LIVRE XV
principaux de leurs demandes étaient :1e châtiment de ce qui s'était passé à Montauban ; que le roi trouvât bon qu'à l'avenir toutes les lettres qn'on adresserait à l'Assemblée y fussent ouvertes, et la prière de l'Assemblée pour la liberté de M. Chevalier.
Quantau premier chef, que Sa Majesté était résolue de faire réparer ce qui avait été fait à Montauban par quelque exemple d'éclat, outre ce qu'elle voulait faire par sa déclaration contre les huguenots en général. Qu'elle n'avait encore pris aucune résolution positive sur les autres chefs, ni même ouvert les lettres de M. le cardinal de Retz qu'ils lui avaient données ; mais qu'ils devaient considérer que le sieur Chevalier était l'auteur de toutes les entreprises secrètes et publiques qui avaient été faites dans Paris pour les affaires de M. le cardinal de Retz ; qu'on avait trouvé parmi ses papiers des instructions contenant les moyens de faire soulever le peuple de Paris ; et qu'il était impossible qu'on fît rien de solide en cette occasion, si on ne pourvoyait au régime de l'église de Paris par des personnes en qui le roi eût sujet de se confier ; que cela s'étant fait dans les formes que l'Assemblée savait, et M. le cardinal de Retz ayant rompu la convention, Sa Majesté pouvait dire qu'elle n'avait aucune obligation de souffrir que l'église de Paris fût administrée sous le nom de M. le cardinal de Retz, quoique Sa Majesté reconnût que le titre lui en appartenait, y ayant grande différence entre le droit et l'usage de ce même droit ; que l'Assemblée était intéressée à faire valoir cette convention à cause de la part qu'elle avait eue dans les moyens proposés au roi pour réparer l'injure que M. le cardinal de Retz lui faisait par cette rupture. Que le roi ne souffrirait jamais un grand vicaire qui lui fût désagréable, et que Sa Majesté donnerait les mains à, tous les expédients que l'Assemblée trouverait raisonnables, pourvu que cela n'allât pas plus loin que ce qui avait été fait lors de l'établissement de M. Du Saussay. Qu'ensuite Son Éminence leur avait lu un écrit quicontenait un moyen, selon son jugement, [qui] pourvoyait à la conservation de toutes les choses qu'on ne voulait pas blesser, et dont la substance était que le roi prierait le pape d'ordonner que M. le cardinal de Retz dénommerait un des grands vicaires convenus par Sa .Majesté, et qu'en cas de refus par ce cardinal. Sa Majesté établirait
ce grand vicaire sans préjudice; qu'à cela les députés avaient répondu qu'ils n'avaient aucune charge ; mais qu'ils pouvaient dire que l'Assemblée eût bien désiré que M. le cardinal de Retz eût nommé un grand vicaire agréable au roi ; qu'elle avait été d'avis de prier Sa Sainteté de s'entremettre pour faire que ce cardinal satisfît au roi, que Son Éminence leur avait reparti que le roi serait bien aise que l'Assemblée en écrivît au pape, mais que ce n'était rien faire si elle ne prenait quelque résolution qui pu t servir aux prétentions du roi en cas que M. le cardinal de Retz ne fît pas ce que Sa Majesté désirait de lui; qu'un des députés ayant dit que le roi en ce cas pourrait laisser agir M. le curé de Saint- Séverin, qui avait témoigné beaucoup de soumission pour les ordres du roi. Son Éminence avait répondu que le roi ne le souffrirait jamais. Que de ce discours ils étaient passés aux affaires des huguenots, sur lesquelles elle les avait obligés de conférer avec M. Le Tellier, ce qu'ils avaient fait, et avaient revu le lendemain Son Éminence par son ordre.
Que ce jour 15, M, le cardinal leur avait dit que le roi n'avait pu se résoudre sur les affaires qui regardaient la déclaration contre-les huguenots, demandée par l'Assemblée, sans en être informé par M. le chancelier, à qui il avait dépêché un courrier qui devait revenir le dimanche ; que ce courrier n'étant point arrivé au jour qu'on l'attendait, et le lundi 17 la nouvelle de la levée du siège de Valenciennes étant arrivée, ils n'avaient pu parler d'aucune affaire.
Que le mardi 18, M. le cardinal les avait fait prier par M. l'abbé de Palluau de se trouver chez lui pour employer toute l'après-dinée à une conférence sur leurs affaires, à laquelle M. Le Tellier se trouverait, le courrier étant de retour ; de sorte qu'ayant diné avec Son Éminence et puis passé dans sa chambre, ils avaient trouvé une table environnée de sièges, au bout de laquelle Son Éminence s'étant mise elle avait fait mettre M. de Montauban à sa droite et M. de Vannes à sa gauche, et ensuite MM. les députés du second ordre avec M. l'agent ; qu'elle avait fait asseoir de l'autre côté, près de M. de Vannes, M. Le Tellier ; qu'avant que d'entrer en matière, M. de Montauban avait dit que lui et les autres députés avaient charge de l'Assemblée de lui demander ses offices pour faire rendre à M. l'archevêque