‹ Mémoires sur l'impératrice JoséphineChapitre 9 sur 47 · CHAPITRE YII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII

Ponuiitioo de U maiion de llinpératrice Joséphine. — Madame de Montmorency. — Impertinence de Madame de GheTrenie.— Ii'enpereur l'eiUle à Lfon. MM. de Maillé et Fiti^amea* ^ M. de Commingca camarade de clame de Napoléon. — MM. de C...... — Réponse de l'emperear. ~ M. le duc de Lttynes. —

Sfogolier tittament.

Madame de Chevreuse fut nommée dame du palais de l'impératrice. £iie eut le tort d'affecter TÎs-à-m d'elle *une impertineoce fort inconvenante » que des flatteurs lui avaient probaUement: conseillée -en lui persuadant qoll y aurait du mérite à ne pas se montrer déj3endante de madame Bonaparte ^ comme on s'obstinait encore h la nommer dans plnsieurs salons du faubourg Saint-Germain.

Une jeune etjolie femme est pardoniieble de croire qu'elle peut donner le ton ; mais avec de

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Fesprit , madame de Chevreuse devait sentir qu'une fois la place acceptée^ il faut eu remplir les deyoirs , sans bassesse , sans flatterie même » mais avec une dignité froide; c'est ce que fit madame la baronne de Montmorency, nommée enmème temps, et qui n'ëtaitpasplusenthousiasmée du nouvel ordre de choses. Elle fut toujours . convenable sans adulation» et j'ai entendo soq" vent l'impératrice répéter qu elle était beaucoup plus satisfaite de cette réserve si françiie » que de l'empressement des autres femmes, qui, dès qu elles étaient sorties des Tuileries , se plaignaient d'avoir été /27rc^«s d'accepter leur place.

L*empereur sut gré à madame de Montmorency de sa manière d'être à la cour.

Ayant reçu du sultan une magnifique aigrette en diamans, il la rompit et en donna la moitié à madame d^ Montmorency comme un gagé ié^im». Sous tous les règnes ee nom devait être honoré, lorsque tant d'autres se sont souillés par de plates et basses adnlationa l

L'empereur , comparant la conduite si noble de madame de Montmorency k celle de madame de Ghevreuse , prit dé rbaneur eentfe cellensi., et la traita avec une excessive rigueur en l'exilant è eeiit Jieueade Paais»| Ëlielui'è Lyon» odi

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sa beile^mère la suivit et lui prodigoa les soins

les plus touchans. U fallait j ce me .semble > ae pas remarquer les rUânemênê déplacés» ne pas relever des propos inconvenans; y faire attention leur donnaient trop de poids.

L'impératrice» incapable dedésirer jamais une vengeance, et indulgente comme de coutumef sollicita à plusieurs reprises le riippel de madame deChetreuse > mais elle ne put l'obtenir; Tempereur disant toujours, Je ne veux pas d impertitkentechezmoi{i). C'étaitàccttepbraseqo'ileût dù borner sa colère ; dite dans le palais des rois de France» elle suffisait pour faire sentir combien il avait su s'élever , puisqu'tl avint presque tous les ducs et pairs d'autrefois pour serviteurs (d).

(i) Madame de Chevreuse arriva ua jour aux Tuileries dans une éclatante parure , et couverte de trèa-^ beaux diamans. L'empereur eu fut frappé» et lui dit : Que de pierreries ! sont-elles toutes vraies ?— Mon Dieu» sire, je ne m'en 8uis pas assurée; mais pour venir ici» oela est tou)joursasseil>oo.

(a) Il Caut en eicepler AL de Maillé de Fitg-James et de Grussol » qui ne voulurent jamais rien être sous son gouvernement, et qui vivaient retirés dans leurs terres à moitié détruites. On les menaça vainement de Ytncennes; ils jugèrent qu*on n*oserait enfermer qui se rendait' estimable; ils restèrent ekes eux» et ils eurent ^ raison » puisque leur caractère ne s^ést )anuii» démenti.

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Il aimait à s'etitoarerde^rancienne noblesse ,

etrecherchait même avec soin les noms illustres qtai ne s'offraient pas à lui. C'est ainsi qu'il fit venir MM. deC..., leur fit différentes questions auxquelles ils répondirent gauchement ; il leur offrit du service dans Tannée, imaginant qu'avec le nom qu'ils portaient c'était le moyen qui leur plairait le plus d'être attaché à sa personne. Ils refusèrent et acceptèrent d'être chambellans !.. • Alors lempereur se retournant dit avec hameur. On ma trompé, il est impossible que ces messieurs descendent du brave C.

Il fit aussi venir H. de Gommin^es , qui

avait été avec lui à l'École-Militaire. «Qu'avezvous fait pendant la révolution? Avez-vous servi? —Non, sire. —Vous avez donc suivi les Bourbons dans leur exil? — Oh! non , sire » je suis resté chez moi à cultiver, ma petite terre. — Sottise de plus , monsieur : il fallait, dans ces temps de trouble , payer de sa personne d'une manière ou d'une autre*./ Que voulezvous faire maintenant? — Sire, une modeste placée dans l'octroi de ma petite ville comble* rait.... — C'est bon , monsieur, vous l'aurez , et restez^y. Est-il .possible que j'aie été le

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camarade d un pareil homme ! dit l'empereur en le quittanL

Il ne pouvait , en effet , comprendre une telle conduite , lui qui» à l'École-Militaire , était détesté des élères , parce qu'on le citait toajours comme un modèle d'application, c. Chien de Corse , lui disait-on , tu n'es qu'un sowmoU qui ▼eut se faire bien venir des maîtres. . Vous verrez, messieurs, ce qu'un Corse peut faire, répondait-U. • Ces mêmes jeunes gens rendaient justice ace génie naissant, puisque, pendant les récréations gueri'ières qu'il inventait, il était le chef, et commandait avec autorité à des enfans» avec autantd'assurance que, depuis, lorsqu'ils agissaitde ladestinéedesempires ! On murmurait alors, comme on a fait depuis, lorsqu'on était loin.de lui ; mais, dès qu'il paraissait , on était soumis et subjugué par ce génie si rare, iet par cet air de maître qu'il avait même vis-à-vis des souverains ses alliés. ^

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