CHAPITRE XXYI
M. Arnauld dresse un écrit pour être présenté à M. le ncjoce qui le rebute et rompt cette négociation.
Il fallait se posséder comme faisait M. Arnauld pour être capable au milieu de tout ce trouble de composer un écrit sur cette matière, qui ne fût ni un affaiblissement de la vérité, ni une blessure de la charité. Dieu lui fit la grâce de le composer de cette sorte, quoiqu'assez inutilement pour la fin que les négociateurs s'étaient proposée. Voici ce qu'il contenait :
« Il est indubitable du consentement de tous les docteurs catholiques que dans le point de fait, les papes et les conciles ne sont pas infaillibles.
Bellarmin de Rom. Pont. Liv. 4. Ghap. 2 : Conveniunt omnes catholici posse pontifîcem, etiam ut pontifex et cum suo cœtu consiliariorum vel cum generali concilio, errare in causis facti particulàribus, quse ex informatione teslimoniisque hominum prxcipue pendent.
C'est parla que le même Bellarmin et Baronius défendent le pape Honoré *, dont les lettres furent brûlées comme remplies d'hérésies par le G'»^ concile, en disant que ce concile, qui a été certainement œcuménique, s'est trompé dans le fait en prenant mal le sens du pape Honoré. Patres sanctse synodi {ait Bellarmin, ihid. Chap. JI), damnasse quidem Honorium, sed ex falsa informatione, ac proinde injudiciis errasse. Quamvis enim générale concilium legitimum non possit errare, ut neque erravit hoc sextum in dogmatihus fidei, tamen errare potest in quœstionibus de facto. Itaque tulo dicere possumus hos patres, deceptos ex falsis rumoribus, et non intellectis Honorii epistolis, immerilo cum hœreticis connumerasse Honorium.
Baronius dit la même chose (An. 681 num.39),et conclut par ces paroles : In lus quœ ad (idem spectant, plane religio est, vel latum unguem ab Us quse in sancla synodo statuta sunt recedere... In Us enim quœ facti sunt, unumquemque contingere posse fallere nemini dubium est.