‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 308 sur 412 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

Cela est insupportable, et il est bien difficile d'être patient plus longtemps. L'on s'est prévalu de l'état où je me trouve ; mais je vous assure que celui qui est l'auteur de ce qui est arrivé s'en repentira quelque jour. Je ne suis pas surpris de l'emportement du curé de Saint-Sulpice, il est assez ignorant et assez dévot pour être capable de tout ce qu'il y a de plus extravagant. »

Le jour môme que M. Feydeau reçut sa lettre de cachet, qui était lejour de Saint-Pierre, Mademoiselle S fille unique et héritière de feu Son Altesse Royale M. le duc d'Orléans, fit l'honneur à M. d'Andilly de venir de Limours à Port Royal des Champs pour le voir, et arriva, vêpres étant dites. Après lui avoir parlé environ une heure, elle entra dans le couvent où elle vit tout et entra partout. En étant sortie, elle témoigna à M. d'Andilly, auquel elle parla encore assez longtemps, qu'elle y avait trouvé tout le contraire de tant de choses qu'on en dit, et qu'elle était entièrement satisfaite de ce qu'elle y avait vu. Depuis, elle en parla de la même manière à tout lé monde, et Dieu le permit en voulant que le monastère de Port-Royal, que l'on voulait détruire en ce temps-là, fût justifié par toutes sortes de bouches, et que les personnes du sang royal reconnussent en plus d'un lieu l'odeur de la piété chrétienne et religieuse qui y régnait depuis tant d'années.

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