CHAPITRE XVII
Disposition de la cour à l'égard de l'Assemblée du clergé. Visite rendue à M. le curé de Saint-Roch par M. le prieur de Sorbonne pour lui faire signer la censure. Réponse de ce docteur et ses sentiments touchant la lettre qu'il avait adressée sur ce sujet à ses paroissiens.
Depuis que l'assemblée eut reçu le bref de Sa Sainteté pour la paix générale, M. Tarchevéque de Narbonne fut très mal reçu à la cour, et particulièrement de M. le cardinal Mazarin qui lui dit sur ce sujet des paroles très dures*. Mais ce ne fut pas là le seul embarras des évéques;car se voyant dans la nécessité de répondre à Sa Sainteté touchant ce bref, le clergé était fort en peine de la manière dont il s'y prendrait, parce qu'il était plus que vraisemblable que la cour empêcherait cette réponse si elle n'était faite de concert avec elle ; et si elle se faisait avec précipitation, il était inévitable de mécontenter Sa Sainteté. On crut même qu'après cela il serait très difficile que M. le nonce se maintint plus longtemps en France, et d'autant plus que l'on ne doutait plus que M. de Lyonne ne revînt par ordre du roi sans que l'on en eût établi aucun autre en sa place.
On crut aussi que l'affaire de ce bref n'avancerait pas le retour des curés exilés, particulièrement celui de M. Chassebras, et que ce moyen n'était guère propre pour faire cesser les sentences que l'on avait données contre lui ; joint à cela que le soupçon de la révocation de M. l'official quant à la qualité de grand vicaire de M. le cardinal de Retz subsistait toujours, et qu'il y avait apparence que MM. Chevalier et Ladvocat ne feraient nulle fonction ; la seule personne qu'on avait en vue pour soutenir l'autorité de M. l'archevêque de Paris était M. Chassebras', en [le] remettant dans ses fonctions de grand vicaire que l'on disait à la cour qu'il n'avait pas quittées, et qu'il pouvait toujours faire quand il lui plairait.