Horace, Odes, III
2. Oa ne voit pas que le docteur Taignier ait jamais fait partie d'un ordre religieux. Ce serait donc un terme familier, un mot d'amitié ; ailleurs il est appelé « le Petit Père ».
360 MÉMOIRES DE GODlîFHOI IIERMANT
dyscole, d'être rebelle à mon souverain pasteur après avoir protesté en public et en particulier, sincèrement et véritablement, que je me soumettais au jugement qu'en ferait le Saint' Pontife; voilà mon inclination. Mais vous pouvez juger qu'il y a encore bien du temps de fort méditer sur ce chapitre, et que messieurs les grands vicaires doivent parler, et les Parlements, et qu'on ne s'adressera à nous que dans l'extrémité, parce que nous sommes hors du monde. Mandezmoi sincèrement votre sentiment, car vos lettres ne sont vues de personne. Je voudrais bien que M. Dirois* eût conféré avec les habiles, parce qu'il sait assez le fond de ces choses et pourrait peut-être servir. S'il en est de besoin, il pourrait faire le voyage lorsque vous le trouverez à propos. »
On peut compter la date de la signature de M. Duhamel par celle de cette lettre, et il fallait que la peur lui eût fait perdre la mémoire de son ancienne disposition, qui n'avait nullement été de recevoir aveuglément tout ce qui viendrait de Rome; l'un des motifs qui l'attachaient à M. le cardinal de Retz étant d'en empêcher l'effet par la fermeté qu'i^ attribuait à ce grand prélat.
Quoique l'orage fût sur le point de tomber plutôt sur Beauvais que sur aucun autre lieu, il ne laissait pas de s'y trouver des prêtres et des docteurs intrépides, et M. Hermant, qui était aussi intime de M. Taignier lui en écrivait ainsi le 17 avril :
u M. Ilaslé, disait-il, est le plus assuré de touset le mieux disposé en toutes choses; cette fermeté chrétienne est sans doute la récompense de sa grande piété et de son parfait désintéressement, qui va aussi loin qu'il puisse aller. Il faut se remettre de tous ces événements à la Providence de Dieu, et gémir plutôt sur les afflictions de rï]glise que sur la persécution dont on nous menace. Il importe peu que nous soyons flétris, persécutés, déchirés, pourvu que la cause de J.-C. soit victorieuse de la conspiration des hommes. Qu'on nous réduise en poussière; nous serons trop consolés d'être
i. 11 faut évidemment lire : Souuerain; on dit le Saint Père, et non le Saiîit Pontife.
2. François Dirois, né eu 1G20, mort entre 1691 et 1693, théologien, d'abord ami de Port-Royal, puis signataire du Formulaire dont il se fit l'apologiste, et qu'il fit signer ix M. Duhamel.