‹ Mémoires sur l'impératrice JoséphineChapitre 10 sur 47 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Çlipt|ttr«tioii de Geoiget Cadoudal. — MM. de Polignac et lenr tante. — M. du Rivière et Madame de la Force. — Couplet^ adressés à cette dame. — Charles d'Ozier. — M. de St. -Victor. L« maréchal Périgoon.

Madame de Montes$on fit l'acquisition d'une jmK petite Bçtaisoa k Apwainville , afin d'échapo per à la frtigue journalière qaWUe épronrait à Ps^'is, et pour faire pultiver des fleurs , qu'elle aiip%it arec pasaîpn; ^1 dont ^Ue avait bcaoîa comme modules , pour sea chamana tableaux i elle était 1 une des meilleures élèves de Yan^ apandoenck. Peu à pea» voulant s'entourer de quelques amis malheureux , elle fut obligée de faire bâtir.

M. Broi^iart, architecte célèbre (i), son (i) Oa lui doit le plan de la Bourse. Ce superbe édi-

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ami iptimey fut chargé des augmentatioasdevenoesoécessaves^et de cette habitation de meunier, fit l'an des séjours les. plus agréables des> eaYirons de Paris (i).

Cette maison fut meublée avec une extrême éléganee. La chambre à coucher de madame deMontesson était particulièrement charmante. Une glace sans tain remplissait le panneau de soa lit» et permettait de yoir une longue serre fshaude remplie de fleurs rares. Une aaUe à

ùce fut commencé sous sa directioo. Sa mort l'empêcha de le voir terminé.

M. Brongniart était gai , spirituel , ayant le taleot de contre&ire à merreille toiis les sons de toîz; et noonliiit sTee grftce. Le joar que Toa eréa kt tltrei tPërdAchancelier et iP'wreld'4riêotUr ^ il dit plaisamment, qu'il aimait mieux être archi-tecte, parce qu'il était plus difficile d'en former.

M* Brongniart, djreoteurde la manufiicture rojale de SèrreSy est son fils.

(i) BDe appartient maintenant à M. le maïquis de Li- Try ; il Ta, dit-on, gagnée au comte de Valence, qui en

avait hérité. Je ne sais si c'est par le jeu qu'elle a changé de propriétaire, mais il est singulier que le petit neyeu de madame de Montesson, comblé de ses bienfints, ait pu setésondie à se désaiiîr d'âne babilalioa erMe par eile.

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manger d'hiver était pratiquée au mîHeu ; oa J déjeûnait tons les jours. L^odear délicieuse' dies plantes , le chant d'une foule d'oîseaux privés, qui se balançaient sur leurs tiges , rendaient ce lied Traiment enchanteur.

Madame de Montesson s'y plut tellement, qu'elle j passa les derniers hiTers de sa vie, be «e réservant qu'un pied à terre' à Paris , datis son hôtel qu elle avait loué. £lle réunissait au- I tour d'elle un cercle habituel dont l'agrément attirait tout ce qu'il y avait d'aimable à Paris, et bientôt Komainville devint le rendez-vous à la mode.. On était sûr d'y trouver la maîtresse de maison, la plus spirituelle çtla plus indulgente , qui , malgré des souffrances fréquentes ^ . était toujours satisfaite quand on avait Tair de se trouver bien chez elle. Ses nièces, madame de Valence, jolie encore; etmadamé Ducrest, ayaïnt un si beau talent pour le chant ; madame Ro-> baday, dame de compagnie, élève de Steibelt, jouant supérieurement du piano ; mesdemoiselles de Valence, Ducrest; mesdames de Kigaut et DelatQur : toutes pleines d'esprit, de bonté ou d'instruction. Que l'on joigne à cela plusieurs Sommes remarquables qui y venaient tous: les jours, de bons diners, des ftees fréquentes

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auxquelles s'empressaient d'assister la bonne et cbanpimte madame Héfamier^ qm , daos tout rëclat de sa beauté , semblait s'oublier pour faire valoir les. autres; .madame fiegnault de Saint-Jean-d'Angely» dont la, figtire ai.régulièrc rappelait parfaitement IN îobé ; madame de Talleyrand, éblouissante. de blancbenr, et. d'une taille si noble; la gracieuse madame de Barrai, la belle madame de Bassano , la majestueuse madame Yîsconti (i), et enfin rincomparable princesse Pauline Boiglièse, et l'on concevra

