‹ Mémoires sur l'Indoustan, ou Empire MogolChapitre 19 sur 51 · MÉMOIRE · texte numérisé non relu

MÉMOIRE

heures d« matih , le coBduisit de suite à F empereur , qui le fit mettre sous la garde de l'artillerie (i).

La victoire ne paraissant plus douteuse , on battit le naubot , et on offrit le nazer à l'empereur sur le champ de bataille même. Ce prince était resté sur son éléphant pendant toute l'action. Il récompensa ses officiers et partit ensuite le lendemain pour Delhi où il fit son entrée.

En passant devant la maison de Mohhammed- Àmin-Khan , ce vézyr lui fit le nazer de deux mille roupies d'or, cinq chevaux, deux éléphants. L'empereur lui donna en même temps le bétel.

Ce prince célébra quelques jours après, la fête du Djessem (a). Il déclara qu'il ne daterait son avènement au trône, que du jour de la dernière

(1) Au commencement de l'action , un seigneur de l'armée de Mohhammed-Chah s'enfuit au premier feu. Le nabab Chird-Jangue, cousin du nabab Choudja-a-ed-Doulah , me fit présent du plan de cette bataille. Je le fis voir au seigneur fuyard qui ne trouva pas ce plan exact. Ayant fait des reproches à Chjrd-Jangue à ce sujet, ce nabab me répondit : Il ne le trouve inexact que parce que c'est lui qu'on y représente fuyant.

' Ce plan se trouve dans le manuscrit que j'ai remis au roi Louis XVI, en 1778.

(Note de M. le chevalier Gentil.)

(2) Fête de l'anniversaire de l'avènement au trône.

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victoire. Il donna à Mohammed-Àmin-Khan , le gouvernement des provinces de Moultan et de Mouradabad. Ce même jour l'empereur envoya à Nizam-oul-Moulouk une cassette remplie de bijoux, et le nomma ensuite gouverneur des six provinces du Dékhan. Sadet-Khan fut fait huit Azari.

Mohammed-Amin-Khan mourut. L'empereur envoya le même jour à son fils Kamouroudiu- Khan, deux cents corbeilles de pain; la coutume étant de ne point préparer à manger dans la maison d'un mort.

Cinq jours après, Kandouran, à qui Mohammed-Chah avait aussi donné le nom de d'Amir* oul-Oumrah, eut ordre d'aller prendre Kamouroudin-Khan , et de le conduire au palais.

L'empereur après lui avoir donné le kelette de condoléance , le nomma vézyr, et lui accorda le titre d'£tmadou-DauIah*

« Les Radjepouts, toujours attentifs à saisir les moments de troubles, se jettent sur les provinces ; ils enlèvent celle de Malva dans une campagne'. L'année suivante, ils s'emparèrent de celle de Guzerate, et poussèrent leurs progrès jusqu'à Gualyar dans le soubah d'Agra, peu disant de celui Delhi. Ils s'attendaient à y rencontrer une vigoureuse opposition de la part d'une nouvelle armée mogole commandée par Kandouran. Mais ce lâche général n'osant

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les combattre , acheta la paix aux conditions de leur payer le tchout ( quart de revenu ) pour le soubah d'Agra, qu il était venu défendre. Cette faiblesse les enhardit à demander le tchout de tout l'empire, et pour appuyer leurs prétentions , ils marchent vers Delhi. Mohammed-Chah leur oppose une autre armée, commandée par le vézyr Kamouroudin-KJban. Après plusieurs combats , où les Radjeponts sont toujours vainqueurs, le vézyr soumet l'empire à payer ce tribut. »

Un coup si sensible , frappé presque aux portes de la capitale , réveilla l'empereur de sa léthargie. Il vit tout à-la-fois les maux dont il était atteint , et ceux qui le menaçaient encore ; maïs il ne trouvait personne pour y remédier. La nécessité le contraignit à faire de fortes instances à M izam-oul-M oulouk , de se rendre à Delhi , pour se charger de la suprême administration des affaires (i).

