‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 72 sur 412 · LIVRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XIV

quand il plairait à Sa Sainteté de leur marquer en détail les sujets de son mécontement. M. Godeau, évéque de Vence, avait dressé ces deux lettres, et il marquait à Sa Majesté que la demande de ces trois prélats était appuyée sur un droit si naturel et si juste que le clergé ne pouvait croire que Sa Sainteté, qui remplissait un trône lequel avait pour ses bases la justice et la vérité, et qui le remplissait si dignement, la pût trouver mauvaise, ni qu'elle voulût exiger d'eux des satisfactions qui, les rendant suspects à leurs peuples des fautes dont ils ne se connaissaient pas coupables, les rendraient absolument inutiles à leur conduite. Que si Sa Sainteté (ce que le clergé ne pouvait croire de sa bonté) refusait cela à Sa Majesté, ces trois prélats, leurs confrères, ne souhaitaient rien tant que d'être jugés ; mais qu'ils suppliaient Sa Majesté de ne permettre pas que l'on prît des voies qui pussent préjudicier aux droits du royaume et aux libertés de l'Église gallicane.

Dans ce même mois de juin, en la maison des prêtres de l'Oratoire, on soutint des thèses sur la matière de la grftce, où la possibilité des commandements de Dieu et la chute de saint Pierre étaient expliqués selon les principes de M. Ârnauld, qui étaient ceux de saint Augustin. Mais le professeur qui présidait à cet acte n'a point eu dans la suite le don de persévérance, et a fait voir par sa chute la vérité solide de la doctrine qu'il enseignait en ce temps-là.

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