(t) Agée de plus de cinquante ans, elle conservait des restes d'une extrême beauté , et inspirait au prince de ^a^m one. passion, -si. Yiplente, .quil ▼oulait la filtre diTOicer, afin de répouser. L'empereur 8*y opposa; -et pour, lut ravir à famats Tespérahce de Toir set Yœux réalisés, arrangea pour ce favori un mariage avec la princesse de Bavière. Peu de semaines après lu célé^ biation^ M* Yiscooti mourut. Quel dommagê quê €ê $qU êi.iaxdd sfécna areo désespoir HfvetM éphréi.

Madame Visconti avait de Tesprit naturel 9 mais peu d'instruction. Son accent italien, et des saillies fîréquentes rendaient sa conversation anmisante.

Une jeune personne de ma connaissance ajant fait un .mariage d'inclination y qoî l'a rendue fort malheuleuiOy. se .trouva avec madame Tisconti, qui lui dit : ■ Je sais ce que c*est que l'amour ; mais il ne m'a fait

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à merveille que de pareilles réunions fussent pr^rées à toute autte, et que la Ibule se portât oh les yem et l'esprit étaient également satisfaits. L'impératrice et la reine CarcH- Uiie j Tenaient déjeliner soorent, y passaient des journées 9 dont les pauvres se ressentaienif tonjonrs; cnr Rinpératriee Tonlait que tout le monde fèrt heureux, là où elle paraîssaft'.

Les plaisirs de Romainviile furent interroni-' pns d'une ttanière* tragique* La conspiraition de Georges fut découverte, etl'on apprit parles journaux Tarrestation des accusés, au nombre des^ quels se trouvait MM* de PoKgnac. Lear tanfè, madame de La Tour, supplia madame de Mon* tesson de parler en' leur faTettr, à celle qui

faire que des souHi$0$, des fMîét^ tandb qu'il TOUS a entraînée à wubêtisêf ce qal est pis que loof.

Elle exerçait sur le prince de Wagrani un empire quf ne cédait qu'à celui de l'empereur. Accablée parluidtf* magnifiques présens» elle possède, ua écrin fort c0D»i-^ déraille. Elle a fait un testameot» par lequel elle Ins^ titue le jeune prince de'Wagram son légataire'UoMrSêly disant qu'il est naturel que ce qui vient de là fUtte reioumif au tambour.

Elle est bonne et obligeanie, et.généralemeat aiméev Une paralysie- presque complète a entièrement dèCMril le beau TÎaage que le teaips' avait lespeeté.

ne sut jamais refuser son appui à aucun genre 4e dôdldor; Sm» éeMVéi' les àtid dé soti méde* cïù y qui prescriyait un repos absolu , madame dd Moatessoft monte en voiture , se fait condaire à Suivt^ôtid f éî ébtiiM de jWpliiné la promesse que tout sera employé pour sauver MM. de Polignfecf et de Rivièra (i). Ën effet y lori^que la fatale coàdamtfafiottfut proiion- «ée^ Uad. de Montessoû se transporta de nouveau auprès de Mad. BiWàpatté , ét , gitce k

(i)' On a dît daos le monde que leur grâce avait été émtdie éifz âlQlricîàifions'tfe litanit; ayant oonnu trèsbien les personnes que je cite y je puis affirmer la Térité

du récit qui suit : Murât coujura.en effet son beau-frère d'user de clémence pour tous k$ itccméésf il loi dit que cette action lui gagnèrail Umi fm cttfUiVy itaais ne spécifia personne.

Madame de Montesson foff cetfe qui obtint la grâce qu'elle sollicita avec toute Tardeur qu'elle mettait à obliger. Madame Bonaparte trouva le consul disposé à l'accorder à MMrde Fa%Mb; lé géoéiiU Sàtarï (dtiè^de Bovi9» ) ra|«nl avtli soilielllv, poéif j^lllfrtf à sa ftibme, qnl était leur alliée.

