QUATRIÈME PARTIE
Marche de M. de Bussjr sur Vizagapatnam.
Siège , capitulation et prise de cette ville.
JM o tr s verrons dans le Chapitre troisième comment les Anglais s'emparèrent du Bengale, en 1767, après avoir fait périr le nabab Chouradjou-Doulah. Nous verrons pareillement, quepro-
SUR LINDOUSTAN. lo3
fitant de leurs succès ils s'emparèrent de Chan* dernagor, établissement français, qui capitula le a 3 mars; que parla capitulation, la garnison et les matelots demeurèrent prisonniers de guerre , et que les Anglais refusèrent d'exécuter le dernier article qui portait , que les officiers seraient libres sur leur parole d'honneur, malgré les conventions arrêtées , et qui doivent toujours être sacrées.
La perte de Chandernagor n'avait rien changé à la situation des établissements français dans tes autres parties de l'Indoustan ; nous y étions au contraire plus forts, les Anglais ayant été obligés de diviser leurs troupes , pour soutenir les avantages qu'ils avaient obtenus sur le Gange.
M. de Bussy profita habilement de cette si-* tuation pour diminuer leur puissance, par les expéditions qu'il fit sur Daku , Gomsea, Narundio; et, après avoir mis le bon ordre partout, il tourna ses vues du côté de Yizagapatnam , seule place qui restait aux Anglais sur la côte d'Orixa , et la plus forte par sa situation et les ouvrages qui la défendent. Elle semblait les dédommager de la perte qu'ils avaient faite de Nelpely et Bandermourlanka , petits comptoirs peu importants et, hors d'état de soutenir mie attaque. Ce général français n'ignorait pas l'état de la garnison de Vizagapatnam , ni le nombre des munitions de guerre qui y étaient renfer-
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il consentait à rendre la place sous les conditions suivantes :
« Toute la garnison tant européenne que native du pays, sortira avec armes et bagages, tambours battants, drapeaux déployés, etc., pour se retirer où bon lui semblera.
« Tous les particuliers auront leurs effets saufs, et on leur accordera un temps raisonnable pour les faire transporter. »
M. Perceval finissait par dire qu'il croyait M. de Bussy trop grand général , pour ne pas penser que ses demandes fussent raisonnables, s'il était bien informé des forces et de l'état de la place.
M. de Bussy, sans se prévaloir de la faiblesse de son ennemi , soutient dans sa réplique la dignité de la nation française , et ménage les dispositions de l'Anglais qui accepte le joug. Pour éviter les longueurs souvent dangereuses d'une semblable négociation , il fixe un terme , après lequel il laisse entrevoir qu'on en viendra à quelque action décisive. Il fait sentir en même temps au gouvernement anglais, l'irrégularité du procédé de sa nation à Chandernagor , et déclare qu'il agira avec cette noble générosité qui caractérise les Français, mais que ses, batteries se trouvent en état de foudroyer la ville. Voici sa réplique, datée du même jour, a5 juin 1757.
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« Monsieur
« Je viens de tcevoir votre réponse à la soma niation que je ihjs ai faite , à laquelle rien ne a m'engageait qu la générosité. Vous devez saie voir de quelle içou les Français de Chander* « nagor ont été taités ; mais je ne veux cepen- « dant imiter voacompatriotes que dans le seul « point que la prnisou sera prisonnière de «guerre ainsi qu l'état-major, etc.; pour le « reste , vous avez lieu d être content. Je « compte que me batteries seront prêtes de- « main , et que je t'aurai pas besoin des renforts « que j'attends de plusieurs endroits. Ainsi, mon- « sieur , faites vos ^flexions , évitez des malheurs « dont vous seriez responsable. Si vous acceptez «c envoyez dans mm camp quelqu'un de vos * messieurs. J'atteidrai jusqu'à demain , huit « heures du matin » Signé Bussr. »
Le commandant anglais se plaignit de la brièveté du temps qu'on lui donnait pour délibérer, et demanla jusqu'à onze heures du matin.
Sa .situation et ail en effet des plus critiques, iy un coté , il ne Voulait pas courir les risques d'un siège, auquel il ne voyait aucune apparence de résister ; d'un autre , il se trouvait obsédé par son consel et les officiers des troupes , qui étaient dans la plus grande mésintelligence.
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M. de Bussy eut égard à sa skiation , et lui accorda le délai qu'il demandait, lui faisant observer que s'il suspendait tote hostilité, il ne fallait pas que ce fut pour le Anglais une occasion de supercheries , et qum manque de parole de leur part romprait ans retour toutes les négociations.
Cette troisième lettre de ML de Bussy produisit tout l'effet qu'il en attodait. Le gourer* neur s'en remit à sa générôsié.
Il ne restait plus à M. de Juasy qu'à venir se mettre en possession de sa onquête , la capitulation ayant été dressée , sunée et acceptée le 26 juin, au matin, à l'attaque, où M. de Bussy s'était transporté.
Le gouverneur fit cpnnatre son acquiescement , en adressant à M. d< Bussy le capitaine Campbell , commandant dt la garnison , et M. Thomas Heurth, chargé ce traiter avec lui de la reddition de la place , sengageant à ratifier tout ce qu'ils arrêteraient
Les articles , au nombre <fe sept , sont tous à l'avantage du général français.
Capitulation de la ville et ou fort de Vizagapatnam , entre M. de Bussy \ lieutenant-colonel, chevalier de tordre royal et militaire de St.- Louis et de l ordre royal au Christ de Portugal, commandant-général des troupes fran-
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çaises et aires , et M. Williams Percerai , écujrer^ chede Vizagapatnam , membre da conseil supieur et du comité secret du fort St.-Gcorge.
« Art. i er . 1 place , les fortifications, l'artillerie, les millions de guerre et de bouche, armes de toutetpèce,gréements de vaisseaux, etc., ainsi que tous marchandises et argent , appartiendront k fcompagme de France, et généralement tout -. qui peut se trouver dans les différents magais de la compagnie anglaise, que le commanot et son conseil s'obligent en honneur deéclarer.
« 2. Le conandant , le conseil , les employés de la compaie anglaise, et tous les officiers de Fétat-maj, seront faits prisonniers de guerre sur leur pan. On leur permettra d enlever ce qui leur appeiendra. Us pourront se retirer où bon leur sériera, sous les conditions stipulées dans leur bit d'honneur , signé de tout l'état major.
« 3. Tous t soldats , matelots et autres Européens, sert prisonniers de guerre, pendant tout le tempue la guerre durera entre le roi de France et le id' Angleterre, ou jusqu'à échange.
« 4* I** tr P es du pays seront libres d'aller où bon leur câblera.
« 5. Les habiits,geqs du pays, seront conservés