LIVRE XIV
gnie pour ce qu'il était; et que racontant les beaux coups d'épée que l'on avait faits en Sorbonne, il s'adressa continuellement à ce docteur ridicule pour lui dire : « N'est-il pas vrai, M. de Saint-Simon? » Car la faiblesse de ce chanoine était dès ce temps-là si publique, et elle s'est augmentée depuis à un tel point que M. Chaillou lui-même et son successeur se sont trouvés obligés de l'exclure de la liste des confesseurs du chapitre, et que tous les chanoines, ses confrères, ont souvent délibéré des moyens de le faire interdire civilement pour les affaires temporelles qui les rendaient méprisables en sa personne aux tribunaux des magistrats de Paris et de Beauvais.
Cependant ce déplorable docteur, qui avait entretenu amplement de la question de droit et de fait une vieille servante de son avocat, avait acquis en ce temps-là un très grand mérite dans l'esprit de M. Chaillou, parce qu'il avait donné son suffrage contre M. Arnauld, ou plutôt contre lui-même, s'étant exposé à la risée de tout le monde ; et au contraire il fallait rendre odieux MM. Tristan et Hermant, parce qu'ils avaient rendu par leurs suffrages un témoignage public à la vérité en la personne du célèbre docteur avec lequel on venait de censurer saint Augustin et saint Jean Chrysostome. Le torrent de l'iniquité qui avait entraîné dans la Faculté tant d'âmes timides ou complaisantes se déborda encore jusque dans le chapitre de Beauvais ; et, enfin, le 23 du même mois, M. Chaillou y fit conclure à la pluralité des voix que la censure contre M. Arnauld serait insérée dans les registres capitulaires; ce qui fut exécuté sans connaissance de cause, comme un prélude des violences encore plus outrageuses que ce doyen dévoué aux Jésuites avait conçues dans son cœur, et qu'il devait enfanter pendant l'été de la même année avec des tranchées assez douloureuses.