‹ Mémoires sur l'impératrice Joséphine (volume 2)Chapitre 8 sur 65 · LA MÊME · texte numérisé non relu

LA MÊME

(loiispliaiioii wippObcc, dtîcouvcrle dans la pinson du Liixoiiibouig. Le citoyen Laflolte. — Madame Fanny de Bcauhainais se fliargc des en fans de sa nièce.

« Un article du journal du niatin m'a glacc<d'effroi ; et comme il vous parviendra demain, je me hâte de le faire précéder de son correctif. Vous y lirez : « Qu'une grande conspiration a » été découverte dans la maison de réclusion » du Luxembourg : l'avoir découverte et la » signaler , ajoute le journaliste , c'est l'avoir «déjouée et même anéantie. L'un des chefs » paraît être le ci-devant vicomte de Beauhar- » nais , membre de l'assemijîée dite consti- » tuante , et l'un de ses présidens. Parce qu'on » a démêlé , dans les lettres interceptées , les

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» papiers saisis et les interrogatoires subis , on >î peut comprendre qu'il ne s'agissait de rien « moins que d'opposer une résistance à l'action » dugouvernementrévolutionnaire. Cetterésis- )) tance , d'abord d'intention , n'attendait vrai- » semblablenient qu'une conjoncture favorable »pour devenir armée. Telle était la doctrine, » telle eût été la conduite des conjurés. Ils » étaient servis , dans leurs coupables manoeu- » vres , par un jeune liomme attacbé à Beau- » harnais , et qui paraît avoir été placé au » comité révolutionnaire de la section , pour «servir de patron aux conspirateurs. Grâces «au citoyen Laflotte , ceux-ci voient déjà » rompre leur trame liberticide : sous peu de » jours , l'œil du gouvernement l'aura totale- » ment démêlée , et sa main , armée pour » consolider la République , n'aura pas tardé M à punir ceux qui semblent ne vivre que pour » la renverser. »

» Ma chère tante réduira ces grandes phrases à leui' expression simple et vraie. La conspiration est imaginaire ; la dénonciation attribuée en effet à un ex-ambassadeur en Toscane , a produit les mouvemens que je vous al racontés..

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et qui probablement vont s'arrêter. Pourquoi continueraient- ils ? On n'a rien découvert, parce qu'il n'y avait rien à découvrir; on n'aura point à punir des conspirateurs , parce qu'il n'y a pas eu de conspiration. 11 eût été possible que , par défaut de renseignemens , l'article du journal vous eût épouvantée ; c'est le premier effet qu'il a produit sur moi ; mais après un quart-d'lieure de réflexions , et depuis que j'écris cette lettre , je me rassure. A-t-on recours aux exagérations de l'imposture , lorsque l'exposé seul de la vérité suffit pour persuader.

» P. S. Je rouvre ma lettre pour vous annoncer que le citoyen Névil est arrêté ; c'est ce qu'il me mande verbalement par une jeune personne avec laquelle il est lié , et qu'il doit épouser. Cet incident bannit ma sécurité et me rend toutes mes terreurs. »

Madame Fanny de Beauharnais se chargea des enfans de madame Alexandre de Beauharnais, pendant la captivité de cette mère si parfaite, qui conserva de ce bienfait le plus tendre souvenir. Elle prodigua à sa tante les

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témoignages de sa reconnaissance avec une assidiiilé que les embarras de son haut rang ne lui firent jamais négliger ; elle l'appelait toujours sa seconde mère , tilrc accordé justement à celle qui lui portait ime tentlresse vraiment maternelle.

11 est impossible de douter de la perfection du caractère de Joséphine, lorscpi'on voit la famille de son premier mari lui être restée attachée avec une constance inébranlable. Elle eut à s'en louer dans le temps de son malheur le plus grand , et ne connut pas la douleur de voir s'éloigner d'elle les parens qui semblaient l'avoir adoptée. J'ai déjà parlé de l'amitié sincère que lui portait son respectable beaufrère , le marquis de Beauharnais.

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