CHAPITRE XXVI
Synode de liofûcialitô de Paris. Dispositions géuéreases des disciples de saint Augustin.
Le lundi 9 du même mois, M. l'official de Paris tint son synode, où se trouvèrent tous messieurs les curés, tant de la ville que de la banlieue. M. Porcher^ vice gérant de Toffi-
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cialité, y présida en l'absence de M. Joly, officiai, absent de Paris, et relégué par une lettre de cachet. Ce docteur de Sorbonne s'y conduisit sagement, et il fut résolu que messieurs les syndics poursuivraient partout où besoin serait la condamnation des maximes pernicieuses des nouveaux casaistes. Cette conclusion fut signée par tous les curés présents, sans en excepter aucun.
Ce jour là même, M. de Nesmond fit la harangue à l'ouverture du Parlement, et dit que nous avons en nous les semences de toutes les vertus, et que Dieu donnait à tous les hommes des moyens et des secours pour aller k lui et se sauver.
[Après sa harangue, on dégrada dans le Parlement le sieur de Chenailles en lui ôtant sa robe rouge et son bonnet ; Mais il prévint les huissiers sans attendre qu'ils lui rendissent cet office ; il quitta lui-même sa robe et fit tomber son bonnet en branlant la tête, et se sauva dans une des buvettes pour éviter l'infamie d'être mené hors la ville par quatre huissiers du Parlement. Ce jugement parut trop doux à la cour, et elle en fit des plaintes comme d'un excès d'indulgence^]
Pendant que ces choses se passaient en France, et que l'on attendait la déclaration sur le sujet de la nouvelle bulle, le pape qui l'avait donnée travaillait sans y penser à étei ndre le feu que les Jésuites avaient allumé; car Ms"" Giulio Rospigliosi, autrefois nonce en Espagne, fut fait cardinal ce jourlà même, et Dieu le conduisait par ce degré d'honneur jusqu'au comble du souverain pontificat pendant lequel il devait donner la paix à l'Église.
Il n'en paraissait alors aucune apparence aux yeux des hommes; mais dans le temps que l'on ne parlait que d'exterminer tous les disciples de saint Augustin, ils ne laissaient pas de conserver une paix profonde, étant persuadés que Dieu n'abandonnerait jamais la cause de la vérité. On peut juger de leurs dispositions par ce billet que M. de Sacy, neveu de M. Arnauld, avait écrit le 20 de m^rs à M. Le Maître, son frère, à Port-P.-oyal des Champs.
i. Tout le passage depuis : Après sa harangue est barré au nis. ne figure pas aux copies.