LIVRE XIV
Le 24 de ce mois, le roi manda MM. du clergé, dont il était mal satisfait à cause que M. l'archevêque de Narbonne ayant reçu des mains de M. le nonce un bref du pape, adressé à leur assemblée générale pour les exhorter à faire publier dans tous leurs diocèses que l'on eût à prier Dieu pour obtenir de sa miséricorde le don de la paix générale, que le démon empêchait et que les hommes traversaient par leurs conseils, ils avaient ouvert le paquet sans le porter à la cour.
Ils y allèrent par députés, sans rochet et sans camail, parce qu'il ne s'agissait point de faire ni harangue, ni remontrance. Mais quelque déguisement qu'ils aient apporté dans la relation de leur procès-verbal, il est constant que M. le chancelier leur dit de la part du roi que le pape s'était laissé emporter à la persuasion des ennemis de son état qui étaient auprès de lui, et qu'il n'avait fait son bref qu'à leur sollicitation ; que ce n'était nullement de cette manière que la paix se devait procurer; qu'il était vrai qu'il était le maître de ses volontés touchant la paix et qu'il n'avait personne auprès de lui qui y fût contraire. Il leur permit de faire la lecture de ce bref et d'y répondre ; mais on reconnut bien dès lors qu'il ne s'en parlerait pas davantage, et que si on répondait, ce serait en la manière que le voudrait M. le cardinal Mazarin.