‹ Mémoires sur l'impératrice JoséphineChapitre 24 sur 47 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

«-Joie féiiMe à Fteii.*— Le viee-nii raconte oe ^"il e vu ches remperaw.'— Les petite! minet de le seine de Neples et de le piinoeHe Pedine. — lîn page enrive de la part* de l'empereur. » Billet de Napoléon. — liagnliioenoe de l'impératrice. — Départ du vice-roi— L'impératrice donne une féte.— Avauturc de M. de Glermont'Toonerre.

TouTB la maison fut engagée à uu dîner chez le maired'Ëvreux^ets'y rendit^ laissant comme de coutume madame d'Art>erg avec S. IL qu'elle ne quittait jamais.

AumSiea d'un magnifique repas filous vîmes entrer un employé de la préfecture , apportant une lettre au maire ; cet homme avait la-fi^re rayonnante ; et criait de i» porte : Z> Ail de Rome est né I C était le âo mars lôi i...

Je ne puis rendre l'effet de ces paroles sur tous les convives qui, se levant précipitamment,

âJO MÂMOIBJU»

s approchent du porteur de cette grande nouvelle f le quést^ooaent tous à la foia sur cet événement, sur Feffet qu'il produit à Paris.

Pendant que le maire court donner les ordres qu'il reçoit, M. Portales donne les siens pour que les voîtnres soient prêtes , afin de retour* lier tout de suite à I^avarre où le préfet avait eMWOfé un coumoF. Les équipages furent trèsprompteinent préparés; cependant, lorsque nous partîmes, la vil)e éla^t déjà illuminée, les feux de joie allumés, le canon tirait^ et les cloches étaient en branle, pour annoncer au loin que les vœux de la France étaient comblés.

Il est certain que toutes les opinions cédaient alors au besoin de voir un héritier à celui '.qui. avait tiré «avee sDà épée victorieux la CQuroane.de France d'un torrent de sang. Ses triomphas. 40 éclatana avftient lendu aux Firançais le rang que les affreux criinee d'une partie de la population leur avaiexit lait perdre. A force de victoûreS) on avait presque absous les fautes si peu partagées par la mjijorité. Si Ion n'aimait, pas rempereur , du .-moins fallait:^, lui rendre grâce d avoir^réparé td&t de mal, d'àyQÏr rendu des. loiU, et rétabli, un cuite qui faisait ^i^rer de pouvoir se jj^éconçiUer entière*

SUK JOSSPHINK. a3i

ment avec un Dieu qo'on mh taot oSeméé par

des fêtes odieuses , indignes prostitutions des cérémonies saintes. Les émigrés étaient rentrés en foule, lorsqu'ils avaient vu Napoléon à la tête du gouvernement. Noo-seulement iis jouissaient do bonheur de reit>ir leur belle patrie , qu'ils chérissaient plus encore depuis qu'ils avaient pu comparer ^ mais ils acceptaient des places y du service dans l'armée y espérant pouvoir être utiles à leur pays^ dont ils avaient été si long>temps exilés ! Le retour des Bourbons , dont on bénissait toujours le souvenir, paraissait impossible ; ils étaient tranquilles , loin du théâtre de leurs désastres, que Ton pensait devoir être irréparables; forcés de renoncer à être gomreniés par eux, on désirait consenrer pour souverain celui qui avait su tout paciiier à force de gloire*

La France se réjouit donc franchement de la naissance du roi de Rome ; je partageais Tespoir qu'elle consoliderait le repos dont on avait tant besoin. Elevée au milieu des tourmensdune cruelle révolution ^ je craignais de Toir se renoureler ces terribles guer^ res civiles dont j'avais vu mes parens si profondément affectés; mais j'arciie que ifion

affection sans bornes pour Joséphine me fit

éprouver UQ violent mouvement d'humeur, en pensant que celle qui occupait sa place ^tait complettement heureuse» Je lui en youlais de

son bonheur. ' . . . . , ,

Connaissant peu encore la- grandeur d'âme

de Joséphine, son entière abnégation d'ellemême, son dévouement absolu au bonbeuir de l'empereur , je me persuadais qu'il y aurait toujours un peu de femme en elle, et qu'un petit retour sur le passé lui ferait regretter amèrement de n'aroir pu être la' mère de cet * enfant, si bien' reçu par tout un. peuple. Je jugeais comme une personne da monde iMen frivole , bien superficielle , et habituée à ne s'occuper que^ ds$ >^oini- ùf^fortam qu'entraîne un bal.

