Oa Ut au ma. sur V ascendant du soleil
au monde d'une manière si extraordinaire et comme les grands prophètes, élevé par les soins d'une grande reine, et soutenu par des conseils si utiles et si nécessaires à la France ; que les guerres intestines et domestiques ayant été heureusement apaisées, les ennemis étrangers terrassés et domptés, sa piété voulait prendre le soin de la religion, lui donner la paix, et en ôter les troubles que la subtilité de quelques esprits avait suscités; qu'il était à craindre que de la division des esprits et de l'Église on ne passât à celle de l'État, comme il arrive ordinairement que l'une enveloppe l'autre; que pour cela les grands politiques ont eu soin d'étouffer ces contestations en leur naissance; que c'était un ouvrage digne des soins et du zèle de Sa Majesté, d'un prince chrétien et de celui qui a cet avantage sur tous les autres princes du monde d'être Fils aîné de l'Église, et que cette gloire est particulièrement due à ceux qui portent le même nom que lui.
Venant ensuite à la bulle, qu'il qualifia d'expédition de Rome, il dit que la France avait toujours eu grand respect pour les bulles des papes; mais que dans les premiers temps les papes donnaient des bulles au milieu du clergé romain composé des évoques diocésains; que depuis, ce clergé étant réduit aux cardinaux, on voyait toujours un corps considérable de qui le pape prenait conseil : inconsistorio. Mais que maintenant ils se dispensaient de toute formalité ; que tantôt ils prenaient trois ou quatre cardinaux pour conseil, et tantôt ils n'en prenaient aucun, comme il paraissait par cette dernière bulle qui était un motu proprio , émané de l'Inquisition. Qu'en effet, le pape par cette bulle commandait conjointement à tous évêques et inquisiteurs de la faire exécuter; que la France n'avait jamais voulu parler de ce mot d' inquisiteurs^ comme étant contraire à nos mœurs ; qu'il y avait cette différence entre la loi de Dieu, qu'il nous manifeste par ses Écritures, et toutes les autres, qu'il faut consentir à la première et s'y soumettre sans vouloir raisonner; et au contraire, dans toutes les autres^ il faut persuader et non contraindre; que la volonté qui est libre ne saurait souffrir de contrainte; que si on agit autrement, on ne gagne rien et on perd tout; qu'il faut que cela vienne d'elle, qu'elle soit gagnée par la raison, et que les impulsions qu'on lui veut donner lui font embrasser le