‹ Mémoires sur l'Indoustan, ou Empire MogolChapitre 36 sur 51 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

M. ffaren Hastings.

iNoes tokt arrivés k l'époque cfu jbrocés de M. Hastfrigà. Si eet ancien gobverneur-igénéfttl du Bengale avait réettetpent été le fléau de vingt millions <iFhomnie$ , le spoliateur de k inère d'un nabab , l'instigateur intéressé d'crn parricide , l'assassin d'un radjah * le petiferbateur du repos de FInde entier 9 - aucune voix né serait assez* infâme pour s'élever- ew sa faveur; ce serait a*$rnenter son déshonneur ^ et! se déshonorer aotmênàe , effet dé ifeet&e teft services en balaaée avec de palette forfait*»

Mais si d'aucune de» contrées qu'on l'accuse d'avoir désolé, H ne &&t pa* élevé in <£i pour seconder ses aceusateoftfe j s» ewc seuls gémissaient à Wesmrnster pour le compte de ces Indiens et de cette compagnie > dofit te sil&nce désavoue énergiquetnent ees prétendus délita j aï eàfiùrfon ne rencontre data* le dédale de tour énonaKv que (fes affirmations Wdies san* pfleiivesiégatas d'aucun genre , qoi en déterminent la eréAibilité ou

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l'imputation contre M. Hastings ; où est l'homme scrupuleux qui ne présumerait l'innocence de celui que tant d'efforts n'ont pu démontrer coupable.

Plus d'une fois l'auguste tribunal qui a prononcé entre ce grand accusé et ses accusateurs, cassa ces dénonciations de la Chambre des Communes, qu'on appelle Impeachment. I/histoire est pleine de ces freins mis par la justice aux projets de l'esprit de parti. Si la constitution anglaise a sagement assuré aux Communes le droit sacré de poursuivre tous les commissaires de l'autorité publique qui manqueraient à leurs devoirs, -elle a aussi prévenu et empêché que l'usage de cette prérogative nécessaire ne devint une arme d'oppression entre les mains d'une cabale conduite par quelques orateurs. Une fois le procès amené devant la Chambre haute, le clinquant des harangues perd son empire ; celui des preuves, des témoignages, des aveux, des faits authentiques , reprend le sien ; et c'est ce qui devait nécessairement arriver dans ce grand procès: l'innocence du gouverneur-général a été reconnue, malgré l'intrigue et l'esprit de parti.

« Pour ce qui regarde la législation orientale, « dit le savant Anquetil Duperron, lorsque j'ai a parlé de l'autorité employée pour la rédaction « du code des Gentoux , j'ai eu en vue la con- « duite constante des Anglais dans l'Inde , res-

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« pectant toujours X homme rare chargé en chef « des opérations. Ce qu'il y a de grand dans les « affaires de cette contrée , tant que M. Hastings « y a commandé , est de lui ; les procédés in- « justes tiennent au génie de l'administration an- « glaise , et sans vouloir se dessaisir de ce qu'elle « doit aux vues profondes et étendues du gou- « verneur-général du Bengale, sa nation lui fait « elle-même son procès ! L'Europe lira de cette « procédure, comme elle a ri du rappel de M- Du- « pleix. Renoncez, dira-t-on, aux domaines qu'il « vous a acquis ; rendez au fer et au feu les co- « lonies florissantes qu'il a sauvées , ou éleveza lui des statues. Dupleix est mort pauvre , sans « éloge funèbre , ignoré : les Anglais n'ont qu'un « homme à lui opposer, Hastings, et ils cher- <r chent à le flétrir! Les nations ne l'instruisent

« donc pas! » (i).

Admis à la plus intime confidence du nababvézyr Choudja-a-ed-Doulah, qui joue un si grand rôle dans ce procès , j'ai été le témoin de la plupart de ses opérations, et à même d'être profondément instruit de là politique des Anglais et de toutes les énormités qu'on leur a reprochées, et cela pendant un séjour de 26 ans dans llnde , dont douze à la cour du nabab-vézyr.

(1) Tome II de la Description géographique et historique de l'Inde (année 1787); a* partie , pages 56a, 563. k .

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Mon témoignage ne peut être suspect. Cérame Français, j'ai toujours été l'ennemi de la nation anglaise , et j'ai fait dans l'Inde tous mes efforts pour diminuer son crédit et sa puissance, M. HastiugB ne l'ignorait pas; c'est pourquoi, d'après lés ordres qu'il reçut de Londres , il fit tous se» effort* pour me séparer du nabab-*ézyr. Ce prince qui minorait de spn estime y et, je puis le dire , de son amitié et de toute sa confiance t éluda toujours les- demandes réitérées des Àp~ glafc. Elles forent renouvelées à sa mort ( en *77&) auprès de se» fils Àssef-edUDopiah , qui, ne pouvant se passer de l'appui de cette nabon puissante, m'engagea à prendre mon congé. Je me retirai alors de cette cour sans, malgré la promesse de M. Hastings , avoir pu toucher les quatre-vingt mille 1 francs du traitement qui m'était dû pour la précédente année. Loin d'en vouloir à M. Hastings , dans cotte circonstance, je n?sâ vu en lui qu'un homme d'état , remplis* sant les devoirs de* sa placç et digne de l'estime de ses amis et de ses ennemis.

