‹ Mémoires sur l'Indoustan, ou Empire MogolChapitre 15 sur 51 · IO MÉMOIRES · texte numérisé non relu

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dans leurs biens et maisons, autaitqu'ils se comporteront bien, et qu'il sera à t volonté du général.

« 6. Tous soldats qui ne seront tas de la nation anglaise, pourront prendre sefce dans les troupes françaises.

«7. Tous les déserteurs français dont remis à la discrétion du général.

«Fait à la'jMontagne de Sable, le (juin 1 757 .

« Signé Bussr, et WilliamstaRCEVAL. »

M. de Bussy fut reçu à la portde la ville, par le gouverneur ; son conseil etfes officiers , lui remirent leurs épées. Il les leutendit avec cet air noble et généreux, qui rW au vaincu sa défaite supportable. On fit désiner la garnison, et occuper tous les postes. *

Il y eut quelques désordres, de lakrt de ceux qui s'étaient trompés dans la mesurées liqueurs confortatives dont ils s'étaient ser\Jpour réparer les fatigues passées. Notre génd et ses officiers arrêtèrent la licence. Un seulialheur obscurcit, pour un moment, la gloire \ ce jour. Lé feu prit à un petit magasin à poudt Les sieurs Lavernie et Peletier, furent envbppés dans les flammes (1). l

(1) Le colonel Gentil servait alors comrrpus-lieutenant Il était de poste à la grande porte, à côté) laquelle était un petit magasin à poudre pour l'artillericlui servait à la

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Le général était à peine entré dans Vizagapatnam , qu'il reçut utxe lettre de madame Clive, abord duMarlborough, en rade à Binilipatnam, le 26 juin 1657:

« Monsieur,

tf Cinq matelots de . ce vaisseau ayant été mis « à terre à Vizagapatnam, quelques heures avant « la reddition de cette place, vous me ferez une « grâce spéciale , si vous avez la bonté de leur « permettre de revenir aussitôt. Je m'engage <c à mon arrivée à Bengale , de faire mettre en « liberté, par le colonel Clive, autant de pri- « sonniers de Ctiandernagor. J'espère, monsieur, . « que vous me pardonnerez la liberté que je c< prends; je suis passagère à bord de ce vaisseau,

défense de cette porte. Ce petit magasin servait à deux corps-de-garde ; le feu y ayant pris au premier, auquel il était adossé , causa l'explosion des fusils de la garde , qu'on y avait déposés. Les grenadiers français , non loin sous les armes , et ayant la tête un peu échauffée par la chaleur du temps, par le vin et la fatigue, s'imaginent que les Anglais avaient repris les armes, et se disposent à les attaquer. Voyant leurs dispositions hostiles , le sieur Gentil court audevant, les arrête, et après leur avoir raconté la cause du bruit qu'ils venaient d'entendre , il parvint à les calmer et à les faire rentrer en eux-mêmes. Ce service flatta d'autant plus son cœur, qu'il sauva d'un grand malheur les soldats anglais tranquilles dans le deuxième corps-de-garde , où ils étaient , et qu'il épargna un crime , dont on aurait pu accuser sa nation.

« et je suis intéressée dans cette circonstance.

« Signé, Marguerite Clive. »

Un chevalier français ne refuse jamais les dames, lorsque l'honneur et le devoir ne sont pas compromis. Aussi , M. de Bussy s'empressat-il d'accorder à madame Clive ce qu'elle souhaitait, avec cette politesse française, aussi aimable dans les écrits que dans les manières. Voici sa réponse:

De Yizagapatnam le %*] juin 1757.

a Madame ,

« J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honte neur de m'écrire ; j'ai remis à M. de Perceval « les matelots pour lesquels vous vous intéres- « siez. Rien au monde ne me flattera jamais tant « que l'occasion que vous voudrez bien me pro- « curer , de vous être bon à quelque chose. C'est « la grâce que je vous demande avec celle de « me croire , etc.

« Signé, Busst. »

Madame Clive répondit en termes qui exprimaient sa reconnaissance sur le procédé généreux de M. de Bussy.