M. de Rivière reconnaissant au tribunal madame la ducbesse de Là Force, dàns le nombre des dames qui suivaient avec intérêt ce procès* à Jalniîs Célèbre , lui fit ramettra un fMfit pafiir éiiflapéi étidi inU te couplet suivant , qu'il veilaM d'éérfre ao crayon :

S8 Min OIBSS

son intervention , obtint la commutation de peine pour ces trois infortunés > destinés à jouer plus tard on rôle si brillant. Elle étendit sesdémandes à plusieurs autres, , mais ne réussit que pour M. Charles d'Hosier , qui a peut-être toulours ignoré quelle voix s'était élevée en'sa faveur.

IL fut impossible de faire changer le sort de. H. Goster de Saint-yictor; dont la belle figure intéressait généralement \ et dont la ;nioi't fut héroïque (j).

Les exécutions si nombreuses qui eurent lieu > rendirent Paris aussi sombre qu'il avait

Ed prison est on bien ou mal f Oq eft mal, j'tn ai maint exemple »

Oo est mal au bureau central ; On est encor plus mal au Temple.

À l'Abbaye on n'est pat mieux , Car d'en sortir chacun s*efforce.

Le prisonnier le plus heureux , C'est le pnwKuiieff de La Force*

Iimiroviser uo couplet lorsqu'on est sons le poids d'aoe accusation. qui entnliie la poioe de mort» est ua trait bien firançais I

(i) La tête sous Taffreux iostrument de son supplice, il cria eocore vive le roi.

U était Deyeu de madame Gosier^ célèbre par sa manière de peindre les tableaiix de fleurs^

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été gai avant; ce n'était pas à.&omainvilie que, Ton pouvait oublier TÎCe la mort de ces serviteurs dévoués à la famille des Bourbons 9 dont on. ne parlait jamais qu'avec < la. plus me sensibilité, et le respect je plus profond* >

On n'espérait pas sans doute le retour de ces illustres proscrits; mais rien de ce .qui pouvait les loucher n'était indifférent ; madame de Montesson n'a iama's cessé de s'occuper de madame la duchesse Douaîriaire et de mademoiselle d'Orléans , auxquelles l'empereur faisait une rente de loo^ooo francs. Lorsque les payemens se faisaient attendre, ils étaient réclamés avec chaleur ; et souvent il y était joint plusieurs des choses qui pouvaient être agréa* bles aux princesses; cependant la gloire des armes françaises . était chère à la cousine da Bourbom. Chaque victoire était célébrée par .desilluminatipns et des aumônes. On se réjouissait des succès si étonnànsy de ces braves*» dont plusieurs étaient amis de la maison ; on voulait le bonheur de la France » qui semblait dépendre de ces. batailles si triomphantes, et l'on fsdsait en même temps des vœux pour le repos de ceux qu'une .affreuse révolution avait forcés de s'expatrier» En un mot, on.était à Romainville

9^ xiliRI^IItKS.

plbs français qUe nulte part, pilbqu'oD y ptâi« giMiit le tfiathcfor, el <{ue Von y appifdclait là Violeur prodigieuse de nos armées.

Lé géûérâl PérigAM, dont lé càt^éfèi^ fut toujours si honorable était un des fidèles de ]à maisoo de madame de Montesson , il devait line pArlIe de Tâmitié que hii poifâit cette' {iémuié illustre à rhumaiiité généreuse qu'il exerça à Fârme 9 enverâ une priûéeM dé la maisèù d!é

Bourbon.

Retirée dans un couvent , elle y était dans un dénuement si coiùplét , que pour se procurer les choses les plus indispensables , elle avait recourft à Tobligeance de qtfelqués téli^ giensés^etpâfticulièrémentàcéllédélatourière.

Lorsque le général fut nommé gouverneur de Parme , il fut instruit de ces tristes détails , et sans s'inqniëler de ce que pouvait penser son gouvernement > il se rendit au couvent où languissait la prince^ 9 Ifti ôuvi^tsà bourse, exigea qu'elle s'acquittât de toutce qu'on lui avaitprêté, ph>mit décrire en Éàbîfeftttf et lui envoya toùt ce qui pouvait rendre sa position supportablé.

