‹ Mémoires sur l'impératrice JoséphineChapitre 8 sur 47 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

M. Ghaptal ininUtre de l'ioténcur. — Madame Lebrun. — Mademoiselle Duthesoois présentée à madame Bonaparte. — Sei premiers débuts, — Lutte entre n^ademoiselle Georges et mademoiselle Duchesnois. Réputation singulière. — Bons mots de M. de Laval. — Madame Récamier. — MM. de Forbin , Ilumboldt. — Benjamin-Constant, Châteaubriand , Mathieu de Montmorency. — Portrait de M"». Récamier. — M. de Talleyrand et madame Grandt. — M. Denon. — M. de GobentA^i jouait aveo ' madame Bonaparte» — Mi^daipe 4fi StacU — I^^iriaorv^lidicvite d*an «nbaBsadenr.

M. Ghaptal, ministre de l'intérieur, se refusait alors à accorder un ordre de début à mademoiselle DuchesnoiSy persuadé qu'elle était trop laide pour réussir. Madame Lebrun, toujours obligeante » et protégeant les arts , dont elle en cultive un d'une manière si brillante , pria madame de Montesson de donner une soirée pour mademoiselle Duchesnois*

Elle lui ût promettre d'obtenir que madame

Bonaparte y YÎot, ainsi queM. Chaptal : madame de MoBtesaon j e^nseatity et réiimt en?ifon dens ceats personnes.

Mademoiselle JDaohesaois, à cette époque, beaucoup pliisaiale qo'aujourd'hiit , était d'iiae affreuse maigreur ; sa toilette, plus que simple, fat arrangée tant hieA que mai par madame Lebrun, qui s'entend si parfaitement à ce qui «ied auxiemmes. Aprèa ces préparatifs, faits à la bâte, Mademoitelle Dachesiioia récita le rôle de Phèdre eiuae partie de celui de Roxane, d'uue mani^ ai admirable, que le ministre, oubliant, comme tout le monde , les traits peu agréables de eeUe jeune personne^ lui donna immédiatement son ordre de dAmt. Madame Bonaparte ae cbargtia^ du costume. Madame de Montesson lui en donna deux autres forts beaux aussi, et il fut décidé qu'il faudrait la faire jouer d'abord à Yersaillea, afin de Tbabituer aux planches.

Presque toute la aociété s'y rendit, et fut témoin du commencement des succès , qui entraînèrent plus tard des disputes et des arresta- ' lions. Il fallait un grand talent pour l'emporter sur la beauté incomparable de Mademoiselle Geoi^s, et mademoiselle Ducbesnois voyait dans son parti la presque totalité des jeuxiesétu-

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dians des écoles de médecine et de droit. On sarait la protection spéciale que laî accordait réponse du premier consul, et je soisconTamcne qu elle influait sur toutes ces jeunes têtes, si disposées à approuver tout ce qui plaisait à la compagne de celui qui ne comptait que des victoires.

Le premier consul, afin défaire prospérer nos manufactures 9 ordonna que les dames reçues aux Tuileries ne portassent plus de tissus étrangers. Madame Bonaparte avait une immense quantité d'étoffes des Indes, brodées d'orel d argent; elle les fit donner à sa protégée , qui eut ainsi , sur-le-cbamp , une garde-robe fort belle. £Ue lui fit aussi présent d'une magnifique parure «n topazes, qui lui avait été donnée par M. de 5ouza, ministre de Portugal ( i ) ; enfin elle soutint ladébutante contre toutes les cabales, et la fit engager, malgré lés intrigues de tous genres, dans remploi des reines . qu'on voulait lui faire quit*ter. Si Mademoiselle Duobesnois eût tenu ce qu'elle promettait alors , c'eût été à Joséphine

(i) Il avait épousé madame de Flahault* auteur det charmans romans ^AdèU de Sénang$t, Eugène di Roth- «in, etc. £lle joint à l'esprit le plus aimable toute la

bonté qui sait faire pardonner une supériorité UOli fontestée.

