‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 375 sur 412 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Le roi va au Parlement, et, séant en son lit de justice, fait recevoir i les deux bulles.

Enfin le roi vint au Parlement le 19 de décembre, environné de toutes les marques de sa majesté royale et accompagné des princes, des ducs et pairs de France, du cardinal Mazarin, de M. le chancelier et de tous les grands de sa cour. Après que Sa Majesté, qui y venait uniquement pour

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la vérification et l'enregistrement des deux constitutions fameuses d'Innocent X et d'Alexandre VII, eut déclaré ses intentions d'un ton de voix qui fut entendu de peu de personnes, et qu'il eut recommandé à son chancelier d'être court, ce chef de la justice de France prit la parole ; mais il fut tellement interdit de cet ordre qu'il venait de recevoir, qu'il manqua deux ou trois fois et demeura court une fois, non sans recevoir quelques huées.

La substance de son discours fut que le roi, revenant victorieux de sa campagne, ne pouvait mieux, après tant de victoires, témoigner sa piété envers Dieu et son zèle pour la religion qu'en faisant recevoir la constitution d'Innocent confirmée par Alexandre Vil; qu'elle avait été donnée à l'instance de [Sa Majesté; que M. Piccolomini, nonce du pape près de Sa Majesté, la lui ayant apportée, il l'avait reçue avec joie et avait promis de la faire observer; que c'était un zèle digne d'un prince chrétien et du fils aîné de l'Église, et qu'il voulait par là témoigner qu'il méritait les grâces et les privilèges que ses ancêtres ont reçus du Saint Siège pour l'avoir obligé. Que le clergé avait aussitôt reçu la constitution, ce grand clergé, cette illustre assemblée composée de tant de prélats dont la science était si grande et la piété si connue, et qui étaient comparables à ces grandes lumières de l'antiquité; que Sa Majesté sachant que l'État ne se maintient que par la charité et Tunité, il voulait faire recevoir et enregistrer celte constitution pour établir l'un et l'autre.

M. le président de Nesmond fit ensuite un compliment au roi, sur l'ascendant du Conseil ', sans rien dire de la constitution ni toucher les personnes.

Après cela, le greffier lut tout du long la constitution d'Innocent X, et la confirmation de la même bulle par Alexandre Vil. La bulle paraissait fort belle ; c'était un beau parchemin écrit en grosses lettres autour duquel on voyait de belles enluminures.

La lecture étant faite, M. l'avocat général Talon se mit d'abord sur les louanges du roi, disant que l'on ne pouvait presque compter le nombre de ses conquêtes; qu'on ne pouvait aussi attendre autre chose d'un grand prince venu

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