Au milieu des aflaires sans nombre dont il dievait s'occuper, il n'oublia pa^ celle-ci; écrivit au Directoire, fit sentir combien il était loin

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StK JOSÉ^HIKE. gi

de k cKgnité da goin^ernement de Jaisser ane pemniiè atiguâfe toanqOer du strict nécessaire ; enBn il plaida sa cause avec tant de cha-^ hm , qu'il obtint ifnè retOé dé Sà^ooo fhmcs r qoi' ftrt payëe jusqu'à la mort de la princesse.

EUe méritait de tirotiter im tel soutién par \» mm reciMii^aisâaiicfèf ^n^elte ^fpdiifi^ le gëiiéhtf qu elle nomma dès-lors son père. Elle lui écrivit plusieurs fois loM{uir eut quitté Pamîé , et toujtowrs aveeraffection d'une fiFIe. Jai entendu k maréchal parler avec respect de ses vertus, ei dn?bonh«af ^'il dvtdt ëprôtrvé à- hii fournil" les moyens d'exercer la première de toutes , 1» bîeii£Buisaiioe.'

La conduite du ttiarëeharfnf toujours digne de l'estime de ses concitoyens , et lui mérita l'aAecliou de tout ee* qui le connut. Servant avant la révolution', comme lieutenant aide-decamp de M. le comte de Preissac, lieutenantgénéral deilartinéébdu'rôfy il ne se départit jamais de la modération qui formait la base de son caractère» et qu'il perdait seulement devant Fetinemi: A l'époque du temps de la terreur, il se retira chez lui, à Montech; aimé de ses voisina, béni des pauvres, il ftit d'une voix unanime nommé juge de paix de ce canton, et

9^ ]li.MOlBBS .

plus tard, de l'assemblée législative. Étranger à toutes. les factions, membre •da ccNOiilé mUitaire , il fit tous ses eflbrts pour arrêter la désorganisation, de l'armée; ils furent inutiles; le fatal lo août eut.lîea et les députés fidèles à leur roi» échappant avec peine h la proscription retournèrent 4l^&'lewn»dépai!temens. àr travers mille* dangers.*

Rentré dans les rangs des simples citoyens,', par sa franchise et sa haine pour: ranarcUe i*il eût grossi le nombre des victimes de ces temps désastreux , si , son ; courage ^ l'amour de« gloire (sa passion dominante) ne l'avaieiit entraîné de nouveau dans la carrière des armes.

U refusa le commandemept. de réarmée de l'ouest , . se couyïît de gloire à celle* d'Espagne , comme lieutenant-colonel de la légion des Pyrénées, devenue la teirenr des Espa-.

gûols. (Des rangs de celte légion sont sortis trois maréchaux de France : Bessière», Lannes , et Pérignon; un grand nombre de généraux et d'officiers-supérieiirs distingués. ) . •

La bravoure et le sang^froid étaient des qualités innées ches le maréchal Pérignon ; il n'avait rien de brillant dans l'esprit ; mais un sensr droit, un jugement sûr,, étaient préférables

SUA' JOiÉFBIHS. 93

peut-être pour rhomme destiné à guider souiFent les autres dans des momens de crise- aù tout semble désespéré, et où cependant tout peut dépendre d'un coup-d œil et d une résololion Tigoorense et prompte. U eontribna beaucoup à la prise de Montesquiou , l'un des plus beaux £»its d'armes qui ait. jamais illustré l'armée française.* Dans une aietion^ décisive , il s'empara du fusil d'un grenadier j et marcha la bayoïùiette en avant '

Nommé cfuelque temps après à l'ambassade d'Espagne^ il méprisa toutes. ces ruses diplomatiques qui ne sont fondées que sur la -défiance et l'intrigue ; il leur préféra toujours une politi<{ue large , dont la bonne, fol était le. ressort • * ' ,

-Quelques émigrés trouvèrent en lui un appui et un jmtecteur (1). On lui observa qu'en les protégeant autant il pourrait déplaire à son gouvernement « Je ne sais ce que.vous.appelez des émigrés, réponditpil ; je ne connais ; que des Français; à ce titre, ils doivent compter, sur moi^- je ne trahirai jamais leur confiance.

(1) Entre auUesV M. le duc d'Anmont qui loi a constiimment témoigné une grande estime * et tme sincère anitié.

