LIVRE XVII
a Quelques personnes plus éclairées que moi, et qui vous honorent et vous aiment comme je fais, regardent deux choses : l'une que Home et la cour, étant indivisibles à présent dans cette affaire, ne prétendent qu'à avoir un seing dont ils puissent tirer des avantages contre vous, auxquels ils vous feront une renonciation verbale et fort inutile parce qu'elle ne sera qu'entre vous et eux.
« La seconde, qu'encore qu'il paraisse que les véritables adversaires (les Jésuitesj ignorent cette négociation, que néanmoins ils en sont peut-être les inventeurs; et, supposant que cela ne soit pas, le succès ne leur pourra être inconnu, duquel ils profiteront, et triompheront de la palinodie. Car, quoique vous fassiez, excepté ce que j'ai proposé au commencement, ils vous convaincront d'avoir donné les mains à ce dont vous vous êtes jusqu'ici courageusement défendus selon Dieu, ou quand vous voudriez vous défendre' d'avoir autorisé la doctrine des équivoques que vous avez si solidement et si agréablement détruite. Il est minuit, adieu, priez s'il vous plaît pour moi. Je voudrais bien conférer simplement avec M. Arnauld de l'affaire extraordinaire que vous savez ; mais mon désir est fort modéré ; ce n'est que pour demander avis avec soumission. »
Il faut aimer sincèrement la vérité pour connaître jusqu'à quel point un prêtre et un théologien qui est engagé par la Providence à défendre la cause de l'Église se trouve agité, lorsqu'ayant à décider une chose de cette importance, il se trouve environné de plusieurs avis différents qui lui sont proposés pour et contre par des personnes dont le cœur lui est connu. Les douleurs de l'enfantement ne sont pas si sensibles que la décision de ce doute, et jamais la lumière du Saint-Esprit n'est plus nécessaire qu'en ces sortes d'occasions pour conserver la paix de l'âme sans blesser la vérité.