M. DE BEAUHARNAIS A SA FEMME
Sen opinion sur Robespierre. — Son courage. — Mademoiselle de Sombreuil. — Mesdames de Bellegarde. — Bajard , François 1er. Duguesclin, Tiirenne, Condé, Yauban , le maréchal de Saxe , Napoléon , Ney , 3;urat , Victor , Masséna , Sur het , Macdonald . Pérignon , Kellermann , Messeigneiirs les ducs d'Orléans, et Montpensier. — Les comtes de Forbin d'Oppède , de Juillac , de Maiin, d'Aubenton. — Messieurs deSainte - Marie , Ducrest , de Caquerai. — Mesdames de la Rochefoucauld , Sainte-Aldegonde, de Kersalun , de Goisson , de Fougy. — Mesdames de Flahault , de Genlis. — Belle conduite d'un intendant. — Mort du valet i.e chambre de mon père. — M. Detchement. — Avarice du Marquis d'A....
« Pauvre amie , quelle erreur est la vôtre ! L'espérance vous abuse ; mais au temps où nous vWons, l'espérance trompe et trahit. J'ai lu attentivement l'ouvrage de Camille : c'est celui d'un homme de bien, mais d'une dupe. Il
écrit, dites-vous, sous la dictée de Robespierre, c'est possible; mais après l'avoir poussé, le tyran le sacrifiera. Je le connais , moi , cet opiniâtre ; qui ne recule devant aucune difficulté , et qui, pour le triomphe de son détestable système , jouera , s'il le faut , le rôle d'un homme à senti mens.
» Robespierre, dans la conviction de son orgueil, se croit appelé à régénérer la France, et comme ses vues sont courtes et son cœur froid, il ne voit de régénération réelle que dans un bain de sang ; c'est la plus facile , car les victimes sont parquées, et le boucher n'a qu'à étendre la main pour les traîner à la boucherie. Cependant , quelques-unes, avant d'expirer , ont jeté un cri lamentable , et c'est ce cri que le crédule Camille est chargé de reproduire, pour tâter l'opinion. Quel que soit son voeu , elle trouvera une opposition , dont le tyran s'emparera pour immoler de nouvelles victimes. A quelques détails près , voilà sa tactique.
»11 m'est affreux, ma chère Joséphine^ de détruire l'illusion de votre cœur; mais puis-je en conserver , moi qui ai vu de si près les manœu-
vres delà tyrannie? Quand on ne [)eut lui opposer une force qui la brise, il n'est plus qu'un moyen de lui résister : c'est de recevoir ses coups avec une vertu qui la déshonore. JXos successeurs , au moins, profiteront de l'exemple , et le testament des proscrits ne sera pas [)erdu pour l'humanité, n
M. de Beauharnais suivit le précepte qu'il indiquait à sa femme. Toutes ses actions prouvèrent qu'entraîné, comme tant d'autres , par la séduisante philanthropie du commencement de la révolution , il pouvait désirer des changemens dans le système du gouvernement ; mois que la noblesse des sentimens , l'amour du bien et de la patrie furent toujours ses plus chers devoirs. 11 mourut avec un grand courage , regretté des personnes les plus éloignées de partager ses opinions.
Tel sera toujours l'ascendant d'un caractère franc et loyal. L'estime sera sa récompense , surtout dans des temps de trouble , où l'on saisit avec empressement iout ce qui repose l'esprit , souvent et douloureusement affecté par des actions basses, ou cruelles. Au milieu des
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i!oncni.s coDimises pendant la terreur, u'étailon pas consolé , par le sublime déYOuenieni de M"*.. de Sombreuil? (i) par la noble conduite de mesdames de Péri go rd et de Monaco , el de tant d'autres s' exposant à une mort presque inévitable |)Our sauver les objets de leurs affec tions !* admirer de tels traits, c'était se raccommoder avec l'humanité, que tant de raisons devaient faire haïr. Sans ces actions héroïques, et la valeur surprenante de nos armées , déiendant leur pays , mais ne souffrant dans leur sein rien que de juste , il eût été par trop pé nible alors d'être Français. La vertu des uns, l'honneur et le courage des autres, nous ont cou serve le rang dû à notre nation, dont les lois sages assurent désormais le repos et le bonheur. Je ne puis me refuser le plaisir de citer ici le dévouement de mesdames de Bellegarde (2), qui chaque jour portaient à une amie prisonnière,
(1) Mademoiselle de Sombreuil , mariée à Avignon . y vil entourée des soin? que réclame une santé détruite sans retour, par son courage sans exemple, et par le caractère le plus aimable et le plus doux.
