‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 267 sur 412 · LIVRE XVII 42i · texte numérisé non relu

LIVRE XVII 42i

OUÏ et qui en ont écrit la vie et les actions : Et manus nostrse contrectaverunt de Verbo vitœ. Ensuite il mit en question si tous ces points méritaient une créance égale, et montra que les points de fait ne la méritaient pas moins que ceux de droit, parce que les choses de droit ne nous sont connues et ne nous peuvent être certaines que par l'entremise de celles de fait, et que nous ne saurions, par exemple, que J.-C. est Fils de Dieu et égal à son Père, si les apôtres ne nous l'avaient assuré par leur témoignage. Mais il ne distinguait point entre les faits qui nous sont connus par révélation, et ceux qui ne sont point révélés, et c'est ce qui ruinait par avance les conséquences qu'il voulait tirer de ce faux raisonnement.

De là il passa à une autre question : Si l'Église et les papes ne peuvent point errer en des choses de fait. Et il apporta pour l'affirmative, en forme d'objection, l'exemple du sixième concile, qui a condamné Honorius sur quelques lettres qu'on avait apportées' comme de lui. Il fit un grand narré de cette histoire, dans laquelle il présupposa que Pyrrhus, Paul et Sergius étant morts, quelques-uns de leurs partisans voulurent faire passer leur doctrine dans le concile, et que pour lui acquérir quelque créance, ils eurent l'adresse de faire couler ces lettres; que ce concile commit quelques personnes pour en vérifier les exemplaires, et que, sur la foi de ces personnes qui examinèrent mal les choses, l'assemblée supposa que ces lettres étaient en effet de ce pape, et les frappa d'anathème aussi bien que les ouvrages de ces autres hérétiques. H dit là-dessus que le concile s'était trompé en un point de fait; si ce n'est que ce langage lui semblant trop dur, il ajouta pour l'adoucir qu'à parler proprement ce n'était pas lui qui avait erré, mais ces mauvais commissaires qui avaient mal rapporté ce fait. Pour l'éclaircissement de ce galimatias, il apporta l'exemple d'un jugement que rend un bon juge contre une bonne cause sur la déposition de faux-témoins d'un crime dont celui qui est accusé est innocent, les preuves étant suffisantes contre lui. Ce juge le condamne dans les formes de justice, quoiqu'il condamne un innocent, et seulement dans le fait, quoique l'erreur ne lui doive pas tant être imputée

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