‹ Mémoires sur l'Indoustan, ou Empire MogolChapitre 35 sur 51 · Tome II, page 319, do l'Histoire de l'Inde, ancienne et moderne · texte numérisé non relu

Tome II, page 319, do l'Histoire de l'Inde, ancienne et moderne

SUR L'iUDOUStHR. 337

ils furent assez mal accueillis du sultan. Les envoyés indiens avaient été un objet de curiosité pour la France ; mais la France n'avait pas moins été un objet de curiosité pour eux : ils ne parlaient , à la cour de Tipou , que de la splendeur du royaume qu'ils avaient parcouru , de ses arsenaux, de ses nombreuses armées, de ses manufactures , de ses villes superbes , de son immense population , de la magnificence de la cour de Versailles. Ces récits, plus pompeux encore dans le langage oriental, intéressèrent vivement la cour et le peuple ; mais le sultan ne les entendit qu'avec la plps grande indignation. Il n'aimait des Français que les secours qu'il pouvait en attendre ; du reste , il les confondait dans la haine qu'il avait pour les Européens en général. Tipou avait la prétention d'être un des plus grands monarques du monde ; il n'aimait point à entendre dire qu'il existait dans l'occident du globe, et surtout parmi des chrétiens, une monarchie plus riche et plus florissante que la sienne. Il fit défendre à ses ambassadeurs de parler ainsi de la France; ses ordres n'ayant pas été rigoureusement suivis, et les tableaux de la prospérité des Français se répandant toujours davantage parmi les grands et le peuple , Tipou entra dans une telle fureur , qu'il jura la mort de ses infidèles envoyés. Se promenant un jour à l'écart avec Akbar-Aly-Khan et Mohhammed-

Ospian~Khan , il les fit mettre à mort par le» personnes de sa suite, et fit répandre le bruit qu'ils avaient trahi leur souverain* Ce trait de barbarie répandit la terreur à la dour, où on n'y parla phi$ des richesses des Français, il se présente ici k la pensée un rapprochement qui n'est peut-être pas sans intérêt, c'est qu'au moment où Tipou faisait tuer deux de ses ambassadeurs , pour avoir vanté notre état de prospérité et 4e splendeur , il . s'élevait parmi nous des plaintes séditieuses su* le sort de la France , et la révolution se préparait à détruire les ressources de cet empire , qui réveillaient Venvie jusque dans rindoustan»

sur l'indousta.». 339

Page 1