‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 176 sur 412 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Arrivée de M. Hallier à Rome. Les Jésuites sont rétablis dans les états de Venise.

Le jeudi 29 de ce mois, deux événements célèbres furent

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l'entretien de la cour de Rome : le premier fut l'arrivée de M. Hallier, qui y fut reçu avec honneur, au devant duquel le cardinal Brancacci avait envoyé un carrosse attelé de six chevaux pour le conduire depuis Viterbe jusqu'à, Monterso, et le cardinal François Barberin un autre carrosse avec un pareil attelage, dans lequel il arriva magnifiquement de Monterso à Rome. 11 y fut vu aussi le lendemain dans Téglisede Saint-Jean-de-Latran, où quelques-uns de ses amis l'étaient venus accompagner dans un carrosse de ce même cardinal.

Le bruit se répandit aussitôt dans toute la ville que le sujet de son voyage était pour solliciter une congrégation contre M. Arnauld, afin de faire confirmer par Sa Sainteté la censure de la Faculté de théologie. Les spéculatifs de ce pays-là, qui y sont toujours en grand nombre, supposèrent ce fait comme une vérité constante, et se mirent en peine de deviner qui entrerait en la place des consulteurs de la dernière congrégation, dont quelques-uns étaient morts et les autres avaient changé d'état. Le Père Modeste avait été fait archevêque de Chieti au lieu du servite qui avait été de la congrégation, le Père Delbino', n'était pas du nombre des consulteurs; le carme, le célestin et l'augustin avaient été faits évéques, Mais l'inquiétude de ceux qui trouvaient un grand mystère dans ce voyage inopiné de M. Hallier était mal fondée; car ce bon docteur n'était venu que pour solliciterles bulles de son évêché deCavaillon, et dans l'état où le réduisait la faiblesse de son corps et de son esprit, il n'était plus guère capable de contestations ni d'intrigues.

Un autre événement plus considérable fut l'arrivée d'un courrier parti de Venise, qui apporta pour nouvelle que le sénat de cette Sérénissime République avait enfin arrêté de rétablir les Jésuites dans ses états, et d'abolir tous les décrets qui avaient été faits contre eux depuis qu'ils en avaient été chassés, sous le pontificat de Paul V, à condition qu'ils paieraient un million en divers paiements; et que, pour les indemniser, on leur assignait tous les couvents supprimés, et dans Venise l'église Saint-Sauveur in Alga, On croyait que c'était pour entretenir un régiment contre le Turc.

Toute l'Europe ouvrit les yeux pour considérer avec atten-

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