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Il fut un des deroiers à signer la déchéance de r^pereur^ U M,w9it fail des .secBieiis dont il ne croyait pas que le malbcair pût le dëJîer ; ce n'est qi^e lorsqu'il eut reçu Ja oertitude de Tab* idicafjoa f qu'il •«'engagea k aenrir 4e ncoveau les BoarbonB. Dans les oent jonin, â refusa de quitter le midi» où il était» pour revenir près de Napoléon y qui le £l rayer de la liate des marécha^ux.

Lorsque Louis XYIII refit une seoendk SA sa capitale , il en confia le gouvanmaent au marécbaly en lui disant qu'il le remettait k la fidélUémême.

M. le duc de Berry , si digne d'apprécier sa noble .conduite , le reçut wet une bonté pnrliculiëre. Parmi plusieurs phrases obligeante^^pie loi aiiressa le prince , on cita celle-ci : « Ce n'est pa$ »ou$ qu'kmure k bOm, nwmtmir U nwré^ chai, c'est vous qui i' honorez, »

Il est mort ayec peu de fortune , mais avec BM réputation sans tache. NWxce pas le plna bel héritage qu'il ait pû laisser à ses enfans?

La plupart de ces détails sont empruntés a»

discours prononcé à la Chambre des Pairs par son collègue, le général Ricard.

Madame de Montesson» souffrante depuis

sLK 4o«àpiuiiE. g5

soQ aritistation , devint si malade en i8o5 , qu'il fallut la ramener à Paris , où on appela près 4'eUe HM. Gorasaid et HaUé, qui d'accprd avec M. Couad» son médecin, déclarèrent qa'U n'y ayait pas de resscNunees.

ÈUe avait lété dix-huit mois en prison, en Imtle à toutes les privationa. Par un raffinement de cmauté , natnrd dans cet affipeiix mo^ ment , on Tavait mise dans une maison d'arrêt, eu iace de i'hotel qui lui appartenait, et, de ses fenêtres, elle rodait son jardin, où ses amis, Ubl'es enppre , venaient lui faire des visites , au risqua des9 compmMtire , et d'ètce arrêtés 4 leur tour. Un geste , un regard , suffisaient alors pour marcher à Téchafaud. Elle reçut de touchans témoignages d'aflEection de plusieurs personnes qui lui étaient attachées. Sa première femme de chambre quitta quatre enfans^ tous malades de la petite-vérole, pour ne pas abandonner la maîtresse qui Tavait élevée et mtrîée. Elle eut le bonheur de k yoîr réintégrer dans sa fortune , et en fut depuis traitée comme une amie. Madame INaudet dînait toujours avec elle, quand elle n'ayait que ses habitués : un tel dëvoûment méritait une affection sincère , elle fut accordée à cette exceUente

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femme , dont toiiê les enfans ont une réptitatloii parfaite et des taleos remarquables.

' Le 5 février 18069 madame de MokitesBon succomba, sans que sa patience eût été altérée par une seule plainte £lle fut soiga^e avec une tendresse- sans bornes par mesdames de Valence et Ducrest , ses nièces ; la première passait presquetoutés les nuits près de- son lit. * M. et madame de Valence furent héritiers de tout ce que laissait madame de Montesson, qui ne légua que .vingt mille francs, une fois payéê,k M. Ducrest etàmadame de Genlis. On prévoyait cTes dispositions depuis long^temps; unsi là conduite de. madame de Genlis^ envers sa tante, » . . i ■ . ■ . .

(i) L'empereur voulut que madoQSie de Monte sson reçtit les honneurs que Ton rend k une princesse., £Ue fut exposée huit jours à Saint-Roch dans une chapelle ardente , ce qui était dans ce temps absolument inusfté. Comme on descendait son cerceuil pour le poser sur le corbillard qui devait transporter le corps à Sainte-Assise^ où elle avait voulu être inhumée près desonépoux, on.iencontra, sur les marches, le. convoi de.madfHuoiselle Marquise, ancienne maîtresse de monseigneur, dont il avait eu MM. les abbés de Saint-Farre, Saint- Albin et madame de Brossard. Singulier hasard I c'est ainsi que la mort réunit ce qui paraissait ne pouvoir ]a^ lâais'se rencoihtrer.