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que l'on aurait dû une nouvelle Clairon , digne émule de notre Talina !

Il y a dans le monde une ioule de gens auxquels on fait des réputations que rîén ne {us-i tifle ; de ce nombre est celle de bêtise , accordée si généralement à M. le duc de. Laval* On citait de lui plusieurs mots pour appuyer cette prétendue ineptie. C'était à. lui que Ton prêtait d'avoir dit, qu'il avait reçu une lettre anonyme, signée de tous les oiBciers de son régiment ; d'avoir fait placer des canapés ans quatre coin9 de son salon octogone » et mille autres choses de ce genre.

Madame de Montesson, bien capable assurément de juger l'esprit de ce qui Tentourail, niait que M. de Laval en fût dépourvu. £lle répétait avec plaisir plusieurs mots de lui , qui démentaient 1 opinion qu'on voulait en donner.

U venait tous les jours chez elle ; il la prévint que le lendemain elle ne le verrait pas. Elle fut donc fort étonnée de le voir entrer comme 'à^ l'ordinaire. — Vous m'aviez dit que vous ne viendriez pas. — Mon Dieu , j'avais en effet • mille choses à faire , et je ne comptais pas vous voir ; mais que voulez-vous , mes chevaux me

€6 iiSMOius

eoaduisent ici conuM oeox d'une dévote la mènent à réfriîsep

Il otait riche , et souvent on lui empruntait de l'argent» qu'il refusait toujours» en disant qu'ils'était fait le principe de n'en jamais prêter, parce que ce qui pouvait arrivent pluêAeureuSf Hait 4fu*on k lui rendît. Il est impossible » ce me semble, de mieux prouver un ég<»6me complet; mais ce raisonnement n'est pas celui d'un sot.

£a arrivant en Angleterre» à l'époque de^ son émigration» il fit plusieurs visites à des grands seigneurs» chez lesquels il avait été biea reçu avant la révolution. Presque tous lui rendirent cette politesse; quelques-uns s'en dispensèrent; de oe nombre était le duo de D...» qui ne prit même pas la peine de se faire écrire chez un homme q«Cil supposait pauvre.

Quelque temps après ^ ils se trouvèrent ensemblecheamilordSchoulmondley. ALdeLaival reçut du maître de la maison Imvitation de faire une partie de wistavec le due de D... celui-eîdii que très-probablemeiit monsieurde Laval refuser, rait» quand il saurait que l'on jouait fort cber*-r« Je voua demaïkde pardon» mopiieur le due » je joue depuis une guiuéç jusqu'à cent la. ficbe;

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eVst fmarquoi je sois sorpri» qtte tous ne m'ayei

pas reodu ma visite.

Il aTait en effet emporlé de France une somme qui lui permettait de se livrer à la passion qu'il avait pour le jeu. Au reste, elle était pour lui une espèce de spéeuktîon» ne jouant jamais les jeux de hasard ; il avait pour les autres une supériorité reconnue. L'avour^propre £ai» sait désirer comme une faveur de faire sa partie, et il avouait qu'à la fin de l'année il gagnait une aoaane tri»*forCe, qnî le mettait à mèoie de tenir à Londres le raog qui lui convenait. Parmi les émigrés qui cherchaient des moyens d'ézis^ tence, il était le seul qui eût choisi celui-là, et pour l'exécuter y il fallait à coup sut* une tète Uen organisée. Yo^ci- encore un autre exemple 4es faux jugemens portés dans la société.

