‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 362 sur 412 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

« Monsieur,

« Quoique j'eusse déjà reconnu en d'autres occasions votre générosité pour vos amis et votre zèle pour la vérité et la justice, j'avoue que cette dernière preuve que vous m'avez fait l'honneur de m'en donner m'a touché si sensiblement que je ne saurais assez, à mon gré, vous en témoignerma reconnaissance. Ce que vous êtes témoin, Monsieur, de l'injustice que l'on me fait, en me refusant pour mon frère la chose du monde la plus juste [est ce] qui me donne la plus grande satisfaction que je pouvais souhaiter* en cette rencontre. Mais vous montrez en cela un exemple de la sincérité chrétienne des premiers siècles jointe à une fermeté inflexible, lorsqu'il s'agit de peser les choses avec le poids du sanctuaire, qui ne faisant acception de personne, ne fait tomber la balance que du côté de la raison et de la justice. Si l'on en avait une de la sorte, ce calomniateur de ses frères ne s'élèverait pas à lui-même de vains trophées qui n'ont pour fondement que le refus que l'on fait de permettre de lui répondre. Mais Dieu voit tout, et il saura bien défendre sa propre cause en assistant par sa grâce ceux qui la soutiennent. Les temps, ainsi que tout le reste, sont en sa puissance; et la vérité étant éternelle comme Dieu même, sa lumière ne s'éteindra pas par les nuages [dont?] ces écrivains qui, craignant si fort qu'on leur réplique, s'efforcent de l'obscurcir. Vous êtes heureux. Monsieur, de l'aimer autant que vous faites, et j'estimerais l'être beaucoup, si je pouvais rencontrer des occasions de vous témoigner plutôt par mes services que par mes paroles qu'il n'y a rien que je ne voulusse faire pour mériter l'amitié dont vous m'honorez, et de vous obliger à me croire autant que je le suis : Votre, etc. »

Mais comme il y a toujours des gens dans le monde qui se persuadent qu'un livre, quelque faible qu'il puisse être, a de la force quand on n'y a pas répondu, on crut que le libelle de M. Morel ferait impression sur ces sortes de personnes. C'est pourquoi on lui prépara une réponse dont il aurait dû être plus que satisfait.

Dans la première partie, on montrait qu'avant la constitution d'Innocent X, les disciples de saint Augustin n'avaient

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