LIVRE XVI
Charles au premier concile de Milan, doit être religieusement pratiquée, et pour cet effet les fidèles se confesseront et communieront en leur paroisse à la fête de Pâques, s'ils n'ont permission de se confesser ailleurs de l'évêque, de son grand vicaire ou du curé, qui se rendront faciles à accorder la dite permission pour ce qui regarde la confession. Les fidèles qui satisfont à cette obligation en leurs paroisses, ou qui demandent la licence de se confesser ailleurs font un acte de véritable obéissance envers l'Église.
De la confession en la maladie.
Étant à désirer que les fidèles reçussent des curés le sacrement de pénitence lorsqu'ils sont sur le point de finir la vie, comme ils ont reçu le sacrement de régénération lorsqu'ils ont commencé à vivre, encore que l'Église n'ait pas établi la même obligation de se confesser à son curé en la maladie qu'en la fête de Pâques, il ne faut pas néanmoins douter qu'en cette occasion la préférence de son pasteur ne soit très utilement pratiquée.
Et comme en cet état les malades ont plus besoin de conseil et de conduite, il faut, s'ils ne sont pas assistés de leurs curés et s'ils ne se confessent point à eux, qu'ils appellent au moins pour cette fonction des prêtres approuvés par les évêques, soit séculiers, soit réguliers, dont la suffisance et la piété soient convenables à un si charitable office, si ce n'est qu'une extrême et imprévue nécessité d'un danger présent de la mort contraignît d'en user autrement; lesquels prêtres soit séculiers, soit réguliers seront tenus d'attester aux curés, par un billet qu'ils laisseront chez les malades, écrit et signé de leur main, qu'ils les ont confessés.
De l'obligation d'ouïr la messe de paroisse.
11 y a obligation de droit aux fidèles d'assister à la messe paroissiale les fêtes et les dimanches, au moins de trois dimanches l'un, et les évêques peuvent les y contraindre par censures ecclésiastiques lorsqu'ils le jugent nécessaire.
Le concile de Trente n'a point exempté les fidèles de cette obligation d'assister en la paroisse, soit pour ouïr la messe paroissiale, soit pour y entendre la parole de Dieu; mais plutôt il a exhorté les évêques d'avertir de ce devoir les
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peuples que Dieu leur a commis; ce que les évêques de France ont exécuté lorsqu'en leurs synodes, en leurs conciles provinciaux et en leurs assemblées générales du clergé, ils ont déclaré cette obligation des fidèles et ont chargé les curés de la leur bien faire entendre en leurs prônes, de sorte que l'on ne peut prétendre qu'il y ait ou qu'il puisse y avoir en France une coutume contraire, n'étant interrompue par la fréquence continuelle de ces déclarations publiques.
On ne satisfait à ces devoirs que dans les églises que l'on nomme communément paroisses ou dans les cathédrales qui en sont les mères et les matrices, lesquelles on méprise lorsque, sans une cause honnête, on omet d'y assister au temps qu'il est ordonné par l'Église ; et la plus grande commodité n'est pas une cause honnête.
Il y peut avoir un tel mépris et une telle désobéissance d'aller à la paroisse, que ce serait un péché mortel d"y manquer.
Les évêques sont priés de faire exhorter les peuples de s'acquitter de ce devoir aux mêmes termes que saint Charles fit exécuter son ordonnance sur ce sujet au concile delà province de Milan, qui sera ci-après transcrite.
De Pusage des privilèges des réguliers.
L'Église ayant voulu aider les évêques et les curés, a institué des ordres réguliers auxquels elle a donné le privilège de pouvoir être employés par les évêques pour l'administration des sacrements et la prédication de la parole de Dieu. Il est donc bien nécessaire que les fidèles sachent quel est ce pouvoir des réguliers, et comme ils s'en doivent servir. C'est pourquoi on leur fera entendre qu'encore que ni les canons, ni les décrétales des papes ne donnent point aux réguliers la qualité de délégués, ni de pénitenciers du Saint-Siège; et qu'ils nelesoientpaseneflFet; néanmoins, les fidèles peuvent se confesser en assurance et fort utilement aux dits réguliers privilégiés par le pape, lorsque les évêques, par leurs approbations, les ont rendus idoines et habiles pour cette fonction dans leurs diocèses, comme parle le concile de Trente.
Ils doivent obtenir actuellement cette approbation en sorte que si elle leur était refusée, même encore qu'ils pré-