vicaire de M. le cardinal de Retz, ainsi qu'il l'avait fait espérer, ils venaient de recevoir la réponse par laquelle Son Éminence leur mandait que dans peu de jours M. le chancelier leur ferait savoir les intentions de Sa Majesté sur ce sujet. Ces retardements affectés marquaient du côté du cardinal Mazarin une grande indifférence pour les intérêts de l'Église, dont les besoins si pressants étaient dans le diocèse de Paris, et un grand mépris pour le clergé de France par l'inexécution d'une parole si précisément donnée.

Ce jour-là même M. de Marmiesse, promoteur, dit qu'entrant dans la salle on lui avait remis un paquet qui s'adressait à lui, et qu'après l'avoir ouvert, il avait trouvé une lettre pour lui, écrite par M. Lavocat, et une autre de M. le cardinal de Retz pour l'assemblée, qu'il remit sur le bureau; et M. l'abbé Poucet en remit aussi une autre de ce même cardinal, laquelle lui avait été adressée. Ce fut par cette occasion que l'on commença d'exécuter les ordres du roi sur ce sujet, et l'on remit ces paquets entre les mains de M. de Meaux et [de] MM. Édeline et Le Moine, députés de la province de Paris, lesquels, après s'être retirés pour lire ces lettres en particulier et faire le discernement du spirituel et du temporel, M. de Meaux vint ensuite reprendre sa place au bureau, et rapporta que par la lettre que M. le cardinal de Retz écrivait à l'Assemblée, il lui rendait compte du sujet de sa retraite, causée par son indisposition qui l'avait obligé d'aller aux eaux, et pourquoi ensuite il n'était pas retourné à Rome, la peste lui ôtant la liberté du passage, et comme il avait confiance que le pape lui continuerait sa protection.

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