‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 171 sur 412 · LIVRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI

M. l'archevêque de Rouen, ce jour-là même, avait ainsi ordonné : Vu la dite requête, ensemble les conclusions de notre promoteur. Nous avons renvoyé la discussion et l'examen des lettres dont il est question à notre conseil. Si voulons à cet effet qu'il soit extraordinairement assemblé à la diligence de nos vicaires généraux^ que nous commettons par ces présentes pour faire lecture des dites lettres, et en faire le rapport à notre dit conseil, pour être procédé ensuite à l'examen le plus diligemment que faire se pourra, en observant les formes accoutumées en pareilles rencontres, pour y être pourvu ainsi que de raison. Et au regard du scandale prétendu commis par le sieur Dufour, curé de Saint-Maclou et trésorier de notre église, avons ordonné que le tout sera renvoyé à notre cour d'église jusqu'à pleine et entière instruction, qui nous sera aussitôt représentée pour y être procédé ainsi que nous jugerons à propos.

Répondu en notre audience de notre château archiépiscopal de Gaillon, ce 2 août 1656.

François, archevêque de Rouen.

Après toutes ces procédures, juridiques eu apparence, et plusieurs consultations, tant de l'Assemblée générale du clergé de France que de quelques docteurs particuliers, M. de Rouen voulut sortir de cette affaire par un accommodement qui, sous prétexte de mettre d'accord toutes les parties, ne fut que l'effet d'une fausse paix. Les curés avaient préparé une réponse vigoureuse auPère Brisacier pour la défense de leurs droits, de leur dénonciation, de la bonne foi des Lettres provinciales et de la pureté de la doctrine qu'elles contiennent, mais on ne sait si elle fut achevée, ce que l'on en a vu n'étant pas fini.

Quoi qu'il en soit, le 18 ou 19 janvier, M. l'archevêque de Rouen fit donner ces actes réciproques du Père Brisacier et de M. Dufour.

« Jean Brisacier, prêtre de la compagnie de Jésus, recteur du collège archiépiscopal de Rouen, déclare en présence de Monseigneur l'archevêque de Rouen, primat de Normandie, qu'après m'être particulièrement informé des deux sermons faits par M. l'abbé d'Aulnay, trésorier de l'église métropolitaine, lorscuré de Saint-Maclou, le premier, le 30""* jour de mai^ au synode d'été de l'an 1656 ; le deuxième,

iibO MEMOIRES DE GODEFHOI UERMANT

en sa paroisse de Saint-Maclou, le 9 juillet en la même année ; j'ai connu que l'intention du dit sieur abbé n'a été autre que de blâmer et reprendre en général la doctrine des auteurs qui ont pu excéder tant sur les matières qui regardent les cas de conscience que sur celles qui concernent la doctrine de l'Église; ce qui m'a paru dans les écrits du dit sieur abbé produits au procès que nous avons eu ensemble dans l'officialité de mon dit seigneur, en sorte que je l'estime comme une personne de probité recommandable et de foi orthodoxe. Comme aussi je déclare que je ne connais point l'auteur d'un libelle intitulé : Réponse d'un théologien etc.; dans lequel messieurs les curés de la ville de Rouen se plaignent qu'il y a des choses qui leur sont injurieuses, protestant que nous n'avons point de part à cet écrit, et que nous les honorons et estimons comme des personnes de probité recommandable et de doctrine très catholique. »

D'un autre côté, M. l'abbé d'Aulnay donna cette déclaration, qui devait consommer en quelque manière la négociation de M. l'archevêque de Rouen :

« Je, abbé d'Aulnay etc., déclare en la présence de Monseigneur l'archevêque de Rouen, primat de Normandie, que dans les deux sermons que j'ai faits, le premier le 30 mai au synode d'été de l'an 1656; le second en ma paroisse le 30 juillet de la même année; je n'ai point eu l'intention d'attaquer en aucune manière la personne du Père Brisacier, recteur du collège archiépiscopal des Jésuites de Rouen, ni d'offenser sa compagnie; mais seulement d'entreprendre en général la doctrine des auteurs qui ont excédé tant sur les matières qui regardent les cas de conscience que celles qui regardent la hiérarchie de l'Église; ce que je crois avoir assez témoigné dans mes paroles et dans mes écrits, les estimant personnes d'honneur et de capacité, et sans que la précédente déclaration porte préjudice en la poursuite qui se fait à Paris, pour faire condamner les mauvaises propositions extraites des casuites par nosseigneurs de TAssemblée générale du clergé de France, sur le renvoi qui en a été fait par Monseigneur l'archevêque. »

Il n'y avait guère de paix à espérer par de tels moyens, qui avaient si peu de rapport avec les actes que l'on avait

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