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398 MÉMOIRES DE GODEFROl UliRMANT
n'étaient pas seulement ennuyeuses au public, mais insupportables à la reine-mère par des considérations que le respect du caractère ecclésiastique nous-oblige de supprimer, alla au Louvre faire la harangue de congé. M. de Béthune, archevêque de Bordeaux, plus illustre par sa dignité et par sa naissance que par son éloquence et sa doctrine, avait été chargé du ministère de la parole. Il fit ce qu'il put pour s'acquitter de cette importante commission, et s'il ne dit pas des choses fort rares et fort recherchées, du moins il en dit de fort agréables à la cour, parce que le fort de sa harangue était contre les jansénistes, qu'il traita d'hérétiques, sans liésiter sur ce point; les applaudissements néanmoins en furent un peu moins que médiocres, et ce bon prélat n'ajouta rien de nouveau à sa réputation.
Sur les huit heures du soir, M. de Sens vint dire à M. de Bagnols que M. l'archevêque de Toulouse l'avait assuré que la déclaration du Parlement était envoyée â M. le procureur général, et qu'ayant celle du clergé, il ne la voulait pas produire jusqu'à ce que l'autre fût passée au Parlement.
M. de Sens y revint encore sur les onze heures du soir et y apporta un billet que M. Fouquet, procureur général, avait écrit en réponse à M">e Du Plessis Guénégaud.
Le dimanche 6 mai, on fit vingt-cinq copies de l'écrit qui avait été dressé le jour précédent pour messieurs les gens du roi. Le Père Camus, de l'Oratoire, qui s'appelait alors M. de Villiers, en ayant lui-même donné une à M. Talon, ce magistrat lui dit que toutes les raisons contenues dans cet écrit étaient excellentes, mais que le temps étant aussi mauvais qu'il l'était alors, il ne pouvait pas refuser cette attache; que tout ce qu'il pouvait promettre était de conclure que l'on consentait à l'enregistrement de cette déclaration en la modifiant par cette addition : sans préjudice aux libertés de l'Eglise gallicane, et sans que les ecclésiastiques puissent s^attribuer une plus grande autorité que celle qui leur est attribuée par les ordonnances. On pria M. de Villiers de retourner chez M. Talon et de le supplierd'ajouter ces mots : Qt sans qu'on puisse établir une nouvelle Inquisition en France, ce qu'il promit de faire au plus tôt. On vit M. Bignon, qui promit aussi de sa part de faire tout son possible pour empêcher l'abus que l'on voulait faire de ces constitutions. On laissa aussi des copies de ces mémoires entre les mains