‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 355 sur 412 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

[Voyage de M.M. Taignier et de Saint-Gilles. Perquisition faite à l'hôtel de M. des Touches. Procédure contre M. de Saint-Gilles, suspendue par l'intervention de M. de Coutauces. Mise à l'index des Lettres Provinciales]*,

M. Taignier, docteur en théologie de la Faculté de Paris, et M. Baudry d'Asson de Saint-Gilles, qui étaient tous deux fort exacts à marquer les principaux événements de l'Église,

l. Il n'y a de sommaire pour ce chapitre ni au manuscrit, ni dans les copies.

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firent des voyages en ce temps-ci, savoir : M. Taignier à Vendôme et à Bellesme, dans la compagnie de M. de Dernières ; et M. de Saint-Gilles à Clairvaux avec M. Le Maître, l'un des plus illustres solitaires de notre siècle, qui avait eu dévotion d'aller visiter le tombeau de saint Bernard et d'honorer ses reliques. Lorsque M. Taignier était à Bellesme*, qui était le lieu qu'on avait accordé à M. Duhamel comme un adoucissement d'exil, il sut qu'un ecclésiastique de ce pays là, nommé Renon, docteur en théologie de la Faculté de Paris, ami particulier de M. Cornet, et qui était sous la conduite du Père Bagot, avait insulté publiquement à ce curé de Saint- Merry et menacé de le faire sortir de là comme d'un lieu oîi il était capable d'infecter les autres, et de le faire proscrire en quelque autre endroit plus incommode. Cette menace n'était pas tout à fait en l'air et nous en verrons bientôt les suites.

M. de Saint-Gilles ne remarqua rien de considérable dans le cours de son voyage, que plusieurs miracles de la Sainte- Épine de Port-Royal, dont [on] lui raconta les plus particuliers à Provins, à Brie-Comte-Robert et ailleurs. Étant de retour à Paris le 2* jour d'octobre, il apprit que le samedi 29 septembre, le lieutenant du Prévost de l'Isle, avec quatre exempts, quatre ou cinq libraires, et trente ou quarante archers, était entré dans l'hôtel de Bonair, rue Sainte- Geneviève, au faubourg Saint-Marcel, appartenant à M. Pelletier des Touches' retiré depuis longtemps avec M. de Saint-Cyran, et qui est le lieu où cet abbé a accoutumé de loger lorsqu'il vient à Paris. La porte de derrière fut gardée par ordre de ce lieutenant et environnée de grand nombre d'archers dès quatre heures du matin; mais il ne se trouva dans la maison, que M. et M"« Veyras, qui y demeuraient actuellement. 11 y visita fort exactement tous les appartements de la maison, parce qu'il y cherchait une imprimerie qui ne s'y trouva pas. Les archers y ayant trouvé quelque argent en prirent une partie et quelques meubles, comme des chandeliers, des souliers neufs, des pistolets, etc., qui furent

1. Bellême était une paroisse de plus de 2.000 liab. (Orne, arrond. de Mortagne).

2. Paul Le Pelletier des Touches (1622-1703), ami de l'abbé de Saint- Cyran. Il suivit ensuite M. de Barcos à l'abbaye de Saint-Cyran, et y résida jusqu'à la mort de cet abbé survenue en 1678.

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