Nizam-oul-Moulouk , se rendit du Dékhan à la cour en 1721. Kamouroudin-Rhan et Kandouran, vont au devant de lui, près de Delhi, et le conduisent au palais. Il y fait un nazer de mille roupies d'or et d'autant d'argent. Il reçoit le kelette , un sabre et un poignard. 11

(1) Tableau religieux et politique de l'Indoustan, par M. C.

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baise ensuite le bas du trône où était l'empereur. Quelques jours après , Wizam est nommé vézyr. Il présente à l'empereur ses deux fils , Amad- Khan et Ghazied-Din-Rhan. Sadet-Khan fut nommé gouverneur.

Nîzam , étant parti pour le Gouzerat , dont il avait eu le gouvernement, laisse Ghazied-Dîn- Rhan à Delhi pour y gérer en son absence les affaires du vézyriat.

Sur la nouvelle que Mahmoud-Khan, Patane, s'était emparé du trône de Perse , après avoir fait mourir sultan Houssein , et que son fils Chah- Thamas, échappé des mains de l'usurpateur, rassemblait des troupes, l'empereur ordonna de mettre ses tentes dehors pour marcher de ce côté.

Nizain-oui-Moulouk , après avoir établi Avaner- Kliaii , gouverneur du Dékhan , marche contre Dost-Mohammed-Khan , créature des deux frères (i), qui s'était emparé de plusieurs sircars de la province de Malva , et l'oblige à prendre la fuite. Enfermé dans le fort de Bopalgar , ce seigneur obtient sa grâce du grand vézyr et rend la place.

Ghazied-Din-Rhan est nommé second vézyr , pour vaquer aux affaires en l'absence de son père. L'empereur , donne ensuite le gouverne-

(i) Assem-Àli-Khan et Houssein-Ali-Kfaan , dont on a parlé.

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ment des provinces du Dékhan à Abdoul-Maboub-Khan, et fait écrire à tous les gouverneurs particuliers, ainsi qu'à Saoun, chef des Marattes , de lui obéir.

Nizam-oul-Moulouk , mécontent de ce que Mohammed-Chah , avait disposé pour un autre de ce gouvernement, projette de s'y rendre. L'empereur l'ayant appris , pour l'engager à venir à la cour , il lui envoya le kelete par Kamouroudin-Khan et Kaudouran. Ayant été présenté à ce monarque, ce prince lui donna une bague, le kelete et uu éléphant. Ce vézyr en reprenant le timon des affaires , voulant rétablir l'administration sur le pied où elle était sous le règne d'Àurengzeb , rencontra beaucoup d'obstacles de la part des courtisans , secondés par la faiblessede l'empereur. Un fils de la nourrice de ce prince, ayant gagné son esprit, fit, avec de l'argent , échouer tous ses projets qui , jusque-là , avaient la gloire de l'empire pour but. Nizam fait inutilement de vives représentations.

Chah-Tharaas écrit à l'empereur , pour lui jdemander du secours contre Mahmoud-Khan , qui, après avoir fait mourir sultan Houssein son père, s'était emparé d'Ispahan , et avait pris le titre de roi de Perse.

Nizam propose dans le conseil : i 9 de ne point donner à ferme le kolsa de l'empereur (terres attachées à sa personne) ; a° de lever le