£n arrivant au palais , j'appris ce qu était le caractère de celle qui £at si long-* temps la compagne chérie de son souverain , souvent son conseil, et toujours son amie. £n descendant de voiture 9 mes idées furent toutes changées; je voyais une telle satisfaction sur tous les visages, qu'il me fut aisé de deviner les sen.timens de Fimpératrice. Eût-on osé rire, si elle eut été sérieuse?

SUE JOfliPHllIB. â33

. A peine étions - non», entrés dans* le salon, que S. M. nous demanda si on avait quelques détails. « Je regrette d'être si loin de » Paris, disait-elle à tout instant; à Malmai- » son j'aurais des nott?elies si promptes ! Je suis

• bien satisfaite de voir que le sacrifice si pé- » nible que j'ai, fait à la France a été utile , et que »8on:aTenir est fixé. Que-4'empereor doit être » heureux! Une seule chose m'attriste, c'est de » n'avoir pas appris son bonheur par lui. Au reste, »il a tant d'ordres à donner, de félicitations à » recevoir ! Mesdemoiselles, il faut qu'ici çomme •ailleurs il y ait une ftte , pour solenniser l'ac- »compIissement de tant de yœux. Je vous don- «nerai un bal. Comme les salons ne sont pas » grands» je ferai planchéyer la salle des gardes ; » car toute la ville d'Ëvreux voudra venir se ré- » jouir aTec nous, et je n'aurai jamais trop de i-mpnde dans cette circonstance. Faites vos pré-

• paratifs, M. Pijerlot » envoyez chercher une de, »^mes parures , car je ne yeux pas recevoir dans » celte occasion en bonnet de nuit , quant à vous,

• messieurs, j'exige pour cette fois, votre grand •costume. » Je n'ai rien ajouté à tout ce qui a été dit par Joséphine ; seulement ces phrases ne furent pasprononcées de suite. La figure agréable

a34 MéMOlRBS

de S. M. était ouverte et franche en parlant ; il esl impossible de douter qu'elle ne fût de bonne foi en exprimant sa foie. Jamais, selon moi, elle ne montra mieux à quel point elle était digne de la liante fortune qu'elle avait faite.

Le lendemain le vice-roi arriva; il nous donna tons les détails que nous désirions. Il nous dit combien l'empereur avait été inquiet de Tëtat de rimpératrice , qui avaitété en grand danger pendant le travail du plus pénible accouchement; qu*!! n'avait cessé de recommander au célèbre Dubois de la traiter comme une botur-^ geoUe de la rue Saint^Deniê, et que y dans le moment où on avait craint d'être forcé de sacrifier la mère ou l'enfant, il s'étak écrié : Sauvez ma femme ! peu importe le reste ! Assurément le prince Eugène n'eût pas fait un tel récit, qui prouvait si bien l'amour de Napoléon pour Marie-Louise, devant Joséphine, s'il n'avait su que c'était franchement qu'elle avait sacrifié son existence aux besoinsde TÉtat, et qu'elle désirait de même un héritier au trône dont elle était descendue , avec un extrême déobirettként de cœur, puisqu'elle seséparaitde l'homme qu'elle chérissait , mais sans le moindre regret d'ambition. Cest ce dont ]^nsîeurs -écrivains ont

SiUR JOSÉPUIflE. 1235

Mmbié douter, et c'eit oe qu'il importe'de rec-

tiiier, puisque c'est rendre à S. M. un nouveau droit aux regrets* Les hommes qui ont écrit qu'elle regrettait Yempereur plus que le mari, ne pouvaient connaître tout ce qui se passe dans lecoBur d'iAie feioame; ils n'a? tient ensuite jamais approciié celle qu'ils jugeaient si mal. 11 faut donc lèiir pardonner leur erreur qu'il m est bien doux de relerer.