(2) L'une d'elles avait épousé son cousin, général au service d'Autriche . venu à Paris en 1814.
tout, ce qui pouvait adoucir sa positiou. Spirituelles, jeunes et belles , elles trouvaient le moyen d'attendrir les farouches gardiens , et réussissaient presque toujours dans leur généreuse entreprise. Rarement elles s'éloignaient sans faire parvenir quelque consolation à leur amie. Témoigner un tel intérêt à un prisonnier, c'était s'exposer à des persécutions cruelles , ce qui n'arrêta point ces dames , qui échappèrent, comme par miracle, aux dangers qui menaçaient alors tout ce qui était noble et bon.
Dans aucun temps on ne contestera la bravoure remarquable de nos armées ; nos annales prouvent que les Français furent toujours sur le champ de bataille ce qu'ils sont encore aujourd'hui. Les noms de Dunois , Bayard , François I", Duguesclin, Turenne, Condé, Vauban , Napoléon , les maréchaux Ney , Murât , Victor , Masséna , Pérignon, Suchet , Macdonald, Kellermann, et tant d'autres sont associés à des victoires de toutes les époques de notre histoire ; mais en vantant notre gloire et notre mérite militaire , les étrangers affectaient d'exagérer la légèreté de ce peuple vainqueur.
A côté du mal est presque toujours le bien ;
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ainsi la révolution , cellëau de notre siècle, a donné la mesure du courage français sous toutes les formes et dans toutes les positions. Les malheureux condamnés subissaient en France leur honorable supplice , avec une force d'âme que l'on ne peut assez admirer. Les émigrés ne déployèrent pas moins de noblesseet d'énergie, dans la longue agonie qu'ils eurent à souffrir; pendant leur trop long exil, leurs dangers étaient moiuséminens, moins immédiats que ceux des personnes restées en France, mais y avait-il moins d'héroïsme à supporter les privations de toute espèce , la misère, la faim, qui menaçaient de terminer lentement de cruelles souffrances? loin de se laisser abattre par des ini'ortunes de tous les genres , la noblesse , habituée en général à ne s'occuper que de plaisirs , trouva des forces dès qu'il fallut se soustraire à la dure nécessité d'implorer la charité publique ; les vieillards seuls, et les infirmes recoururent à des moyens d'industrie, repoussés par la masse de cette peuplade fugitive, errante , abandonnée; les talens , l'industrie tinrent lieu de fortune , et les plus grands seigneurs ne rougirent pas de
prendre un métier pour s'épargner la honte de demander.
Monseigneur le duc d'Orléans entra comme professeur dans un collège , en Suisse ; son frère , monseigneur le duc de Montpensier , se servit de son beau talent pour la peinture, et se créa ainsi ïa plus honorable i^essource.
MM. les comtes de Forbin d'Oppède (i), de Juillac, de Marin , d'Aubenton, se firent musiciens, avec plus ou moins de succès. Mesdames les marquises de Sain te- Marie , Ducrest, de Caquerai donnèrent des concerts et des leçons de chant et de piano , MM. de la Rochefoucauld , de Sainte - Aldegonde devinrent marchands de toiles; MM. les comtes de Rersalun , de Fumel , de Quatrebarbe , de Goisson établirent des hôtels garnis et des cafés ; M. le comte de Fougy utilisa un goût parfait ,
(i) M. Forbii) d'Oppède, avec une bonté parfaite, me donnait , en émigration, des leçons de piano, gratuites, dont je le récompensais par beaucoup d'impertinence , qu'il supportait avec autant de patience que mes fausses notes; ce n'est que depuis quelques années que j'ai compris toute la leconnaissance que je lui dois, et que je me plais à consigner ici
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et se lit marchand de modes , d'autres enseignèrent le Irancais , rhistoire, etc., tirent des cartons , des broderies ; mesdames de Genlis et de Flahault se servirent de leur plume élégante et lacile, pour composer un grand nombre d'ouvrages charmans; enfin , une foule de jeunes gens se placèrent comme commis dans des maisons de banque. Cette conduite fut admirée comme elle devait l'être ; l'estime générale suivit de grands efforts pour l'obtenir; et devint la juste récompense de tant de persévérance et de vertu !
La plupart de ces familles, persuadées de la bonne foi des puissances alliées à la France , étaient tellement certaines de les voir se coaliser pour rétablir Louis XVI .sur le trône . qu'elles partirent avec fort peu d'argent , convaincues qu'un prompt retour leur rendrait leur fortune , leurs pierreries et leurs titres ! Demain, tout sera rentré dans l'ordre . disaiton, et l'on quittait son pays, sa famille , avec une sécurité qui entraîna de grands malheurs. Ce demain devait terminer les voyages et tous les maux ! Ce lendemain se fit attendre plusieur.s années, v\ pour plusieurs de ces
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familles les voyages sont flrns, mais les maux durent encore, car elles n'ont pas retrouve le foyer paternel !
