LIVRE xvni
l'avait porté à attraper par surprise la feuille de la première signature du chapitre, et qu'il en voulait faire encore autant, afin de mettre toutes ces pièces dans le trésor de M. l'évêque, et par cette sorte d'entreprise obliger dans la suite du temps, comme par une loi autorisée par la coutume, [de signer], tout ce qu'il plairait à M. l'évêque d'ordonner. C'est pourquoi il déclara que l'on ne pouvait pas souflrir cela à cause des conséquences très dangereuses qui s'ensuivraient. Sur cette contestation, le président fit ouverture d'un avis qui fut suivi, que la bulle seule serait écrite dans le registre du chapitre, et qu'ensuite on laisserait de la place pour la souscrire et mettre seulement son nom.
Il fut donc ordonné que l'on transcrirait ainsi la bulle seule d'Alexandre, qui comprend aussi celle d'Innocent, et qu'on y souscrirait. On la transcrivit en laissant du papier blanc ensuite ; mais il se passa plusieurs mois sans qu'elle fût souscrite par aucun du corps du chapitre.
Le grand -vicaire, qui avait perdu sa cause à l'égard des chanoines et de ceux qui portaient l'habit dans leur église, dit qu'au moins il était à propos que l'on envoyât les bulles avec le formulaire dans les paroisses qui étaient soumises à la juridiction du chapitre ; mais le même chanoine s'opposa à cette proposition et dit que ceux dont il s'agissait pourraient signer avec les chanoines dans leur registre.
L'auteur de cette relation là finit par dire que ce grandvicaire aimait tant les signatures qu'il avait fait signer encore cette seconde bulle avec le formulaire à toutes les religieuses du diocèse, comme il avait fait la première fois.