‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 251 sur 412 · De quel recueil s'agit-il ici? C'est une note du copiste · texte numérisé non relu

De quel recueil s'agit-il ici? C'est une note du copiste

396 MÉMOIRES DE GODEFROI HERMANï

rencontre l'établissement de l'Inquisition en France. Il contenait ce qui suit :

La déclaration qui avait été dressée par M. le chancelier pour faire enregistrer au Parlement les deux constitutions d'Innocent X et d'Alexandre VII et les faire souscrire ayant été rejetée à cause qu'on a bien prévu que le Parlement n'approuverait jamais ces souscriptions, M. de Toulouse, qui ne manque ni de lumière ni d'affection pour seconder le zèle des Jésuites, a proposé nouvellement un expédient par lequel il prétend surprendre la religion de la cour et lui faire autoriser ces signatures sans qu'elle s'en aperçoive.

Il a fait pour cela deux déclarations, l'une adressée au Parlement, l'autre au clergé.

Par celle du Parlement, le roi ordonne simplement que les constitutions seront observées, et que celle d'Alexandre VII, dans laquelle celle d'Innocent X est insérée, sera enregistrée au Parlement. Il enjoint de plus que les juges séculiers tiendront la main à l'exécution des jugements ecclésiastiques. Tout cela ne paraît pas si grande chose; mais ayant le rapport qu'il a à la déclaration adressée au clergé^ c'est l'établissement d'une véritable Inquisition. Car par celle adressée au clergé, le roi exhorte les évêques de faire souscrire la formule qu'ils ont dressée sur ces constitutions par tous les ecclésiastiques réguliers et séculiers, même parles religieuses; de ne conférer aucun bénéfice qu'à ceux qui les auront souscrites et de punir les contrevenants à ces constitutions, soit ecclésiastiques, soit laïques; et pour faire voir que de sa part il y a apporté tout ce qu'il croyait nécessaire, il déclare qu'il a adressé cette première déclaration au Parlement, par laquelle il a enjoint à tous juges séculiers de tenir la main à l'exécution du jugement des évêques.

Ainsi l'artifice de M. de Toulouse a été de ne point parler dans la déclaration adressée au Parlement de souscription et de formulaire, pour la faire passer plus facilement; mais on espère que la cour ne s'y laissera pas surprendre, et qu'elle verra bien que si une fois elle avait procédé à cet enregistrement, il serait malaisé de donner la protection aux sujets du roi qui la lui demanderaient quand ils seraient vexés sous prétexte de ces souscriptions parles juges ecclésiastiques. Car les constitutions étant une fois enregistrées au Parlement, elles y serviraient de loi ; et la déclaration

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