On a malheureusement à opposer à ce tableau d'énergie, d'honneur et décourage, quelques traits de faiblesse , de manque de foi , mais ils ont heureusement été en petit nombre, et les soins que prenaient les émigrés de cacher les torts de leurs compatriotes devaient laisser dans l'oubli tout ce qui n'était pas louable ; les Français se soutenant, s'entr'aidantentre eux, se défendant nuituellement, les faits peu honorables devaient nécessairement sembler rares, étant ensevelis dans le secret. Voici deux petites histoires qui furent cependant contées partout, parce qu'elles ne frappaient de ridicule qu'un honuue ayant pu sauver une immense fortune , et cité comme un modèle de l'avarice la plus sordide.
Loin de chercher à soulager les maux de ses compatriotes, M. le marquis d'A — y ajoutait en quelque sorte , en leur avançant de petites sommes à gros intérêts , dont il obtenait le remboursement souvent, de la manière la plus cruelle , quoique la plus légale. Le besoin
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faisait qu'on s'adressait à lui, mais on était dispeusë de la reconnaissance, dont, au reste, il se souciait fort peu.
M. Detchement, célèbre dentiste français, avait à cette époque une grande réputation en Angleterre , où il gagnait assez d'argent pour ue jamais demander aux émigrés que ses déboursés, toutes les fois qu'ils s'adressaient à lui; il excellait surtout dans Ja manière de poser de faux râteliers en porcelaine , qui imitaient la nature , et n'avaient aucun des inconvéniens des dents postiches.
Un jour il voit entrer chez lui un petit vieillard dont l'habit, le chapeau et le reste de la toilette offraitlapparence d'un dénuement absolu ; il paraissait d'ailleurs souffrant et malheureux ; c'en fut assez pour toucher M. Detchement, qui lui demanda en quoi il pouvait le servir. — Oh! moosieur, répondit-il , d'une voix faible et cassée , je suis bien misérable , bien à plaindre. — Vous faut-il quelque secours , Monsieur , je serai trop heureux de... — ]Non , je ne réclame que les soins de votre état. J'ai depuis plusieurs années un faux râtelier qui est totalement détruit ; ne mangeant
guères que le pain de l'exiJ , je ne piiis (juc difticilement le broyer avec ces dents fausses , toutes brisées ; et je viens vous demander de vouloir bien m'en faire de nouvelles; ne nie prenez que le moins possible , car il faudra ni'imposer encore plus de privations pour faire face à cette nouvelle dépense, toujours trop considérable pour moi.
Pendant cette longue litanie de doléances, M. Detchement préparait ce qui lui était nécessaire pour prendre la mesure de la boucbe qui la proférait. Quand cette opération fut faite , il dit qu'il livrerait le nouveau ra telier au bout de buit jours , pour la sonnne de dix euinées. — Dix «uiuées . bon Dieu ! mais, où voulez-vous que je les prenne, Mousieur ? dix guinées ! je vis deux luois avec cela ! — Je suis désolé de ne pouvoir rien rabattre sur ce prix , Monsieur ; c'est celui que Je fais à tous les émigrés , et je ne leur demande , je vous jure , que strictement ce que je dépense pour leurs fournitures. 11 faut cbauffer un four trois fois , et plus , car quelquefois avant de réussir , je recommence^ souvent. Les Anglais me paient plus du dou
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ble , ce qui me met à aiêiiie de favoriser les pauvres Français. — Je vous donuerai cinq guinêes. — Vous me connaissez mal , Monsieur , si vous pensez que je sois capable de surfaire ainsi des malheureux, dit monsieur Detcbement, avec un peu d'humeur. J'espérais être mieux jugé. — Pardon, et bien six. — Non , Monsieur , on ne marchande point ici, ainsi. Veuillez vous adresser ailleurs. — Allons, ne vous fâchez pas , je vous donnerai les dix guinées , balbutia le marquis en poussant un soupir. Je vous les apporterai d'aujourd'hui en huit. 11 sortit en gémissant de nouveau sur l'obligation de faire une telle dépense.
Le comte de **. le rencontra dans l'escalier. Celui-ci avait quelques raisons d'en vouloir à M. d'A. . . , ayant payé fort cher son obligeance. Je vous fais mon compliment, mon cher Detchement, dit le Comte en entrant , vous avez affaire à de bonnes pratiques. — Oui , n'est-ce pas? que voulez-vous, ce pauvre iionnne a besoin de moi ; et je me repens même Je l'avoir un peu rudoyé tout à l'heure. — Comment ? — Sûrement , il marchandait un râtelier avec tant d'acharnement i\ue j'ai pris de l'humeur.
