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tous les autres ecclésiastiques du diocèse, et qu'ils eussent entrepris d'écrire aux curés des autres diocèses sans la participation de messeigneurs leurs évéques ; que par Ifi il semblait qu'ils voulaient les engager à s'unir avec eux, ce qui ne se pouvait faire sans les distraire en quelque façon de la dépendance et de l'union que les curés doivent avoir avec messeigneurs leurs évéques; et que l'Assemblée avait désiré de savoir d'eux les motifs qu'ils avaient eus pour écrire cette lettre circulaire. Sur quoi M. de Saint-Roch dit : que lui et M. le curé des Saints Innocents, en qualité de syndics et suivant la délibération de leur compagnie, avaient signé un avis circulaire qu'ils avaient envoyé en quelques provinces et diocèses du royaume, lequel ne contenait qu'un simple récit du sujet d'une requête présentée par les curés de la ville de Rouen, et par lui renvoyée en la présente Assemblée générale, et de ce qui se faisait à Paris en la poursuite de la censure d'une morale qu'ils estimaient très pernicieuse, afin que les curés des autres diocèses avisassent s'ils demanderaient la même censure ; qu'ils n'avaient jamais eu aucune intention de faire aucune ligue avec eux, ni de les distraire de la dépendance de messeigneurs leurs évéques; mais seulement de rendre plus considérable, par le grand nombre des suppliants, la requête qu'ils avaient délibéré de présenter à l'Assemblée ; qu'il savaient très bien que l'évêque seul de droit avait le pouvoir en son diocèse de juger de la bonne et de la mauvaise doctrine, tant de la foi que des mœurs, et qu'à lui seul les curés devaient s'adresser pour en recevoir le jugement^ et que l'avis circulaire marquait assez les sentiments de leur compagnie sur ce sujet, et que les curés des autres diocèses devaient tenir, leur ayant envoyé pour cet effet la copie de ceux de la ville de Rouen, présentée à Ms' leur archevêque, afin de s'y conformer et de s'adressera eux comme à messeigneurs leurs évoques, avant que de se présenter à cette Assemblée ; que c'est de l'évêque seul qu'ils devaient rechercher et recevoir le jugement de ces matières, et que sans sa permission ils ne le pouvaient légitimement rechercher ni recevoir d'aucun évêque étranger, non pas même de l'Assemblée générale, y ayant en cela, comme en toutes autres fonctions et dépendance? hiérarchiques, obligation réciproque entre l'évêque et ses diocésains ; qu'eux mêmes, curés de Paris, n'eussent jamais
voulu faire autrement, et que c'était l'un des griefs les plus grands qu'ils avaient remontré souffrir en cette auguste Assemblée, par l'absence de M^' leur archevêque et l'empêchement de MM. ses grands-vicaires, que d'être privés de son ordre et participation, et que les curés de Rouen ne les avaient prévenus en la déclaration de la mauvaise morale que par défaut d'archevêque et de grands-vicaires de Paris, comme en effet ils n'avaient différé de présenter leur requête à l'Assemblée qu'en attendant un grand-vicaire de Paris, pour obtenir de lui la permission et le renvoi, protestant, depuis qu'ils en avaient un, de ne rien faire sans sa participation et permission.
Que quand ils avaient envoyé leur avis ci«dessus, ils avaient cru appeler les autres curés des autres diocèses, ou par députés devant leurs propres évêques qui étaient présents à l'Assemblée générale, ou devant leurs vicaires généraux résidant dans leurs diocèses, et n'avaient pas cru qu'aucun évêque trouvât mauvais que les curés de son diocèse comparussent dans une Assemblée où ils étaient présents en personne, et où ils étaient assistés de nosseigneurs les autres prélats, desquels ils auraient eux-mêmes désiré le conseil et recherché le jugement, comme avaient fait nosseigneurs les archevêque de Rouen et évêque d'Angers.
Que s'ils avaient proposé aux curés des autres diocèses d'envoyer leur procuration, ce n'avait été qu'à cause de leur éloignement, et non par ligue, pouvant les dits constituants envoyer les procurations à autres personnes et à autres fins que celles des curés de Paris.