Le vice-roi racontait fort plaisamment toute» bs petites raines qii'il avait tu faire à la reine de Maples et à la princesse Pauline pendant la naié^|ui précéda la naissance du roi de Rome* Toute la famille était réunie dans le salon qui to«càaità la chambre à coucher, dans laquelle se trotiraiebt lies grands dignitanrea nommés comme témoins. On entendait les plaintes et les cris de l'impératrioe. Les princesses, à chaque instant , faisaient ou vrir les iMnètres sous le prétexte qu'elles avaient besoin d'air , étant malades d'être obligées de rester là ; (eun nerf» H faibles étaient crivspésdes souffrances de leur soehir. Toutes ces simagrées de douleur , ajoutait Eugène , ne pouvaient £eâre des dupes; car le visage frais de ces dames prouvait que jamais leuir aanté n'avatiéié metllecire. Il y régnait une

expression qui n'était nullement celle des cIuh

grins, mais bien celle d'une humeur extrême.

Elles pensaient sans doute que leur crédit sur leur'frère serait moindre , et que celui de llmperatrice irait en croissant. Voilà:: la^ cause des attaques de nèrb : elles ne fiirent paa.assex sœurs , dans ce moment, mais beaucoup trop reinei* On peut compter sur la fidélité de tous ces détails^ qui me frappaient trop pour les oublier.

Le Tice»roi assura Joséphine que J'empereu»

lui avait dit , lorsqu'il avait pris congé de lui : c Vous , allez voir votre mère » £ugène ; dites* » lui que je suis sur qu'elle se réjouira plus » que toute autre de mon> bonheur» Je lui au-

• nds déjà écrit > si je n'aTais été absorbé

• par le plaisir de regarder mon fils. Je no » m'arrache d'auprès de lui que pour des de* B Toirs indispensables.' Ce soir j acquitterai le » plus doux de tous, j écrirai à Joséphine. »

En effet, à onze heures» au moment où nous allions prendre le thé, nous entendîmes un grand mouvement dans les antichambres; les portes des salles de service s'ouvrirent avec fracas » les deux battans de celle de la galerie où se tenait S» M. furent poussées brusquement par l'huissiep.

SUR arosÉPHiNB. sii'j

({mcrie de ia part de l'empereur. L'impératrice et le vice-roi allèrent au-devant d'un jeune page d'une agréable figure, mais qui paraissait harassé de fatigue; c était, je crois , M. de Saint-Uilaire. L'impératrice le reconnut, quoîqull y eût deux ans qu'elle ne l'eût vu. Pour lui donner le temps de se remettre , elle lui adressa plusieurs questions «vec cet air gracieux qu'elle mettait à tout.

Ce jeune homtne, porteur d'une lettre de la main' de l'empereur, avait une telle frayeur de la perdre , qu'il l'avait mise fort avant dans la poche de côté de son habit; il eut un peu de peine à lu trouver. L'impératrice, s apercevant de son embarras , continuait à causer avec lui de choses qui Uii étaient personnelles. Elle lui témoigna toute la part qu'elle avait prise à la mort de son oncle tué en Espagne ; enfin cette lettre fut présentée. Sa Majesté se retira avec le» vice-roi pour la lire, et y répondre après avoir donné l'ordre de faire souper M. de Saint-Hilaire » qu'elle voulait garder jusqu'au lendemain, afin qu'il pût se reposer; mais il répondit qu'il partirait aussitôt qu'il aurait la réponse de Sa Majesté , parce qu'il devait aller annoncer la grande nouvelle à Son Altesse

2ùS MÉMOIRES

impériale la vice -reine (i). Il était vena en

six heur.es à franc é trier. Il y a de Paris à Na- \ yarre vingt-huit lieues.

