‹ Mémoires sur l'impératrice JoséphineChapitre 4 sur 47 · M£M01BIS · texte numérisé non relu

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pour de l'argent ; fit exiler en Sibérie poor

quelque mille roubles. Haïe en Ruâaie pour les ehiaulés dont elle fat Tinstrament » elle se vit obligée de s éloigner précipitamment lors de .la mort de lempereun Elle se réfugia en Polo^e, oA sa douce figure tourna la tète à un riche palatin , qui la fit divorcer ^ et Fépoasa. Je ne sais ce qu'elle est deTeoue, mais je pense qu'elle u*a pu être heureuse , en se rappelant tous les actes de barbarie qû'elte avait fait commettre. Ses remords durent venger ses victimes.

' Altona, channànte petite ville qnî n'est séparée d'Hambourg que par une longue allée d'arbres 9 était aussi le refuge de beaucoup de Finançais. Oïl s'y amusait , madame la princesse de Yaudemont (i) y ayant une muaison fott agréable* £ile avait fait airranger un joli théâtre , sur lequel on jouait des comédies et des opéras comiques. Tous les étrangers . disr tingués s'y faisaient présenter. La princesae n'était point jolie : une superbe taille et des chevéttx admirables ; des manières nobles , une grande fortune , un beau nom lui attiraient

(i) Ijléa iboatmarenay^NlVele».

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de nombreux hommages ; et son excellent coMir lui £eûsaii de nombreox amis. Sou*^ vent brusque jusqu'à la rudesse ( i ) , elle revenait promptement à son ton naturel , et ne refusait famaîa de rendre m service. Elle avait recueilli des compatriotes pauvres , qui pouvaient oublier qu-'ils n'avaient plus de fa^ mille , en étant entourés des soins les plus empressés (u)* Elle a continué à Paris de mener le Même genre de vie i protéger et eocoiira»

ger les arts , secourir ou consoler ses amis ; voilà ce qu'elle a fait, et ce qu'elle fait encore $ en un mot, elle était digne de son nom de MoQ,tmorency«

Garât et Rode étaient du nombre des iml^ grés les plus recherchés. Leur admirable ta^lent., leur bon ton. et leur esprit vif et ocigi^ nal , étaient appréciés également par les Fran^ çais et les Allemands* On les écoutait, avec le même plaisir» causer ou faire de la niu«-

sique ; leur présence suilisait pour animer une

(1) M. de Rivarol la comparait à la nature. : quelF> quefois âpre, souvent belle, et toujours bienfoisante.

(2) Entre autres, monseigneurde Clermont-Tonnerre, évêque de Châlons, aujourd'hui archeyêque de Toulouse et cardinal ; et M. Josepb dé Caraman, prince de Chimay.

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soirée.. Ils contaient de la manière la plus plai» santé des histoires qu'ils prétendaient toujours leur être arrivées. Intimement liés ensemble » ilssoutenaient mutuellement la vérité du récit, avec un tel sérieux, que Ton finissait par les -croire. En voici une dont Garât disait être le héros, et qu'il assurait être vraie.

Arrêté au commencement de la révolution , ii .charmait les ennuis de sa captivité , en chantant presque toute la journée, li disait que -ces vocalisations avaient augmenté beaucoup la légèreté naturelle de sa voix. Les prisonniers , ravis , se réunissaient dans le coraidor ou sous ses fenêtres, pour l'entendre. Un jour, il .ça voit entrer un dans sa chambre, qui le salue profondément avec les signes diin grand . respect : « Yous êtes l'incomparable Garât , monsieur?-— Oui, monsieur. ». — Votre talent est prodigieux. — monsieur. — JNe m'interrompes pas.... Oui, monsieur, prodigieux, et qui que ce soit ne peut vous disputer le titre de dieu de la musique. Je suis votre plus grand admirateur. — J'en suis fort ^connaissant. — Personne ne peut vous juger mieux que moi , car je m'occupe beaucoup de cet art enchanteur où vous excellez. ~ Ah ! monsieur es-

S€l- JOSÉPHINE. ai

mufticien? dit Garât , ne sachant oùaboatiraienl* tons ces compKmens. — Oaî, monsieur, nous sommes collègues ; ainsi , vous trouverez tout simple que je m'adresse à vOuiT pou»

vous demander un grand service. — Parlez , monsieur » que puis-je faire ? — Les Vandales qui se sont emparés du pouvoir, s'opposenl à tout ce qui pourrait faire prospérer les arts. S'en occuper serait à leurs yeux un crime de plus; aussi, je n ose m adresser qu'à vous dans une circonstance si critique. — ^ Je suis à vos ordres, — Par un accident , je me vois dans l'impossibilité de cultiver mon talent; il dépend de TOUS de me rendre à mes occupations chéries. — Et comment? — Un homme comme tous n'est étranger à rien de ce qui.

a rapport à la musique ; aussi , je viens vous supplier de vouloir bien raccommoder mon^ instrument, que je m'empresserai de voua, prêter dès qu'il sera en état : il est digne de TOUS accompagner. » En finissant ces mots , rétranger ouvre son manteau , et présente à Garât une.... serinette. Ce dernier fit des éclats de rire tellement forts, que plusieurs personnes accoururent pour en savoir la cause. Us partagèrent sa' gaité*. Le soUiçiteur, tout 8ur|^p&.

M icÉMonos.

de cette hilarité générale » &e retira furieux » et devint, depuis ce moment, l'ennemi déclaré de Garai, qu'il n appelait plus que le

ïUn JOS£FUIIN£.

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