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j'ai eu tort; aussi , quand iJ viendra je lui ferai encore une réduction. — A qui ? — A ce vieux homme que vous avez rencontré , et sur la pratique duquel vous me plaisantez. — Je ne plaisante pas du tout , il est millionnaire. JNe le connaissez-vous pas? c'est le marquis d'A... Un ladre , un cancre , qui nous prête à la petite semaine. — Ah! ah! il a cherché à me tromper ; il me le revaudra.
Au jour convenu, le marquis d'A... se présente. M. Detchement le fait asseoir, lui ôte son vieux râtelier qu'il brise et jette au feu ; lui pose le nouveau qui va supérieurement , et dont le Marquis est enchanté. Celui - ci tire avec effort d'une petite bourse de cuir , bien sale , dix guinées qu'il recompte deux fois une à une. Voilà , Monsieur , dit-il tristement, ce que je vous dois. — Non, Monsieur , ce n'est que la moitié de la somme. Celle-ci était celle demandée à un pauvre Français ; mais M. le marquis d'A... , doit payer pour ceux qui ne le peuvent pas ; ainsi , il me faut vinat guinées. — Monsieur, c'est une tromperie insigne qui... — Que mérite celle que vous avez employée à l'égard d'un homme obligé de
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travailler. Je vous conseille dans votre intérêt de payer les vingt guinées , sinon je publierai cette histoire qui ne vous fera pas honneur.
Après beaucoup d'injures, de menaces, M. le Marquis s'exécuta; il ne pouvait d'ailleurs faire autrement , puisque sa vieille mâchoire était en cendre. M. Detchement ne fut pas fort discret, et toute l'émigration s'amusa aux dépens de l'homme que l'on avait surnommé le vieux juif.
Madame la marquise d'A... mourut dans je ne sais plus quelle ville d'Allemagne. 11 est d'usage de faire annoncer les décès par des hommes attachés aux inhumations. Ils vont de porte en porte apprendre la mort , le lieu et l'heure de l'enterrement. M. d'A.. pour se dispenser de cette petite dépense , demanda à son vieux valet-de-chambrc , qui était son maître Jacques, s'il savait l'allemand. — Trèscertainement, monsieur le Marquis , répondit celui-ci , charmé de joindre la charge d'interprète à toutes celles dont il était investi. — Cela est heureux , car tu vas aller partout annoncer la mort de madame la Marquise. Tu n'oublieras personne, entends-tu ? — Oui , M. le Marquis.
Le valet-de-cbaiTibre s'alïuble d'uii mauvais habit noir râpé de son maître , déchire un peu du crêpe non- d'une vieille robe de Madame , qu'il mît à son chapeau , prend un air piteux , et irappant à toutes les maisons , il avance la tête , et crie à pleine voix : « Hier , à six heures du soir , madame la marquise d'A.. caput , » referme Ja porte, et continue à courir la ville , en répétant la même phrase. Le soir aux assemblées chacun s'abordait en se disant : Eh bien ! madame la marquise d' A . . . est donc caput ? ( I )
Cette économie maritale parut si indigne et si ridicule, que des plaisanteries continuelles forcèrent M. le marquis d'A.. à aller exercer ]a sienne dans une autre ville.
La classe destinée à bénir le plus cette révolution qui devait tout égaliser, et qui ne fît presque que détruire, fournit, aussi bien que celle des privilégiés, desactions sublimes, parmi lesquelles il n'y a qu'à choisir. En voici une que j'ai recueillie tians le lieu même qui en fut témoin.
(i) Mut qui, en bas alleinancl, signifie cassé, détruit, brisé.
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M. le marquis de C**, possesseur de la belle i terre de La Fer té Lowendal , près d'Orléans , Tut forcé d'émigrer, laissant au château un vieux serviteur , qui pour prix de ses longs services, d'un attachement éprouvé , était devenu intendant; place qu'il exerçait avec une rare probité ; elle lui donnait une grande autorité sur les domestiques , et même sur les habitans du village, habitués à le respecter et à lai obéir.
Son maître parti , il fit un inventaire exact de tout ce qui était confié à sa garde ; cacha avec soin les choses précieuses , et affecta une démocratie exagérée.
S'entourant de tous les cerveaux brûlés du pays, criant, gesticulant plus qu'eux, et adoptant leurs manières , leurs discours et leurs costumes, il parvint à se faire nommer municipal , et rien ne se faisait plus sans son consentement. M. de C*"^ avait déposé dans un lieu sûr une sonnne assez forte, l'intendant s'en empara , et ne l'envoya point à M. de C** comme il en était convenu ; mais il l'employa à faire l'acquisition des biens de ce maître adoré.
Devenu propriétaire d'une fortune considé-