L'impératrice rentra dans le salon une demiheure après en être sortie ; elle avait les yeux fort rouges^et le yice-roi paraissait fort ému. Nouso'osions questionner sur le contenu de cette lettre. Joséphine devinant notre curiosité , voulut bien la satisfaire 9 et nous dit qu'elle allait nous lire ce qui la touchait si vivement; elle nous montra d'abord la page sur laquelle étaient tracées huit ou dix lignes environ. Une quantité de pâles en couvrait une partie. Je ne me souviens pas exactement du commencement ; mais voici la dernière phrase de la lettre^ et mot à mot : « Cet «enfant, de concert avec lu^lre Eugène 9 fera » mon bonheur et celui de la France.» — « Est-il » possible y remarqua l'impératrice» d'être plus » aimable 9 et de chercher à adoucir ce que ee » moment aurait eu de pénible pour moi 9 si je

(1) Ce qui n'eut pas lieu. Ce fut M. de fiéaro, chambellan y qui fut chargé de cette mission sollicitée par plusieurs personnes. Il revint enchanté de la grâce et de la beauté de la vice-reine. Il reçut d*el1e une magnifique tabatière avec son portrait entouré de gros diamani.

» n'aimais si siacèrenlentreinpereur. Ce rappro- » cbemeiit de mon &s avec le sien est bien digoe • de l'homme qui y lorsqu'il le veut, est le plus » séduisant de tons. > Nous trouvâmes en effet que cette phrase était charmaote. La femme à laquelle elle s adressait était digne d en apprécier tout le charme.

Lorsque M. de Saiot-Hilaire vint prendre les ordres de Sa Majesté : « Voilà pour l'empereur^ » et voilà pour vous » , lui dit-elle , en lui remettant sa réponse 9 et un petit écrin de maroquin rouge f contenant une épingle en diamans de la valeur de cinq mille francs. Elle lavait fait faire pour l'annonce dWe fille ^ et en destinait une de douze miUes pour l'annonce d'un garçon ; mais le vice-roi lui fit observer que ce présent était trop considérable ; que l'on croirait qu'elle voulait qu'onparlât de sa magnificence ; qu'ainsi , il fallait réduire sa générosité , afin de ne faire que jutUee gu*U fallait,

C est à ce voyage qu'elle donna au vice-roi une magnifique * parure en énormes saphirs , entourés de diamans, regardée comme unique, pour qu'il l'envoyât à la vice-reine, qui était accouchée quelque temps avant d'un garçon.

Je l'ai vue se dépouiller ainsi pour ses enfans de

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plusieurs choses admirables, ce qui dément encore ce que disent quelques personnes»

qu'elle était fort avare des pierreries qu'elle possédait. Elle n'en portait plus ; et , pendant cinq mois , je ne lui ai vu des diamans cpie deux fois : le jour du bal dont je parlerai toutà-l'heure , et à Halmaison , lorsque le grandduc de Wurtzbourg y vint dîner. Les autres jours , elle avait toujours un collier et des boucles d'oreilles en grosses perles fines.

Sa toilette était fort recherchéestrès-élégante, mais généralement saiis magnificence ; des robes de crêpe de tulle , d<)ublëes de satin ^ rarement du Tclours; de petits bonnets garnis de blonde , ou des diadèmes de fleurs formatent sa coiffure. Elle prétendait qu'elle préférait ces derniers à celui du sacre ; elle le portait dans les jours de cérémonie, lorsqu'elle était régnante. 11 pesait trois livres ; et , malgré un velours fort épais qu'elle mettait dessous, elle avait en le quittant un profond sillon au front, et presque tdujours la migraine. Elle était fort sujette à ce mal lorsqu'elle était aux Tuileries: ce qu elle attribuait à la vie fatiguante qu elle y menait. L'empereur ne lui permettait pas de se plaindre y pour la guérir, il lui faisait faire

Oigitized

SUR JOSÉPHU^E.

des prcNoieaades en calèdie. Elle fut mnrent

obligée de faire arrêter, pour se mettre quelques, heures sur un iit^ dans de mauvaises auberges de village , où elle prenait du tilleul avec du citron^ ce qui la soulageait. Je ne lui ai pas m une seule fois cette indi^xtsition ; aussi ëtalt^ elle devenue fort grasse depuis qu'elle était libre de faire ce qui lui convenait.

