CHAPITRE IV
Grande réputation du jésuite Escobar et de l'auteur des Lettres provinciales. Contenu de la huitième.
Depuis que les Lettres provinciales avaient commencé à se répandre par le royaume, l'avidité avec laquelle elles étaient recueillies faisait naître la curiosité de connaître deux personnes, savoir celle de l'auteur de ces mêmes Lettres (dont tout le monde désirait savoir le nom avec d'autant plus d'empressement qu'il s'étudiait davantage à le cacher), et celle du fameux Escobar, que l'on eût été chercher jusqu'en Espagne pour voir en lui le plus téméraire et le plus extravagant de tous les hommes, si la guerre qui était alors entre les deux couronnes n'eût ôté la liberté du commerce.
On tâcha d'y suppléer en gravant sur l'airain le portrait de ce jésuite espagnol dont les œuvres ont été imprimées plus de fois 2, quoiqu'elles soient capables d'infecter la
1. Nouvelle transcription au style indirect ; la T Provinciale y occupe 10 pages in-folio.
2. Le nombre de fois n'est pas indiqué ; aussi les copistes disaientils bravement: « Ont été imprimées plusieurs fois. »