RAZIA
Razia monts sur le trône, remporte plusieurs victoires sur des sujets révoltés. EUè est détrônée par un de ses frères. Sa mort.
Razia était sœur de Rouknoudin et fille de Chamchéoùdin«AltamacIi (i). Son père avait souvent fait l'éloge de cette princesse aux grands de sa cour , et leur avait ordonné d'en faire leur
(i) Chamchéoudin se nommait AUamach parce qu'il était né la%uit d'une éclipse de lune , que les turcs nomment ainsi Il était fils d'Isoum-Khan , qui, selon quelques historiens, avait été roi de la Turkomanie. Étant encore enfant, il fut vendu avec un autre à des marchands, qui les menèrent à Ghazenari, et les présentèrent à Chah-Boudin-Ghori qui leur en offrit mille dinars. Leurs maîtres ne voulurent pas les donner pour ce prix \ cependant ne pouvant en avoir deux mille % ils revinrent. Kouttou~Boudin~Àbequi (prédécesseur de Chamchéoudin), demanda permission à Chah-Boudin-
sur l'indoustan. 347
souveraine après sa morts , son fils Rouknoudii* 11 9 ayant que de mauvaises inclinations <jui de* vaient le leur faire regarder comme indigne du troue (1).
Aussitôt qu'elle fat reconnue reine en 12 36, elle rétablit la majesté de l'empire que son frère avait avili. Elle rendit la justice à ses peuples avec exactitude , soulagea ses sujets par ses remises et ses largesses , et soumit par la force dés armes ceux qui lui refusèrent obéissance» Razia au comble de h gloire , après avoir rem-
Gliori , de les acheter. Le roi la lui refusa. En prenant congé de ee prince, il laissa un de ces gens qui les acheta, et ks lui envoya dans* llnde pendant qu'il faisait des conquêtes jusqu'à Oudjem , soubah de Malvau Kouttou-Jtoudin adopta Chamchéoudin , lui donna sa fille en mariage , et le nomma gouverneur de Gualyar.
Après la mort de Kouttou- Boudin, Chamchéoudin lut succéda en lan.
(1) Rouknoudin-Fimu*e-Chah , fils aîné de Chamchéoudin lui succéda.
Ce prince s'adonna si fort aux femmes' et au jeu , qu'il abandonna le gouvernement de ses états à sa mère Ch*tou*~ Khan. Elle s'en acquitta avec succès ; mais la jalousie qu'elle avait eue précédemment des autres femmes du feu roi, ayant excité de nouveau la haine qu'elle leur portait , elle les fît toutes mourir, ainsi que ceux de leurs enfants dont elle put s'emparer- jCette cruauté imita les grands contre elle et contre son fils qui y avait donné les mains. Il fut détrôné et mis en prison avec sa mère. Ils y moururent en ia36 x Ce prince n'avait alors que vingt ans , et son régné fut de six moi tiagt«îx jours.
porté plusieurs victoires sur des sujets révoltés f s'appliqua encore plus à faire le bonheur de ses peuples.
Un gouvernement sans constitution fixe , sans lois fondamentales, est aussi chancelant qu'une colonne sans base. Dans une nation où l'intrigue d'un ambitieux suffit pour armer le bras du militaire contre son maître, où ce maître est tout, où les premiers sujets ne sont que ce qu'il lui plaît , il n'existe point de sûreté pour le prince , point d'état civil , point de rangs inamovibles , point de prérogatives durables. Qu'est-ce que la noblesse dans un état despotique? Au moment où la faveur l'abandonne , elle rentre dans l'oubli , d'où sortent les nouveaux •affranchis , que le jour, la fantaisie ou le caprice du maître élèvent aux premiers emplois. Ceux-ci s'occupent uniquement de leur fortune, et, pour se maintenir dans la faveur , il ne s'agit que de caresser les passions d'un maître ambitieux ou indolent, ou trop confiant, toujours trop facile à tromper. Ils s'embarrassent très-peu du malheur de leurs égaux ou de leurs inférieurs. Des hommes avilis, et destinés également à ramper , ne sont pas jaloux de mériter le suffrage d'une nation qui ne peut rien , et dont ils peuvent étouffer les soupirs. Ainsi sous le despotisme , le peuple est successivement la proie des hommes en place ignorants et pervers , qui se l'arrachent tour-à-tour
et lui font des plaies profondes. Le règne de Razia est la preuve de cette vérité.
Revenue à Delhi , où elle croyait jouir de la paix et rendre heureux son peuple , cette princesse apprit en 1239 qu'Aezeoudin-Yare, qu'elle avait vaincu quelques années auparavant, revenu àLahor,yrassemblait de nouvelles troupes- Razia, sans perdre de temps , marche contre lui. Surpris d'une marche aussi prompte , à laquelle il ne s'attendait pas , Aezeoudin se soumit et fut rétabli dans son gouvernement de Lahor. "
Cette princesse voulut se rendre ensuite à Batenda, mais, pendant la route , les seigneurs de la nation turke se révoltèrent , la mirent en prison , firent mourir son favori Djamaloudin-Yakout , Abyssin , et placèrent sur le trône Béram- Chah, fils de Chamchéoudin , échappé à la cruauté de Cha tour-Khan, sa belle-mère (1). Ces seigneurs conduisirent de suite leur nouveau souverain à Delhi dont ils s'emparèrent.
Pendant qu'ils se rendaient maîtres de cette capitale, Mdek-Ëktéaroudin-Altormia , gouverneur de Batenda , où Razia avait été laissée , tira cette princesse de prison, l'épousa, leva des troupes, et à la tête d'une armée la conduisit contre Béram-Chah. Celui-ci vint à leur rencontre , leur donna bataille près de Kaital , situé entre Kamal et Tanesser, et les défit.