Plusieurs années après mon retour en Europe, ayant eu connaissance de l'accusation odieuse intentée contre lui , je crus devoir publier mon opinion sur l'injustice de cette accusation que je prouvai par ma lettre du 5 octobre 1787, Ses euttemia m'ayant répondu , je répliquai de manière à les convaincre en prouvant l'atrocité de»

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reproches qu'on lui adressait sur sa conduite vis-à-vis de la mère du nabab ; je le justifiai par des faîtfr sur sa conduite envers Kandkautta* que l'on qualifiait de prince dans l'Inde. Il Tétait comme en Europe bien des gens sont marquis, comtes , barons , et n'ont d'autres titres que ïeûç effronterie et la patience de leurs concitoyens. On accusait M. Hastings d'avoir eu dps procédé* inhumains pour Tchetsingne en exigeant de lui une forte contribution. Je prouvai la faussée du premier reproche , et en même temps qu'A avait le droit d'exiger de lui un surcroît de contribution dans la détresse où se trouvait le trésor de l'administration anglaise , sur-tout d'après les richesses connues de ce zamindar (et non pas souverain comme on l'a dit ) , et le* bienfaits dont cette administration l'avait comblé. Enfin je crois l'avoir complètement justifié du reproche de s'être joint à Choudja-â-ed-Doulah pour s'emparer des possessions des Rohilahs, puisque M. Hastings ne fit qu'exécuter le traité qui liait la compagnie anglaise avec ce prince, et qu'au lieu de blâmer ce gouVerneur-général , on devait le louer d'avoir contribué à la destruction d'un peuple dont les chefs se distinguaient par leur barbarie et leur infidélité dans leurs engagements (r); et

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(i) Voyes dans l'histoire de Choudja-a-ed-Doulah, de* détails sur la campagne de ce prince contre les Rohilahs*, et

persuadé que cette réplique pouvait être utile à M. Hasting* , je lui donnai la plus grande publicité. Le jugement prononcé en faveur de cet il-

leur débile le *3 avril 1774* Les Anglais, qui seraient comme auxiliaires, lai donnent le nom de bataille Saint- George. Elle fat livrée, suivant la relation anglaise ,près du vflfage de Kutterah; et suivant le colonel Gentil, entre Btipowr et PipelL

Tandis que le colonel Gentil » répliquant aux accusateurs de M. Hastings en 1788 , retraçait les causes de la destruction de l'empire des Bohilahs en 1774 9 Gholam Qadyr* antre chef rohilah, s'annonçait comme leur digne héritier* en enchérissant sur les atrocités qu'on leur reprochait Après avoir succédé à son père Zabitah-Khan, dans le gouvernement de Sahranguepour , le premier acte d'autorité de ce* jeune homme présomptueux et féroce , fut de chasser un de ses oncles , vieiUardrespectable par sa naissance et ses mœurs exemplaires , et de le dépouiller entièrement. Avec les richesses que ce crime lui avait procurées , il leva une armée qu'il fit marcher contre l'empereur Chah-Alem II , son souverain, qu'il força à le nommer Emyr-oul-Oumrah , généralissime des troupes impériales. Trahissant ensuite les devoirs que cette dignité lui imposait, il déposa cet empereur à qui il venait de jurer fidélité ; et mettant le comble aux malheurs de ce prince, après l'avoir long -temps abreuvé d'outrages, le xo août 1788, cinq Kohilahs traitant de la manière la plus cruelle plusieurs fils de Chah-AJejn en sa présence , celui-ci ne put s'empêcher de s'écrier dans l'excès de sa douleur : Traître , épargne au moins un pareil spectacle aux yeux et un- père! Ce montre ordonne aussitôt aux exécuteurs do sa barbarie de renverser par terre le malheureux monarque : ils obéissent et se posent fortement à genoux sur sa poitrine, tandis que le féroce Gholam arrache les deux yôux de son roi avec la pointe de son poignard.

La justice divine ne permit pas qu'un crime aussi atroce

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lustre accusé a justifié mon opinion; avant le jugement il nous en fit témoigner sa satisfaction (1).

La compagnie anglaise des Indes qui était trèséloignée de le croire coupable, déploya toute son influence pour que justice lui fut rendue. Lorsque M. Hastings fut acquitté , elle paya tous les frais immenses de ce procès qui dura sept années , et lui fit une pension de cinq mille livres sterlings ( environ 1 20,000 francs ). Ce respectable gouverneur-général en jouit jusqu'en *8i8 qu'il mourut, le m août, dans sa terre de Worcestershirè à l'âge de 86 ans.

Les habitants de Calcutta , capitale actuelle des établissements anglais dans Flnde , ville qui lui doit une partie de sa splendeur, ont voulu payer à sa mémoire un juste tribut de reconnaissance en érigeant une statue en son honneur.

restât long-temps impuni. Mahdji-Scindia , souverain maratte ordonna à un de ses généraux, Ranah-Khan, de chasser Gholam de Delhi , et de replacer Chah-Àlem sur le irône. Ce qui fut exécuté la même année. Les vainqueurs ne s'arrêtèrent pas là , ils s'emparèrent des états de Gholam et de sa personne. Ils renfermèrent ensuite dans une cage de fer construite exprès , qu'on suspendit à l'entrée du camp. Ensuite on lui coupa les oreilles, le nez , les bras et les pieds. Le général maratte l'envoya ainsi mutilé à Delhi où il eut le honneur de ne pas arriver, car il mourut à moitié chemin. (i)Cestici que se termine le récit du colonel Gentil.

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