On a beaocoap parlé de la beauté de madame Réoamier , de ses magnifiques fûtes dans le temps de sa grande fortune ; du costume si simple qu'elle avait adopté ; et on affecte de loi supposer peu d'esprit, afin sans doute, de trouver m0 imperfection , dans une des. per»

sQunes les plntf parfoites de' son sexe ; car on nç peut calomnier sa conduite qui quI irré** prôdMble. C-eA tacore une réiTokanlè ittjtts*

tice : madame Récamier ést missi spirituelle

quelle est instruite et jolie; mais une horreur iovincible pôur tout ce qui peut ressembler à la luéchaDcetéy lui fait dédaigner ce genre d'esprit» qui permet de tout sacrifier à un bon mot. Elle cause à mei^vetlle»

sans chercher à briller; elle parle à voix basse à ceux qui lui plaisent 9 et qu'elle attire près d'elle. La preuve qu elle n'est pas ^ uniquement occupée de sa charmante figure ^ c'est qu'elle a été intimement liée avec les deux femmes les plus célèbres de notre époque, mesdames de Genlis et de Staël. MM. de Foibin, Humboldt, Benjamin -Constant , ChÊhteaubrianty MathîeÀ de Montmorency, etc^j recherchaient sa société avec un empressement qui prouve combien elle a de charmes ; et tous les gens de lettres désirent son approbation * qu'elle donne toujours avec la timidité qui lui est naturelle.

' On n'a point asses loué le courage qu'elle a montré à 1 époque de la ruine de son mari.

Elle ne regrettait de son immense fortune que la possibilité de faire le bien. Ce ue fut qu'alors que l'on découvrit que cette même femme si adnlée-y si livrée à une dissipatioli forcée-.

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avait fondé une école pour douée îeunes filles

orphelines y qui apprenaient à lire, compter, écrire et à travailler , de manière à prendre un état à l'âge de quinze atis. Leur bienlaitrice leiu" donnait lesmoyensd'utiiiaer ce qu elles savaient, et lorsqu'elles se conduisaient bien , elles recevaient une doi qui leur faisait trouver à former un établissement. '

Ceux qui eussent suivi la voilure élégante de madame Récamîer, persuadés qu'elle allait faire des emplettes chez Leroi ou au petitDunkerque, eussent été très-surpris de la voir s'arrêter à la porte de quelque maison bien obscure $ et cette belle personne descendre , et porter quelques secours à un vieillard infirme , ou une layette à une pauvre femme eflrayée de devenir mère sans avoir de quoi couvrir son malheureux enfant!

J'ai rarement le bonheur de rencontrer madame Récainier , mais quand cela m'arrive , ce n'est jamais sans un profond attendrissement que je regarde ce visage resté si beau et si parfaitement calme. Il serait impossible de supposer un vice à qui possède une telle expression de pureté. La vie tout entière de madame Récamier donnerait le droit de croire au système de.Lawater.

jO MÉMOIRES

Oné'étounait avec raison ^ dans le temps dant

je parle ^ de lamour de M. de Talleyrand pour madame Grandi, qui, belle comme un ange»

était incapable d'avoir une idée de la supériorité de celui qu elle avait su charmer. On demanda à M* de Talleyrand comment il pouvait causer avec une personne si nulle. — Cela me re- ' pose f répondit-il. Cette seule phrase peint la femme qu'il a épousée depuis ( i).

( I ) Bonaparte dayenu empenor , voolaot rendre aux

mœurs la régularité que la révolution avait détruite, résolut de faire cesser le scandale de la liaison intime de M. de Xalieyrand avec madame ^randt. Il paria de ma*riage à «oo ministre , qui refusa d'abord; mais U maUrê ayant ordonné , il fallut obéir.

La princesse de Talleyrand lut présentée à la cour 80 us ce titre; mais elle Q*y fut reçue que cette fois, et n'y parut plus.

Madame la princesse d*OIgorooki Ait la voir, couverte des magnifiques pierreries qui lui venaient de la succession du prince Potemkim. — Oh ! madame , lui dit madame de Talleyrand ^ quels admirables diamans» que je vous trouve heureuse d'en posséder de semblables! — Si TOUS exprimiez le désir d*en avoir de pareils, M. de Talleyrand trouverait sans doute, un grand plaisir à vous les offrir. — Quelle folie , vouscroyes donc que j'ai épousé un pape.

Je tiens cette anecdote de la princesse d'OlgoroukI.

