LIVRE XV
national, ce que ces trois évêques laissèrent sans répartie. M. de Toulouse les écouta tous paisiblement sans se mêler dans cette contestation, parce qu'il savait se ménager dans les plus grandes affaires, et quoique l'assemblée l'eût nommé pour écrire une seconde lettre à M. de Beauvais, qui fût encore plus pressante que la première, il dit néanmoins qu'il ne la ferait que dans les extrémités, sachant qu'il s'agissait de pousser à bout un prélat ferme et intrépide, qui avait de grandes alliances et nombre d'amis dans le conseil et dans la cour de Parlement.
M. Cliaillou, doyen de Beauvais, qui était auteur de tout ce tumulte, eut beaucoup de déplaisir de voir que cette affaire ne fût pas encore entièrement consommée, et que la généreuse résistance de son évêque rendît inutiles toutes les poursuites qu'il avait faites dans le clergé par l'intrigue des Jésuites, ses amis, et des docteurs du parti de Molina. Il en témoigna son chagrin dans une conversation où il se trouva quelques personnes affectionnées à ceu\ de ses confrères qui s'opposaient à ses entreprises, et redoublant ses menaces, il continua de les traiter de jansénistes, et dit qu'ils n'étaient que six ou sept dans le diocèse de Beauvais, et qu'il saurait bien les réduire.