‹ Mémoires sur l'impératrice Joséphine (volume 2)Chapitre 24 sur 65 · AU CITOYEN PROSPER SI.IAS · texte numérisé non relu

AU CITOYEN PROSPER SI.IAS

«J'apprends, citoyen , que vous êtes chargé de préparer le rapport que le représentant Louis ( du Bas-Rhin ) doit faire au comité de sûreté générale, sur l'affaire du général Beau harnais : j'en remercie le ciel ; et si je connaissais celui qui vous a remis cette besogne , je l'en remercierais plus expressément. Si l'on m'eût donné le choix d'un juge, c'est sur vous, citoyen , qu'il serait tombé. J'avais ouï parler de vous ; et toujours votre nom avait été accompagné de ces épitliètes honorables , mais senties , que la flatterie ne trouveiait pas , qui ne peuvent êtie inspirées que par la rec€)nnaissaïKc, et qui ne sain aient être liompenscs-

124 MKMOIRES

Depuis , le hasard , ou plulôl le ciel moins sévère pour moi , m'a mis uu instant en relation avec vous : cet instant m'a sulli pour comprendre que le témoignage de vos obligés s'accordait avec la vérité. Et moi aussi, je suis devenue une de celles dont vous avez cherché à adoucir les maux. J*ai à joindre ma voix à celle des malheureux auxquels vous auriez voulu faire oublier leurs calamités. Toutefois , vous n'ignorez pas que les miennes s'augmentent et s'enveniment d'autant de jours que mon époux n'est point jugé. Car ce n'est plus sa liberté qu'il sollicite , c'est son jugement qu'il demande ; un brave militaire en a le droit, lorsqu'il est accusé d'un délit qui compromet son honneur.

» Alexandre deBeauharnais conspirateur! Un des fondateurs de la liberté, méditant sa ruine ! celui qui, parmi cent autres, fut distingué pour préparer la république , essayant de la renverser ! vous ne l'avez jamais cru, citoyen, et ceux qui l'accusent ne le croient pas plus que vous. Mais l'important est que .ses juges ne le croient pas davantage. Qu'ils vous entendent, et ils seront dissuadés. Ne leur dites même pas que son

SIR JOSEPH lîNE. 125

épouse , aussi innocente que lui , j^émit loin (le lui , sous des verroux autres que les siens : je ne parle de moi , que pour vous faire apprécier rinjustice des persécutions exercées contre Alexandre. Oubliez la mère persécutée et ses enfans dispersés , pour ne tous occuper que du père , de l'époux , ou plutôt du soldat, ilu citoyen digne de recouvrer l'honneur et la liberté. »

126 MKiMOIKl<>

^®Bit%&

Page 1