sut JOSBPHIUfE. 9^

n'en fui qde plus louable y puisque ses soins étaient tout-à -fait désintéressée

.Ces deux i'emmes si supi^rieiires ne s'ainiièrent pas; cependant madame de Genlis'ne manqua jamais aux égards dus à sa tante ; elle fit pour elle un conte àï^xm^\,{JUét^w\%omdeVamiUé), • allait la voir aussi souvent que ses occupations pouvaient le lui permettre y et lui prodigua peniladt toute sa maladie les attentions les plus soutenues. La célébrité si juste de madame de Genlis blessait peut-être la vanité de madame de M ontessbn ; elle n'eut pas pour cette nièce, si digne d'elle , les sentimens (ju elle méritait. De petites rivalités d amour-propre n'auraient. pas ■ dô désunir deux personnes si distinguées , faites ;pour s'entendre ets'aimer. L orgueil, blessé par une supériorité marquée ^ attira k madamè dt> Genlis plus que de rindifférence de la part dt* sa tante ; les torts ne fiirent que d'un côté*; et la mort doit les avoir fait 'pardonner. La* manière dont madame de Oenli^ s'acquitta toujours de ses devoirs eiivers madame v de MositessèU ', prouve à quel point elle sait pardoïiner. •

La mort de madame de Mon tesson fat vivemént sentie par loiite la société,'àoht sa maison était le plus brillant rendez-rvous. La duchç,s.se

9^ MÀHOllES

reçût autant de monde; maii oomne «on fouait beaucoup chez elle > il y. a?ait peu de conversa- •tioii; (i) et flOD sddu eut -été toat-^-ftil triste fitaus lagrément c|u y répandait madame de Chevreose qui y àUirai^ quekpies femmes occopées d'une manière plus agrëaUe et moins dani;ereu$e eo écoutant ceite aimable personne , qae ceUes rangpies pendant toute «ne soirée autour d'une table de ronge et noire (2).

M. deLuynes» d'une énorme grosseur, ne pouvait scr remuer; lesenfansauraientrëellementpu le prendre pour un de ces ogres dont on leur ifait si grand'peur. La table du jen > ^leiant laquelle il passait toutes ses soirées avait une ^chancffure, afin qu'il pût s'en approcher : il était Uraiment monstmenz* Je connais nne jeune personne , qui, lui étant présentée un jour de bal , fut si frayée de aon inoontevablé groissenr, qu'elle se sanva dans Tanticharabre.

(1) La . ferme des feîix envoyait des banquiers ches la daâhêsse de iMpar; ainii 00 poa^aH se ruinei' en fort bonne compagnie 5 absolument ansal TÎte et ansfl

bien que dans un tripot du Palais-Royal.

(a) Madame la comtesse de La Ferféf b^le-raère de M* le duc de RÎTière, et madame la marquise de Ga-' Ville^ donnaient aussi à fouer ches elles. .

SUR josÉruiKs^ 'gg

A sa mort , on ouYiît son tèslament ; et par une singulière distraction, il ï ai\ post-daté^ le jourde son décès. U y avait encore un an à courir jusqu'à celui où ses volontés étaient dictées. Cette distraction rendait nulles toutes ses dispositions; madame Mathieu de Motitmoreaio^, respectant la volonté de son père, voulait que Jes choses restassent comme elles étaient iiidiqnées; son mari, toujours si di^ne du nom qu'il illustrait encore » insista aussi auprès de son beau frère , pour que rien ne fût chan* gé ; M. de Chevreuse , très-avantagé par ce testament; youlait Tannuller; mais enfin il fut ▼aincu par les pressantes sollicitations de sa respectable sœur; cet hommage si race de piété filiale est trop honorable dans un: siède. où largenta fait commettre tant de bassesses, p6tir be pas être consigné d^s des souvenirs contemporains. D est doliz d'avoir >à ajouter «ux titres d'estime d'ua homme enlevé d une manière si iiApiréviie'auK malheufevx qu'il aaivuit ■consoler : h 'nnè famille dont il était la gloire et l'amour, et à de aombreux amis, qu'il se refusa jamaie d'oUiger I \

1 OO UÉUOIR£S

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