SUU JOSÉPHINE. ^1

Il lot recommanda on jour de pareofirrir le voyage eod'Égypte de M. Denon» afin de pouvoir loi en dire qoelqoes mota qpadd il viendrait dîner. Madame de Talleyrand le promit , et son mari loi envoya i'oovrage. Le joor do dtner arrive; M. Denon est placé auprès de la maîtresse de maison , qui » pour suivre les instructions qu'elle a reço , loi exprime le plaisir qo'elie a eo à lirs ses belles descriptions. Elle ne peut tarir sur les éloges dus à un esprit si supérieur. § Je n'y tronye qn'itne chose , ajoota-t-elle , c'est que ce cher Vendredi paraît bien tard. Il est si intéressant qoe j'aorais voolo le connaître plos tôt. » Que l'on juge de l'embarras et de l'étonnement de M. Denon , qui ne sut que répondre. ^

La jeune Charlotte (i) avait oublié chea sa

(i) Àujourdliui madame la baronne Alexandre de Talleyrand, si connue par son beaa talent sur le piano, elle était élève de Dusseck, que M. de Talleyrand arait pris chei lai» afta que les leçons fuassBt pias règulièfament données. Il y était logé f eliaaffft , noani , «I rw»* vait 6 mille francs d'appointemens. On dit qfoe le priaee n'a pas été pour lui aussi bon qu'il aurait pu Tôtre à l'é^ poque de sa mort.

Il a passé poor eonstant qœ inadenoiselle Ckarlecie était fille natnrelle de II. de Mleyiand^ ce ^i estée toute fausseté. Ma mère a conaa ses parens en émigr»»

J2 MÉifOlHBS

protectrice ua Toltiine. de Rçbiason : ç elait celui qui avait été Ici par la priacesse, et qui av^ait ei^cité soa. eathousiasme.

Je n'entends rien à tontes les belles eonceptionâde politique, qui ne me paraissent qu'une suite de faussetés; je m'abstiendrai de parler de ce qui est si au-dessus de moi; mais je pqis me permettre de citer quelques mots de cet homme si habile , qui sut toujours maîtriser la fortune, et surnager lorsque tout autre eût été entraîné et noyé par le lorrent des événemens.

line se dit pas un bon mot dans Paris qui ne lui soitattribuéycequî prouve qu'il est capable d'en dire beaucoup. Il y en a qui sont tellement historiquesy jqu'ils sont impossibles à oublier^ V^^^"

tion. Le prince» lié avec madame de la sachant

mourante , sans fortune aucune , inquiète du sort de sa pauvre petite fille, promit de s'en charger. II a tenu parole; son éducation a été soignée » brillante, et son mariage avec le coosia de son protecteur a achevé d'acquitter la dette qu'il aralt contractée.

La princesse a été pour elle pleine de bons procédés etde.soinsy dont elle a été, dit-64iy fort mal récompensée, puisque madame Ale^^ndve a cessé d'aller çhea elle.

ques-uns relatifs h des particuliers sont beaucoup moios connus; on est à concevoir cette facilité surprenante àtrouverdans la plus simple circonstance, dans la question la plus ordinaire, Toccasion de déployer cet esftrit argent comptant, que H. de Talleyrand possède fe crois seul à un pareil degré. En voici quelques exemples.

M. A de 6. y si connu par son maoque

d'esprit, ses prétealionsy son inexplicable faveur auprès de quelques femmes » et sa grande fortune , «'approcha de M. de Talleyrand dans un moment où tout le monde était en suspend par la marche incertaine du gouvernement , et lui dit : t £h bien l prince» comment vont les affaires? — Mais; comme vous voyez (i).

On vantait devant M. de Talleyrand la beauté de madame la marquise de Luchesini, (ambassadrice de Prusse, grande 9 forte et noire allemande , qui eut un instant la réputation d'être belle , grâce à une extrême élégance , à son titre , à sa fortune , et à de petites mines , qui séduisent quelquefois )• — Mous avons mieux que cela dans la garde des consuls» répondit

(1) Pour sentir le mI de cette réponse, il faut savoir

que M, Alex, de G. a les yeux absolument de travers.

