Qu'ils voulaient perdre et... Ces mots ue sont pas au ms
2. Le P. des Déserts, agent si actif des ennemis de Port-Royal, fut, dit-on, mêlé par deux fois à de factieuses affaires d'argent.
Les Jésuites n'ont pas plutôt obtenu cette lettre qu'ils commencent à triompher. Ils donnent cet avis à M"* de Boissy à Malnoue, et voyant qu'on pourrait faire difficulté à Port- Royal de rendre cette demoiselle, la mère n'y étant point et n'y pouvant venir parce qu'elle est toujours fort infirme, ils tirent d'elle une lettre de confiance écrite de sa main afin qu'on la mette entre les mains de M"* Martel, sa parente.
Le 29 juillet, deux jours avant que cette lettre de cachet fût expédiée, M"" l'abbesse de Notre-Dame de Soissons, Henriette de Lorraine',, sœur de M.d'Elbœuf et grand'tante de Mil* de Roannez, lui avait écrit une autre lettre sur le sujet de son entrée à Port-Royal, et voici ce qu'elle contenait :
« Ma très chère nièce, « Mes sentiments n'ont jamais été plus partagés qu'au sujet de votre retraite à Port-Royal. J'ai eu une joie sensible qu'au lieu de vous laisser éblouir par le rang considérable que vous pouviez tenir dans le monde, vous avez été assez éclairée pour choisir une condition qui vous élève infiniment au-dessus de lui. Il y a si longtemps, ma très chère nièce, que je connais par une heureuse expérience qu'il n'y a rien de grand que le Maître que vous servez, qu'il n'y a rien d'aimable que l'Époux que vous prenez, qu'il n'y a rien de solide que les biens que vous cherchez, que je vous loue et estime du choix avantageux que vous avez fait. Mais je vous avoue aussi que j'ai été beaucoup touchée de voir que vous n'avez pas gardé toutes les mesures nécessaires pour attirer les bénédictions du ciel et de la terre sur votre dessein. J'ai bien ouï dire souvent que la sévérité de quelques Saints Pères de l'Église* veut que l'on fasse un marchepied de ses plus proches parents pour se mettre au-dessus des obstacles qu'ils apportent à nos vocations. Mais pouvez-vous penser, ma très chère nièce, que les pères et les mères que ces saints hommes disent qu'il faut ainsi maltraiter soient de ceux qui agissent avec justice et piété
1. Henriette de Lorraine, grand'tante de M"« de Roannez, ne doit pas être confondue avec une autre religieuse du môme nom, qui mourut abbesse de Jouarre en 1694.
2, Saint Jérôme, dit une note ajoutée sur la copie.