Comme aussi, en ce qu'ils leur avaient proposé de se joindre pour procéder en l'Assemblée générale et partout ailleurs ou besoin serait, ce n'avait pas été pour tirer l'affaire hors de l'Assemblée générale, ce qui serait manifestement contraire à leur intention; mais qu'outre que c'était une clause ordinaire de toutes les procurations, on ne l'y avait mise qu'afln de pourvoir aux cas auxquels ils seraient obligés de procéder ailleurs, restant encore aux curés la voie canonique de s'adresser à leurs propres évêques, si l'Assemblée générale finissait avant que d'avoir conclu et arrêté la censure dont il était question. Qu'au surplus, ce n'était ni entreprise ni chose nouvelle d'écrire des lettres ou avis aux chapitres, communautés et compagnies séculières ou régu-
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lières, pour des causes communes de même ordre et de même intérêt; que quant à eux, ils étaient dans cette possession, et l'avaient fait au vu et su de Ms"" l'archevêque de Paris, nommément dans les instances qu'ils avaient eues contre le chapitre de l'église cathédrale, et en d'autres différends contre les réguliers de Paris, dans lesquels ils avaient même produit au Parlement les attestations obtenues par leurs secondes lettres circulaires des curés des autres diocèses, sans que la cour y eût trouvé à redire; ce que les chapitres avaient fait aussi dans les mêmes instances.
Quant à leurs assemblées ordinaires et extraordinaires, ils estimaient qu'elles étaient fort légitimes, tant à cause de leur ancienne possession, que principalement parce qu'elles avaient toujours été faites de la permission des évêques ou archevêques de Paris, lesquels, s'il leur plaisait, y pouvaient présider, et leurs vicaires généraux ou l'un d'eux y avaient presque toujours assisté et y assistaient quand bon leur semblait, et jamais il n'y était rien conclu, ni quant à la morale des cas de conscience, ni quant aux affaires qui concernaient les charges des pasteurs, que sous le bon plaisir de Ms^ l'archevêque. Outre qu'il était toujours averti par députés de ce qui se passait des affaires extraordinaires ou autrement d'importance.
Qu'enfin, pour justifier péremptoirement et sans contredit que les curés de Paris, en l'affaire dont il s'agissait, n'avaient entendu et n'entendaient distraire les curés de la dépendance de leurs évêques, ils faisaient les protestations et soumissions suivantes :
La première était qu'ils s'étaient soumis et se soumettaient de se départir tout à fait de la présente poursuite de la censure dont il était question s'il était ainsi ordonné par nosseigneurs de l'Assemblée générale, et de se contenter d'attendre de leur justice et de leur piété une censure de celte importance, laquelle ils étaient plus obligés de faire que les curés de la demander et de la poursuivre, étant du pouvoir du père de famille d'ordonner du temps de la moisson et de commander aux moissonneurs d'arracher la zizanie ; tout le pouvoir et le devoir des enfants et des serviteurs n'étant que de l'avertir que la zizanie était crue dans son champ avec le bon grain.
La seconde soumission était que lui, curé de Saint-Roch, qui avait signé l'avis dont il était question, avait offert do son chef d'en signer et envoyer un autre par lequel il écrivait aux curés des autres diocèses, de n'envoyer aucune procuration sans la permission de leurs évéques, et que s'ils en avaient déjà envoyé, ils en demandassent et en obtinssent l'approbation ou d'eux ou de leurs grands-vicaires; qu'il faisait cette offre de son chef parce qu'il n'en avait pas encore l'offre de sa compagnie, espérant pourtant qu'il n'en serait pas désavoué et qu'il en pourrait apporter l'aveu quand il en serait requis.
La troisième soumission était qu'en cas qu'aucuns curés éloignés envoyassent leur procuration expédiée sans la permission de leurs évéques, ils promettaient, eux syndics, de les communiquer auxdits évêques, s'ils étaient à Paris, pour en disposer comme il leur plairait, et s'ils n'étaient pas à Paris, demander aux curés d'obtenir l'approbation, et autrement de ne se point aider de leurs procurations.
Après lesquelles très humbles et sincères soumissions, les syndics, non plus au nom des curés de Paris seulement, mais aussi de tous les curés des autres diocèses auxquels ils avaient écrit, estimaient pouvoir à bon droit et en toute sorte de respect exciter en nosseigneurs de l'Assemblée le souvenir de ce qui se passait tous les jours en leurs diocèses, et interpellant leur attention sur les soumissions présentes des curés de Paris, leur faire remarquer qu'ils ne trouveraient jamais de prêtres plus obéissants ni plus respectueux envers l'autorité épiscopale que les curés.
Et pour conclure le fait principal dont était question, ces syndics des curés de Paris suppliaient très humblement nosseigneurs de l'Assemblée de prendre en bonne part leurs avis aux curés des autres diocèses, et de croire qu'ils n'avaient jamais eu la pensée de faire corps ni union de doctrine, ni partie de quelque affaire que ce soit avec les dits autres curés, sans la dépendance de nosseigneurs les évêques, desquels au contraire ils avaient toujours été et voulaient demeurer à jamais les très humbles et très obéissants serviteurs.
M. le curé de Saint-Roch ayant prononcé ce discours avec une force et une liberté surprenantes, on en délibéra par provinces, et il fut résolu que Messieurs les agents deman-