Le yice-roî repartit le lendemain du four oH l'impératrice avait reçu la lettre de Tempereur. Nous fûmes alors tous occupés de la fête qui se préparait 3 je m'en réjouissais plus que perso an e.« aimant passionnément la danse.

Le palais lut rempli donvriers occupés à plancheyer la salle des gardes , à orner les appartemens , poser des draperies , des tables , des buffets , etc. ; les fournisseurs ar-rivaient à la lile , chargés de provisions de toutes espèces, de cartons pleins de fleurs»

de plumes , de crêpes , etc. Les femmes de chambre , accablées de travail , étaient toutes d'une humeur massacrante; tout le monde criait, se démenait : les maîtres d'hôtel surtout se donnaient un mouvement incroyable , pour que rien ne manquât; nous essayions nos robes 9 ces messieurs leurs grands costumes.

MtMOIHES

Plusieurs ne sayaienl plus le porter; d'autres

ne le savaient pas.

M..Pierlotnousdiyertit beaucoup par l'embarras que lui causait son habit de velours , brodé en argent 9 sa to^ue à plumes, pnfoncée sur la tète comme une ooëffure de nuit cUusique, réprouvée maintenant par les hommes romanti-gues; le nœud énorme de son ccharpe de satin blanc se trouvait placé sur le beau milieu de sa poitrine ; son glaive s'accrochait à toutes nos robes; enfin c'était la plus burlesque figure que j'aie vue. Sa contenance contrastait singulièrement avec celle de M. Portâtes ^ qui avait, sous cet habillemeni chevaleresque > toute la noblesse qu'il exige. Enfin tout le monde était affairé 9 bousculé, et le palais sens dessus dessous.

L'impératrice avait fait venir pour cette fête son cousin Henri de Tascher , qu'elle aimait particulièrement, et qui le méritait par le plus aimable caractère, et un esprit plein d'originalité (i). Etant lié intimement avec M. de

(i) Il s*e8t marié à mademoisélle Clari, qu'il aimait depuis long-temps. Une colique de tnîsgrere l'a enlevé ,

eu vingt-quatre heures , à cette charinaute femme. Les

Gl«rmont-Tonnerre (1) , aide-de-camp comme lui dtt roi Joseph , il l'amena. Celui-ci plaisait à l'impéralrice, parce qu'à cette époque il ressemblait extrêmement à l'empereur. Il avait, disait-on, beaucoup d'instruction et de connaissances; mais sans fortune, confondu dans larmée, avec une foule d'officiers de son grade , rien ne pouvait faire supposer qu'il serait un jour appelé k une des grandes places de France. Il était sérieux, observateur, et enthousiaste de Joséphine, pleine de hontes pour lui.

La princesse d'Aremberg, sceur d'Henri de Tascher, était venue aussi pour assister à ce bal. Mariée malgré elle, au prince d'Aremherg , elle n'avait jamais pu trouver le bonheur à la cour, opposée à tous ses goûts, cpioiqu'ellc eût pu y briller par une superbe taille et une figure fort agréable. La nonchalance créole qu'elle possédait plus que qui que ce soit au monde , lui faisait trouver odieux les devoirs indispensables, auxquels il fallait qu'elle se soumît. Il est impossible d'être plus aisé à vivre, et

re^ts universels ont dû adoucir la douleur causée par

cette horrible perte.

(1) Depuis ministre de la guerre.

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