‹ Mémoires sur l'Indoustan, ou Empire MogolChapitre 18 sur 51 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Règne de Mohhammed-Chah, et détails sur la naissance de Nadir-Chah (i) et son usurpation.

JYLohhammed-Chah était fils deDjihander-Chah, successeur et fils de Chah-Àlem I er . Rafiou-Daulah étant mort de maladie à Sigrifetepour , après un court règne <ie trois tno» et vingt jours , Àssem- Ali-Khaà , vézyr , et Hoiissein-Ali-Khan , premier bakchi, cachèrent Soigneusement sa mort. Ils envoyèrent aussitôt secrètement à Delhi un officier de confiance, avec cinq cents cavaliers , » pour tirer Mohhammed - Chah des prisons de Selimgar. Cet officier étant revenu avec ce prince en trente-huit heures , ces deux seigneurs qui depuis long-temps disposaient de l'empire (a), annoncèrent la mort de Tempe-

(i) Nom que prit Thamas Kouli-Khan, après avoir usurpé le trône de Perse.

(a) Assen- Ali-Khan et Houssein- Ali-Khan , deux frères qui , après avoir détrôné Djihander-Chah , placèrent sur le trône Farouksiar son neveu, en 1711, le détrônèrent en 1 7 1 7 pour y placer Rafiou-Daulah.

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Chah , qui , arrivé à Badmapour, reçut le de tous les oumnbs (i) 9 et donna, à d'eux Je kelette suivant son gnile.

La mort prématurée de Rafiou-Daabb •*; et l'ambition du vézyr et du placent donc MoMianuaed-Chali à l'âge de dix-neuf ans. Ce dans Selimgar, y menait ta minée. Ce lut au aûbeu des par la discorde, qu'il prit les nement. Su Jeunesse et sua péchèrent de s'apercevoir, qu'il allait porter était devi de Chah-Àiem 1 er , son aïeul, qui désignait une victime- En donnant i ce prince des mœurs dooeeset pacifiques, b lui avait refusé cette farte de saire à un souverain despotiq ment surtout où ks grands ne d'autres lois que la force. Ans», c prince devint-il tuur à tour le jouet des dépositaires de son a u t orisé , qui ne plus en lui que le vain 6tre

(i) H y arait qui formaient le conseil de Fc ip e ie o t .

(a) Rafioa-Daalah est xam canon sovs le* Djihan II , et de Rafioaderdfjat

fois seulement qu'à l'ombre de ce titre auguste il leur devenait nécessaire pour légitimer leurs usurpât ions- 1 Aussi consommèrent-ils , sous ce règne, leurs oriminettest entreprises, en se partageant les dépouilles <le leur. infortuné maître, après avoir porté le dernier coup à sa puissance en favorisant l'invasion de L'armée persane au centre de lempire.

Le ' commencement de ce règne annonçait cependant un prince jaloux de se saisir de Tau* torité , sans laquelle . un monarque ne peut rendre heureux ses sujets, en se débarrassant de la 'tutelle du vésyr et du premier bakchi, dont la puissance excitait- la haine .et la jalousie des grands. .

Ces. deux frères se brouillèrent avec Mohhammed-Amin-Khan, qui avait la confiance du jeune -empereur; ils travaillèrent inutilement à s'en défaire par la forcé. Us voulurent ensuite le faire empoisonner par . un de ses eunuques. Celui-ci , ayant découvert toutes leurs trames , ne garda plus de mesure, et parvint à les faire chasser de leurs gouvernements. Nizam-oul-Moulouk les chassa du Dékhan; lies deux frères, intimidés par tant de défaites 9 se réconcilièrent avec Mohhammed-Amin-Khan. Ils engagèrent l'empereur à aller dans la province d'Adjemir , pour y prendre Àdjitsingue, le plus puissant radjah de l'indoustan, et le menèrent avec lui

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dans le Dékhan , pour en ch ass er Moulouk. Aasem-Ali-KJhan part avec I\ reur, et Houssein- Ali-Khan demeure a DAi.