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tribut djézia ; 3° de fournir à Chah-Thamas , tous les secours dont il avait besoin , en reconnaissance de ceux que la Perse avait donnés à Oumayoun, l'un des prédécesseurs de l'empereur, pour remonter sur le trône de l'Indoustan (i). Mohammed-Chah lui demanda quelle était la personne qu'il croyait devoir envoyer au roi de Perse. Celui , répondit Nizam , que vous croirez le plus capable de remplir cette mission ; et je suis prêt à y aller si vous me l'ordonnez. L'empereur, ayant demandé du temps' pour réfléchir, consulta plusieurs seigneurs. Ceux-ci noircirent le grand vézyr dans son esprit. Depuis ce moment, Téloignement de ce prince pour Nizam augmenta tous les jours. Les Oumrahs, jaloux de son crédit , ne cessèrent de contrarier ses projets, de décrier ses plans, ses maximes sévères , et de le tourner en ridicule. Ils poussèrent les choses au point de l'insulter en présence de ce monarque. Indigné de ce traitement outrageant, le vézyr se retira de la cour sous prétexte de chasser. Il écrivit ensuite à Mohammed Chah , que deux de ses provinces s'étant révoltées , il le priait d'agréer qu'il allât les soumettre. L'empereur, en acquiesçant à sa demande, lui

(1) Voyez dans les notes historiques sur les souverains de rindoustan , à la fin de l'ouvrage , celle qui concerne Oumayoun et Chir-Chah.

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donne le keletteet le titre de sated-jangue. Nizam part. Arrivé à Ayedérabad , il apprend que Moubares-Khan marchait sur Aurengabad pour s'en emparer , tandis qu'à Delhi, son fils Ghazied- Din-Khan, venait. d'être privé de la charge de second vézyr, et queKamouroudin-Kbanavait été nommé à sa place. Ayant pressé sa marche, il écrit des bords du Nerbida à Moubares-Khan , de venir le joindre. Il lui écrit encore d' Aurengabad pour l'exhorter à rentrer dans le devoir. Moubares-Khan, soutenu à la cour par le fils de la nourrice , au lieu de répondre , marche contre lui, et vient camper sur les bords du Pourna, près de Chokerkera. Nizam l'ayant rencontré 9e dispose aussitôt à l'attaquer. Mais auparavant , il lui envoya une personne de confiance pour l'exhorter encore à la paix. Ce fut inutilement. Moubares-Khan passe un petit ruisseau et vient attaquer Nizam. On se bat depuis le matin jusqu'à trois heures après midi. Point d'espérance pour Nizam. Toutes ses troupes prennent la fuite. Il ne lui restait plus que deux mille cavaliers , lorsque Déanat-Khan , divan réformé ,

resté avec les bagages , se présente avec soixante cavaliers, seulement, au-devant des fuyards, et menaçant de les exterminer , il les ramène à la charge. Deux des fils de Moubares-Khan sont tués. A cette vue leur tendre père fond comme un furieux sur Nizam , et tombe mort d'un coup

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de feu. lie rusé Nizam fait aussitôt battre le naubot. Ce bruit fait croire à Farinée ennemie qu'elle est vaincue; elle prend aussitôt la fuite; la victoire est complète. Nizam ne perdit que trois de ses officiers et mille cavaliers 9 tandis que ses ennemis perdirent vingt-cinq officiers de marque et quatre mille cavaliers.

Le vézyr demeura quatre jours sur le champ de bataille, pour panser les blessés et faire enterrer les morts. Il marcha ensuite contre Sou* dal-Khan , eunuque de Moubares-Khan , qui avait fait reconnaître pour gouverneur un des fils de ce dernier 9 et avait levé des troupes pour le soutenir.

Kassem- Ali-Khan que Nizam avait envoyé pour prendre Ayedérabad est tué. Anaverdi-Kban , qui le remplace répare cette perte , et prend cette ville où il fait prisonnier le fils de Moubares- Khan. Il soumet tout le pays jusqu'aux quatre sirkars de Kikokal.

Nizaro-oul-Moulouk (i) reçut peu de temps après le kelette de l'empereur, et le titre d'assefdja (a). Ce titre est une dignité supérieure à celle de vézir , et n'est jamais conférée qu'ex* traordinairement dans un temps de crise à un

(i) Cefai que nous avons nommé Nizam et Nizam-oul- Mouknik , est le même seigneur.

(a) Ce titre àçp&z: Ministre quitter* la place de Salomto*.

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