‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 41 sur 412 · Ici une lacune, signalée par la Mère Le Féron · texte numérisé non relu

Ici une lacune, signalée par la Mère Le Féron

sans se déclarer en même temps contraires à saint Augustin, puisque Moliua a dit lui-même ces paroles : doctrinam istam a nemine qvem viderim traditam seu scriptam ; qu'il eût mieux valu attaquer les Jésuites sur la morale que sur la grâce, parce que parleur doctrine sur les mœurs ils renversent toutes les règles de la piété chrétienne et les dogmes de la foi ; ils introduisent des erreurs damnables, ils décrient les autres religieux jusque dans les chaires afin d'attirer toutes les aumônes ; ils réduisent à rien le clergé en unissant autant qu'ils peuvent les bénéfices à leurs maisons ; ils désespèrent les séculiers en les dépouillant de leurs propres biens et les frustrant de l'hérilage de leurs pères, d'où il arrivera bientôt que les Jésuites ruineront tout le monde, ou que le monde les détruira.

Dans cet entretien, qui dura plus de quatre heures, le Père Hilarion parla toujours avec beaucoup de liberté ; il parut à M. Brunetti qu'il était fort ennemi de la conduite des Jésuites, opposé à la doctrine de Molina, attaché à celle des thomistes, [point] ' ennemi des jansénistes, et homme qui entendait volontiers les raisons des uns et des autres.

Le 7 février, M. Brunetti mandait que M. le cardinal Albizzi avait dit à un de ses amis que s'il parlait plus de l'affaire de M. Arnauld, on le mettrait, lui Brunetti, au Saint- Office, et que cet ami de Brunetti lui ayant parlé avec grande instance en sa faveur, il lui avait réparti, que si Brunetti lui allait parler de cette affaire il le ferait jeter par les fenêtres. Telle était la modération de ce cardinal.

Le 6 mars, M. Brunetti mandait qu'il avait parlé à M. Baranzoni, assesseur du Saint-Office, qui était estimé savant et homme de bien, capable de défendre avec force ce qu'il croyait devoir être défendu ; que lui ayant fait comprendre les inconvénients que l'on devait craindre en France si l'on n'y apportait un prompt remède, il lui avait paru en être touché, et qu'il lui avait témoigné qu'il en parlerait aux principaux de la congrégation.

M. Brunetti ajoutait que le Père Hilarion, l'étant allé voir le jour précédent, lui avait paru fort échauffe sur cette affaire, mais plus favorable aux molinistes qu'aux jansénistes ; que

1. La lecture du ms. est ici difficile; on serait testé de lire peu eanemi.

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