CHAPITRE XIX
Suite des affaires de la Faculté et du clergé et de quelques autres événeoients pendant le reste du mois de mai.
Le Père Bagot avait plus de protecteurs à la cour et parmi les docteurs de Paris que ces mendiants n'en trouvèrent dans l'Assemblée générale du clergé de France ; son crédit n'empêcha pas néanmoins que dans l'assemblée de la Faculté de théologie qui se tint au commencement du mois de mai on n'ajoutât de nouveaux examinateurs de son livre à ceux qui avaient été nommés, parce que l'on reconnut qu'ils n'avaient rien fait le mois précédent, et qu'il
y avait apparence qu'ils étaient en résolution de ne rien faire. Ces nouveaux examinateurs furent M\f. Mennequin, de Mince, Gauquelin et le Père gardien des cordeliers.
M. Mazure, curé de Saint-Paul, représenta que tout ce que M. Guyard, syndic, avait dit de M. l'official dans la dernière assemblée ne s'était trouvé nullement véritable, après qu'il s'en était informé. Sur cela, M. le syndic, pour justifier ce qu'il avait avancé avant tant de hardiesse, produisit un écrit de M. l'official dans lequel ce chef de la cour spirituelle de l'archevêché de Paris déclarait qu'il avait lui-même dotoné des examinateurs pour lire le livre de ce jésuite, et qu'il ne voyait pas qu'après que M. du Saussay avait pris connaissance de celte affaire, la Faculté n'acquiesçât à son ordonnance. M. Mazure soutint que c'était une défaite et une chose visiblement mendiée afin d'éluder la censure, comme il était arrivé au sujetde quelques autres libelles des Jésuites, et que quand même M. l'official aurait commencé à prendre connaissance de cette affaire, cela n'empêcherait pas [que] !a F'aculté, qui n'était nullement soumise à sa juridiction, n'usât de son droit et ne fît la même chose de son côté. Après cette petite contestation, lorsqu'il en fallut délibérer, M. Guyard, soutenu par MM. Charton, pénitencier, Morel et quelques autres attachés aux Jésuites, fît ce qu'il put pour assoupir, par une honteuse prévarication, une affaire de cette importance. Mais il fut conclu que ces nouveaux examinateurs qui venaient d'être nommés y travailleraient incessamment dans le mois courant, pour en faire leur rapport au commencement de juin.
Vers ce même temps, M. le cardinal Mazarin, qui voyait quelque commencement d'émotion parmi le peuple et dans le Parlement au sujet des magistrats exilés et de la retraite du roi avec touslesoffîciersdela cour au bois de Vincennes, voulut adoucir la cour de Rome, irritée de ce que Messieurs du clergé avaient été traités un peu rudement dans leur dernière audience au sujet du bref du pape. Dans ce dessein^ il envoya M. l'évêque d'.\vranches vers M. le nonce, pour lui déclarer que dans la réponse que le roi avait faite à l'Assemblée générale, M. le chancelier avait parlé de son chef et sans en avoir reçu aucun ordre de la part de Sa Majesté ni de celle du premier ministre. Mais M. le nonce répondit assez fièrement que cela serait bon à écrire s'il avait été