Ce petit épisode ne fit pas perdre de vue les affaires de Yizagapatnam. M. de Bussy fit assembler les conseillers et officiers de la place, et

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tira cfenx par écrit , leur parole d'honneur, dans la forme suivante :

a Nous soussignés , coïrimandanl , conseillers , officiers et employés de la garnison de Vizagapatnam , pris par M. de Bussy , commandant-général des troupes de sa majesté très-chrétienne , le a6 juin 1767 , reconnaissons avoir été faits prisonniers de guerre, promettons et donnons notre parole d'honneur , de ne point porter les armes, directement et indirectement, contre sa majesté très-chrétienne et ses alliés, tant que la guerre durera ou jusqu'à échange , et de nous rendre à Pondichéry ou autre établissement français , toutes les fois que nous y serons ap^ pelés par le général de la nation française dans l'Inde , ou par M. de Bussy.

«Sîgné 9 Williams, Perceval chef, etaulres chefs y officiers et employés , etc. »

C'en était assez pour les formalités militaires, maïs il fallait encore un acte authentique -de l'état des magasins et effets appartenant à la compagnie anglaise. Les mêmes qui venaient de s'engager par honneur à observer, ces lois de' la guerre , comipe prisonniers , donnèrent un témoignage juridique de l'état présent de la place tel qu'il suit :

« Nous , commandant et conseillers de Vttagapatnam, certifions et attestons avoir fait em :

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barquer sur le vaisseau le Marlborough , et autres embarcations du pays , arrivés de Madras et autres endroits, quelques jours avant le siège , l'argent , marchandises et livres de h compagnie anglaise , ainsi que les effets dp l'état-major , et autres particuliers , et .que le dit vaisseau a fait route sur-le-champ pour Bengale ; que , par conséquent , il n'est resté dans la place que l'artillerie et les munitions de guerre ; nous assurons aussi sur notre parole d'honneur , que nous n'avons envoyé à Binilipatnam, ni argent ni marchandises à la compagnie anglaise , mais seulement des meubles et effets à l'usage des dames qui se sont retirées avant le siège dans ce comptoir Hollandais.

«c En foi dé quoi nous avons signé , etc. »

Toutes les précautions prises , selon les règles d'une prudence peu commune , M. de Bussy donna un libre essor à sa générosité , comme on le voit par la lettre ci-après adressée à M. de % Ferceval.

A Vizagapatnam , le 27 juin 1757.

« Monsieur ,

« Je vous remets, ci-joint, treize états de MM. « les officiers et autres de votre garnison , au « suj.pt des prétendues pertes qu'ils ont faites et « qpe vous avez trouvé vous-même déplacées. Je

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« tous envoie en même temps l'argent que « je » « tous prie de leur distribuer, sans éàtrer dans a aucun autre détail Je suifl) bien aise de trouver a cette occasion de donner de riou veiles preuves ; a d'une générosité dont ma nation seule est c& « pable.

« Je suis , etc. Signé , Bussv. »

Non content de rembourser les pertes ci-dessus , celles des particuliers le furent également , telles qu'ils les réclamaient sans autre preuve que leur parole. Les pauvres ont aussi trouvé dans le cœur du général français , un asile et une ressource dans les calamités dont ils sont ordinairement les premières victimes. Il leur a fait distribuer plus de mille payodes, le jour qui suivit la reddition de la place.

L'état-major et les conseillers anglais se retirèrent à Binilipatnam , charmés des politesses de leur vainqueur, et honteux que leurs cpmpatriotes n'en eussent pas agi de même en semblable occasion.

Les Français, par la reddition de cette place, étaient maîtres de toute la côte d'Orixa. Si cette forteresse eût été mieux défendue, on n'aurait pu s'en empare* qu'au prix dé la vie de beaucoup de braves gens. Mais l'on peut dire qu'elle s'est rendue bien plutôt à la réputation qu'au nombre.

Je finis par une réflexion qui ne doit pas être

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déplacée; c'est que l'expulsion des Anglais de la côte d'Orixa, est le fruit du système de M. Dupleix , soutenu par M. de Bussy. Aurait-on jamais pensé à détruire les établissements anglais de cette côte ? Aurait-on pu même le tenter avec quelque espérance de succès , si Ton n'eut pas été les maîtres des quatre sirkars ?

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