‹ Mémoires sur l'Indoustan, ou Empire MogolChapitre 24 sur 51 · CHAPITRE III. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. i

PREMIERS PARTJEi i

Ptôcis historique st& le Bengale, et la conquête de te riche pays i par les Anglais en 1*]$*] et 1764. Guerre des Anglais et de Kassem- Afy-Khan. Mort de Gùurgin-Khan f minis&e de ce prince. Mort des frères Djagarset.

Assassinat des prisonniers anglais, par ordre de Kassem. Conduite courageuse du colonel • Gentil pour sauver ces 'malheureux. Détrôneïnent et fuite de Kassem.

Le Bengale.

Le Bengale était une des plus grandes fmyvîocqs du vaste empire Mogol. Il avait ddnt $a longueur depuis Tohat - Kabduder , jusqu'à Itari , 443 cosses , et dans sa fau-getir, depu** lèfr *nontague$ &j gi*d, jusqu'à Madaran, i*o

cosses.

XI (ftait borné à l'est, par la itter et le pàj* de Béali, à l'ouest par le Soubah de fiéar, aè nord par la chaîne des montagnes du pays d'Asseui qui voq* jusqu'au Ihibet, et qu'o*

ig4 -M&flfOIRES

appelle Coumahou; au sud, par la mer et la chaîne de montagnes qui séparent le Ratek du Barar.

Ce pays s'appelait anciennement Bangue , du nom d'un descendant dé Noë. Lorsque les Mogols s'en furent rendus maîtres, Us firent construire des élévations de terres en quarré et entourées d'un mur de briques, pour se mettre à l'abri de l'humidité. Ces sortes de quarrés en langue persane se nomment ai :

c'est de bangue et al que lui est venu le nom qu'on lui donne aujourd'hui, Banguala> Bengale. .,

Il est arrosé par une quantité de rivières et de ruisseaux. Le fleuve du Gange est, sans contredit , le plus grand des fleuves de l'Indoustan , tant par la grandeur de son lit, qui, dans différents endroits, a plus d'une lieue de large, que par son vaste cours , qu'on dit de plus de deux milles cosses, et par la grande vénération que. lui portent les Indotrs. Il prend sa source, à ce qu'on prétend, au pied du Mortt Pàtanbak, frontière de Tatarie, d'où il vient , après avoir serpenté autour d'autres . montagnes , au pied de celles de Coumahou, et de ces dernières , à Atdouar, à Garmouktesser, à Matra, à Faroufcabad, à Canoudje, soubah de Delhi, à Eléabad, à Bénarès, soubah d'Eléabad , à Patna , à Mounguer, soubah de Béar, d'où il entre par les

SUR L 1HDOUST4.H. ig5

monts de Sagregali , dans le Bengale où il finit par former trois embouchures à Djatgaounbonder ? avant -de mêler ses eaux avec celles de la mer. On nomme Badanti l'embouchure du milieu, Sarsi celle du nord, et celle du sud, Djounagonge ou Tourbati.

On prétend qull reçoit dans son cours, depuis Ardouar jusqu'à Patna, soixante - douze rivières.

Les terres extrêmement basses et humides y produisent du riz en si grande abondance, qu'on en fournit à tous les vaisseaux qui j abordent. C'est aussi une branche de commerce de la cote Coromandel. On y récolte pareillement de l'orge, mais peu de froment

Ce soubah avait, comme aujourd'hui, le commerce le plus étendu de la presqu'île. On y aborde de toutes les parties du monde. Les Français, les Anglais, les Hollandais, les Danois, les Portugais, y ont des comptoirs. Ces nations transportaient en Europe toutes sortes de toiles, mousselines , telles que la nensouque, connue dans l'idiome du Bengale sous la dénomination de noyanesouk (i) , dont le tissu se fait avec un fil

(i) « La dextérité des Bengalis ne se porte pas seulement sur la fabrication de ces belles mousselines: on reconnaît encore leur adresse étonnante à faire des reprises dans une pièce de nensouque ou de quelqu'espéce de mousseline qu*

I0Ô MÉMOIRBS

d'unp finewe extrême; la mallemole, laçasse, l^uname^es baffe tas> 1* perkale, les gara ts, les steiixkerques, les soieries , le salpêtre , la gomme, le borax , l'opium , etc. Ces nations envoyaient

ce soit. Une pièce ainsi réparée n'en est pas moins hellc , et . i! n'est pas possible de s'apercevoir de la reprise.

« Un subrécargue entendit dire à un négociant , qu'une pièce de mousseline était toujours exempte de tout défaut, et qiie, quand même elle se trouverait coupée par accident ou volontairement , elle ne serait pas pour cela réputée avariée. Surpris de ce propos, le subrécargue demanda comment une nensoaque déchirée pouvait être admise. Vous pouvez vous en convaincre par vous-même , répondit. le négociant; voici une pièce de mousseline intacte, coupez avec vos ciseaux telle partie qu'il vous plaira, et devant vous je la ferai réparer de manière que vous-même , monsieur, ne pourrez re- •connaître l'endroit de la reprise. Piqué de cette plaisanterie , le subrécargue enleva effectivement une large pièce de la nensouque qu'il tenait. Sans se déconcerter. aucunement, le marchand reprend sa pièce , la donne aux Radfougors (ouvriers qui ne s'occupent qu'à faire des reprises) , qui se mirent au travail; au bout de quelques heures, le morceaa coupé fut repris , et la pièce de nensouque se trouva entière et aussi parfaite qu'en sortant de sur le métier du tisserand^ Le subrécargue la visita d'un bout à l'autre avec la plus scrupuleuse attention , ne trouvant aucune différence , il ne savait que croire, et sans les précautions, sans la peine qu'il avait prise de ne pas perdre de vue cette pièce pendant qu'on la réparait, il avoua franchement qull ne serait pas encore persuadé que ce fût la même nensouque qu'on venait de lui faire couper. La patience, l'adresse et la persévérance au travail suffisent pour faire complètement réussir dans ce pays ; cependant nous ne voyons dans a MCMi ff partie de l'Europe d'aussi habiles ouvriers en ce genre. »

SU* l'udocstai.

ati&si tous les ans des aimes en C&mae , wkl îles Manilles, en Perse et en Afrique.

Le commerce intérieur se frit par la màt *W Gange 7 qu'on remonte jusqu'à Oéabad , et «Vin

M. Legoux de Flux, doustan , rapporte ce mit il est possible de porter la nous fait part d'un essai qnll ût au-delà même de ses

« Je demandai , dit ce v meux manufacturier de pièce de cette espèce de mousseline, faire de plus belle pour la finesse, sans es fnae le prix, assarant que je rai en comptera» la pièce me parviendrait. De son côté, il don pour satisfaire complètement à ne pas le presser, parce que, me dit-il, je veux ▼ de manière à vous surprendre

aprèstnea départ de D*cca,mi mois i \ apara rf wi 1777, je reçus à Chandernagor une très-pet le plus grand soin. Elle renfermait la broàée , blanchie et gommée , comme préparer. Cette moametia* émit d*u< travers de six doubles , on voyait encore la cou leur de In peau y et lorsqu'elle rat dépliée, il semblait qu'une vapeur passait devant les yeux. JeJJenvoyai àParîs pour la présenter à maden^lseftede€ondé,<iai,9urprîse de sa parfaite beauté et de son extrême finesse, la montra à plusieurs des plus fa» meux manufacturiers. Tous sont convenus n'avoir jamais va une mousseline aussi parfaitement belle , et ajoutèrent qu'ils n'auraient pas cru possible de nier le coton à on tel degré de incise. •

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