74 MÉUOIKES

frotdemeiit M. de Talleyrand. Cette critique fut trouvée si juste , qu'à partir de ce momeoty on ne paria pins de la colossale prussienne.

On s'amusait beaucoup de H. de Cobentzel, second ambassadeur de ce nom à Paris (i) ; sa réputation d'avarice était si bien établie que l'impératrice Joséphine » alors madame Bona« parte , résolut de s'en moquer nn peu.

Un jour de réception elle le désigna pour faire sa partie de wisk* Il était en malhear, et perdit plusieurs robbers de suite : à chaque coup, ta partner lui disait : Je suis désolée , mon<^ sieur le comte» de vous voir perdre autant; une autre fois vous serez plus heureux, et mille autres phrases qui lui perçaient l'âme , persuadé qu'il était que la femme du premier consul devait jouer un jeu énorme. Son hu-

• (i) Il ne faut pas confoodre celui-ci avec son cousin, [e comte Louis de Gobentiel, homme aussi aimable qu§ fin politique *• Venu qaelqae temps auparavant son parent, il a laissé à Paris, des amis qu'il suffit de nommer, pour honorer son caractère, MM. Maret et le comte de Ségur ; ce dernier a parlé de lui avec éloge et jusiice, dans ses iotéres^ans mémoires.

M. le duc de Rovigo prétend qu'ils étaient frère»; je croi» qu'il se trompe.

DigitizcG

SUR JOSÉFBIIIE. 75

meur allait toujours croissant, et malgré sou habitude de courtisaii , il ne parvenait plus à la cacher. Madame Bonaparte faisait faute su r fati te , oe qui triplait le déMstre de celui qu'elle avait pris pour anocié ; et qui s'appliquait au point d'en suer à grosses gouttes. Enfin cette éternelle partie s'achève , et le tremblant ambassadeur demande à voix basse combien il doit : — Rien , monsieur le comte, voilà ce qui vous explique la philosophie avec laquelle j'ai supporté nos revers , répondit madame Bonaparte. A ces mots la figure de M. de CobenUel changea toutà-fait d'expression; il fut aisé de voir à quel point il était heureux d'en être quitte pour la peur. Il avait deux cents mille livres de rente L«.

Il était tout-à-fait scandalisé du luxe effréné du ministre des relations extérieures, et en voyant toutes les pièces échauffées par des feux énormes y il dit avec humeur , qu'il n'en serait pas ainsi chez lui 9 parce que cela devait coûter gros, — Oh! ce n est pas le Pérou , monsieur le comte, répondit H. de Tailleyrand avec cet air si moqueur qui n'appartient qu'à lui. Un rire fou accueillit cette réponse si éloignée du ton d'élégance ordinaire à celui qui la fiiisait, et le pauvre ambassadeur dut être convaincu

que sa lëslnerie était appréciée comme elle devait l'être.

Madame de Staël , {oaant un jour ayec plur

sieurs personnes au jeu si connu du bateau, demanda à M. de Talieyrand laquelle il sauverait d'elle ou de madame Grandt. Gettedemaode était embarrassante, puisque c'était à cette époque que Goissait le long attachement de .M,, de . Talleyrand, pour celte femme célèbre, et que commençait son. amour si étrange pour une personne entièrement opposée à l'autre. ^ Vous avez tant d esprit , madame , que vous vous tireriez de totis les dangers ; ainsi je >auverais madame Grandt. Est-il possible de dire une chose désagréable avec plus de grâce ? '

M. de Talleyrand prétend que M. le haillt de F.... est riionime le plus courageux de France , parce qu'il qu avaler ce que ses dents broyent ; et marcher avec ses jambes , qui sont de vrais fuseaux» qui semblent devoir casser rien qu'en les regardant.

Je n'ai jamais connu personnellement M. de Talleyrand; mais j'ai su, par plusieurs de ses amis, des traits qui honorent sou cœur, et qui prouvent que là causticité de son esprit ne Tem* pèche pas d'être bon et obligeant

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