Cette séparation (ut cause de leur perte. Le lendemain de son départ, tous les Mogols jmt la perte du vézyr, resté auprès de IV Ce prince, arrivé à Makanpoor dans sa tente par les oumrahs. Mohli iimm d Àmin-Khan, de concert avec A*eder*&Mli- Khau, préparent tout pour l'exécution do projet qu'ils méditaient. Comme le dans sa tente , il est attaqué, pagué de deux autres chefs qui avaient juré de le poignarder, l'ayant rencontré, s'approchèrent de son palankm, et lui présentèrent une requête contre Mohhammed- Amin-Khan. Pendant que le vézyr la lisait, Miraider hii plonge un poignard dans le sein. Miraider fut tué d'un coup de sabre en se retirant , par un parent «FAsscm- \h- Khan, qui se trouvait près de lui. Les deux autres complices poignardèrent le parent qui avait tué Miraider , et s'échappèrent ensuite à la faveur du tumulte et de la foule.

. Mohhammed- Amin-Khan , instruit de ce qui venait d'arriver , court vers le vézyr, dont la suite se dissipe aussitôt. L'ayant trouvé mort, il lui fait couper la tète, et la porte à l'empereur. Il fait ensuite monter ce prince à cheval • pour se montrer et apaiser le tumulte.

Goukm- Ali-Khan , créature du vézyr et Gairat- Khan, ayant rassemblés leurs partisans, viennent attaquer Mohhammed-Amin - Khan, et se battent comme des furieux, pendant près de trois heures. GaûAt - Khan ayant été tué d'un coup de flèche , toutes les créatures du vézyr prennent la fuite. Leurs maisons furent pillées.

Le tumulte apaisé, Mohhammed-Amin -Khan fut nommé vézyr, et son fils Kamourpudin- Khan fut fait premier bakchi, et surnommé Amir-oul-Oumrah. Ayeder-Kouli-Khan fut élevé au grade de six azari (i); Sadet-Khan, à celui de trois, et nommé gouverneur d'Agra.

Houssein- Ali-Khan , frère du feu vézyr, campé à Féridabad, apprend l'assassinat de son frère.

Il se prépare aussitôt à la guerre. Il commence par faire sortir des prisons de Selimgar, Mohhammed-Ibrahim , fils de Rafipu*Khaii (second fils de Chah-Alem I er ). Il conduit ce prince à l'armée et l'y fait proclamer empereur. Il assemble cent mille hommes* en quinze jours , et vient camper ensuite k Baktavar-Khan-Sérai.

C'était en 1720.

Les saïds de Bara , commandés par Saïsoudin* Ali-Khan et deux autres oumrahs , le joignirent avec vingt mille cavaliers. Houssein- Ali-Khan

(1) Le grade d' azari, commandant de mille hommes.

SUE L1KOOUST1S. I*~

quitte les bords do Gemna deux jours après.

et vient camper dans une vaste plaire, où trois oumrahs de l'armée impériale vinrent le trouver pour défendre sa cause. Le lendemain les deux armées en vinrent aux mains.

Nadjemoudîo- Ali-Khan, un des lieutenants d'Houssein- Ali-Khan, repousse la gauche de l'armée de Mohhammed-Chah, qui vint se ralher derrière son artillerie. Nadjemoudin fut obligé de céder à son feu , ayant été attaqué en même temps, par derrière, par le corps commandé par Sadet-Khan et Mohammed-Khan. Nadjemoudin se plaça à sa droite, jusqu'à ce qu'il se vit a l'abri des deux feux qui le terrassaient- La nuit tombante acheva de tirer ce lieutenant dn péril où il s'était placé. Il se fortifia ensuite dans un village.

Le lendemain matin, 'Houssein-Alî-Khan fut presqu'abtndonné de toutes ses troupes , douze mille cavaliers seulement lui étant restés fidèles. Mohhammed-Chah , instruit de cet abandon , fit aussitôt avancer son artillerie , qui fit un feu très- vif , tandis que la cavalerie , après les avoir entouré de tous côtés, fondit sur Houssein-AK- Khan. Elle masacra indistinctement tous ceux qui ne l'avaient pas abandonné. Deux cents des principaux officiers furent tués et plusieurs autres blessés. Àyeder-Kouli - Khan ayant fait prisonnier Houssein-Ali - Khan, sur les sept

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