CHAPITRE I
Le roi envoie une lettre à l'Assemblée générale du clergé de France contre M. le cardinal de Relz.
Lorsque la cour fut avertie de ce qui s'était passé dans le clergé au sujet de cet inconnu qui y était venu solliciter lui-même son audience sous le nom d'abbé de Saint- Jean, et sur la révocation de M. Tofficial, le cardinal Mazarin crut que cette nouvelle affaire était la suite de quelque intrigue mystérieuse, et employa tout le crédit qu'il avait auprès du roi pour en faire concevoir à Sa Majesté une idée d'aversion et d'horreur contre la conduite de M. le cardinal de Retz, comme s'il voulait se prévaloir de son absence pour exciter de nouveaux troubles dans Paris.
Ce fut ce qui porta Sa Majesté à adresser promptement une lettre datée du deuxième jour de juillet, par laquelle il mandait à l'Assemblée : « Que connaissant comme il taisait, par une expérience fatale à son roi et particulièrement à sa bonne ville de Paris, l'humeur inquiète et désordonnée du cardinal de Retz, etc. '.
Quoique cette lettre soit imprimée, et que l'Assemblée l'eût reçue quelques jours après sa date, néanmoins elle ne jugea point à propos d'en charger son procès- verbal, parce que la crainte avait alors glacé les esprits, et que les évoques qui passaient pour les plus généreux avaient pris la résolution de ne s'en défendre que par le silence, pour faire voir à notre siècle que celui des Athanase, des Ambroise et des Chrysostome était passé.
1. Suit une longue citation de la lettre du roi, elle est imprimée, 12 p. iu-40.