LIVRE XV
de **** la liberté d'aller où il jugerait à propos pour le bien de son diocèse, depuis que Sa Majesté lui avait fait connaître qu'elle n'avait pas agréable qu'il en usât autrement; que Son Éminence lui ayant donné de bonnes paroles sur ce sujet, ils étaient entrés en matière sur l'affaire des huguenots; elle lui avait dit entre autres choses que l'intention du roi était de faire démolir les forteresses de Montauban par son autorité et avec sa prudence ordinaire.
Qu'ensuite Son Eminence avait parlé au long des justes raisons que Sa Majesté avait de ne point souffrir de commerce entre ses sujets et M. le cardinal de Retz; et que sur ce qu'on lui avait objecté que ce prélat n'étant ni jugé, ni excommunié, ni déposé, les évêques ne se pouvaient priver de la communion qu'ils devaient avoir selon leur ordre avec leur confrère, Son Éminence avait dit que le soupçon suffisait sans procédure, d'autant plus que le pape avait refusé de la faire, en étant pressé de sa part par M. de Lyonne ; et que le Parlement de Paris, encore qu'il n'y eût aucune procédure contre la feue Reine mère, n'avait pas voulu ouvrir les lettres qu'elle lui avait envoyées ; mais qu'il les avait portées au feu roi toutes cachetées. Qu'à cela les députés avaient répondu que les évêques n'entendaient point avoir aucun commerce politique avec M. le cardinal de Retz ; mais que pour ce qui regardait les ecclésiastiques, ils ne s'en pouvaient jamais séparer que dans le cas de l'excommunication, ou après un jugement canonique qui l'aurait défendu, et que le clergé avait lieu de croire que M. le cardinal de Retz n'avait rien fait qui le privât de sa communion, attendu qu'il était compris dans l'amnistie générale à tous les sujets du roi engagés dans les derniers troubles de l'État. Que sur cela, M. LeTellier, ayant pris la parole, avait dit que l'amnistie ne mettait point à couvert ce cardinal des peines ecclésiastiques ; mais qu'on lui avait répondu qu'encore que la chose fût ainsi, au moins il était certain que le roi s'était lié les mains par l'amnistie, pour ne le pouvoir faire accuser de ce qu'il pouvait avoir fait avant que Sa Majesté l'eût accordée. Qu'au regard du sieur Chevalier, Son Éminence leur avait dit qu'encore il y eût de"s preuves qu'il avait entrepris secrètement beaucoup de