CHAPITRE X
Les suffragants de Paris demandent le retour des exilés. Assemblée de Sorbonne. État des affaires de Port-Royal.
Le jeudi et vendredi 24 du même mois, l'assemblée de la maison et société de Sorbonne s'y étant tenue à l'ordinaire, on y arrêta que les docteurs^ licenciés et bacheliers de cette maison et société qui n'avaient pas souscrit a la censure de la deuxième Lettre de M. Arnauld et qui seraient alors à Paris seraient déchus de tous leurs droits d'hospitalité et de commensalité de la maison; et que quant à ceux qui seraient dans les provinces ou dans les pays étrangers, ils feraient leurs diligences pour la souscrire avant la Pentecôte, à faute de quoi ils décherraient aussi des mêmes droits.
Le jeudi 23 de mars, MM. les évêques suffragants de l'archevêché de Paris, ayant obtenu audience de M. le cardinal Mazarin, le suppUèrent instamment d'employer son crédit auprès de Sa Majesté pour obtenir le retour des ecclésiastiques exilés au sujet de M. le cardinal de Retz. Et cette Éminence leur ayant répondu que ce n'était pas une chose qui fût si facile à obtenir, parce qu'il y avait des considérations très importantes qui pouvaient empêcher leur retour, ils lui répartirent qu'ils ne pouvaient pas s'empêcher de le poursuivre, parce que le procès-verbal de l'Assemblée en était chargé, et que M. le cardinal de Retz s'était mis en état de donner satisfaction au roi en nommant un grandvicaire. Sur quoi ce cardinal leur dit qu'outre que ces ecclésiastiques avaient desservi le roi en se déclarant pour M. le cardinal de Retz, ils étaient de plus jansénites, et [que les évêques] devaient en cette qualité s'abstenir eux-mêmes de poursuivre leur retour. Ces prélats répliquèrent qu'il y avait des moyens de prendre des précautions avec eux pour
1. Allusion à la chute de Duhamel, qui signa plus tard le formulaire.