(x) Voye* la note précédente.
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Razia et Éktéaroudin, pris dans leur fuite, forent conduits devant Béram -Chah , qui leur fit tranther la tête en 638 de l'hégire ( t 240—41 de Jésus-Christ ).
Le. règne de cette princesse qui méritait un meilleur sort , fut de trois ans et six mois. Son frère fut précipité du trône après un règne encore plus court que le sien (r). L'adnrmistration ne put manquer d'être orageuse dan» un gouvernement contre nature. Mais ce n'est ordfeai-
( r) Monieaéoudm-Béra»-Ch*h ,por fa victoire qu'il venait ée remporter sur sa sœur, se rendît maître de l'empire ; mais en 1*4* , Tschin-Ghis-Khan envoya ses lieutenants faire la conquête du pays de Lahor. Béram-Chah fît marcher son vézyr Nijam-oul-Motriouk , pour les chasser et s'opposer à leurs progrès, Ce ministre r au fieu de les attaquer , se lia avec eux. Ce traître écirvit à Béram-Chah , que l'armée ne voulant pas suivre ses ordres , il ne pouvait les repousser. Ce prince lui répondit de faire la meilleure paix' possible, de revenir ensuite â Delhi , et qu'il punirait les coupables*
Nbam-onl-Moulouk , à (a réception , de cette lettre assembla ses officiers, et leur apprit le sort que Béram-Chah leur préparait. Alors ils se donnèrent à lui. Ntzam les fit marcher contre leur souverain qu'A prit et fit mourir en ia4*. Son» règne fut de deux ans et six mois.
Le véayr fit monter sur le trône Ezzoudin-Balban, grand seigneur de la cour. Mais les autres grands , mécontents de cette élévation , tirèrent de prison sultan Elaoudin-Nktfsaotfd- Chah , fils de Rouknoudiu~FiroU£e-Chah et le placèrent sur le trône cette même année.
Ce prince, fit mourir l'infidèle ministre qui avait trahi sou oncle.
sur l'indoustak. 35i
rement ni l'incapacité , ni les plaintes publiques, ni les crimes mêmes qui font déplacer les ministres, et tomber les favoris en disgrâce. Ce sont ou les caprices du maître, ou la révolution. qui le précipite du trône dans la poussière ; ce qui précède, ainsi que le règne de Béram-Cbah , nous offrent la preuve de cette vérité, puisqu'il périt victime de la trahison de son ministre.
Les roupies de Razia portaient cette inscription : V élite des femmes , la reine du monde , la reine Razia, fille de Chamchéoudin-Altamach; au revers : Frappée dans la ville de Delhi, hè~ ^£re634; du règne I* ( en iî36 ).
Une femme du sang royal qui monte sur le trône par son mérite personnel au préjudice de ses frères, dont l'un lut précipité avant son avènement, est un phénomène dans trrr état despotique gouverné par le Koran. On sait que Mahomet prive non-seulement Tes femmes de toute autorité , mais encore qu'il exige d'elles la plus gra n de soumission , et qu'il les traite comme des victimes destinées à satisfaire les goûts et les passions des hommes qui en sont presque toujours les tyrans.
Razia sur le trône , où elle ne fit que paraître, justifia la bonne opinion de son père qui Fen avait jugée digne, et sur un trône moins orageux Mite des femmes eut fait long-temps le bonheur de ses peuples.
35a MÉMOIRES
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NOURDJÉHAM-BÉGOM.
Nourdjéham-Bêgom , épousefavorite de Djihanguyr. Ascendant qu'elle prend sur ce prince. Monnaies zodiacales. Découverte de V essence de roses.
JN ouRiwnÉH am était fille d'Etma-Doulah , vézir de Djihanguyr. Elle avait épousé un Patane, gouverneur de province. L'empereur, l'ayant vue en 1019 de l'hégire ( 1610 — 11), fut tellement épris de ses charmes et de sa bonté , qu'il résolut de l'épouser. N'ayant pu obtenir de son époux, qu'il répudiât une femme qu'il adorait, ce prince sus* cita contre le Patane les peuples qu'il gouvernait, et le fit tuer dans cette guerre civile, de la même manière que David fit périr Urie. C'est pourquoi on nommait aussi Nourjéham la Bethzabée de llndoustan.
Nourdjéham prit par la suite un tel empire sur l'esprit de l'empereur , qu'il lui abandonna le pouvoir souverain dont elle jouit pendant six mois, en joai de l'hégire ( 161 a — 13). Elle prit alors le nom de Padischah, et en remplit toutes
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les fonctions. C'est alors seulement, c'ett-àrdire la septième année du règne de Djihanguyr qu'elle fit battre monnaie* Les pièces qu'elle fit frapper portaient d'un ceté cette inscription ; Par /!ojv j/tv tfc roi Djihanguyr > cette pièce a trouvé cent grâces avec le nom de la Bégam^Nourdjâham reine (i); et de l'autre r Frappée dw\$ la ville d'Agra, Van iofci de F hégire, du règne I er .
Cette princesse ne jouit pas long-temps 4e l'autorité dont elle était si jalouse* Le prince Kouroum (s) y fils de Djihanguyr , les antres princes et les grands , mécontents et farieu* d'obéir à une femme * adressèrent de si vires représentations que l'empereur lui retira toute autorité an bout de six mois , et reprit les rênes du gouvernement.
Cet abandon de l'autorité royale , en faveur de cette princesse, avait d'autant plus, étoané les grands, que Djihanguyr s'en. jetait pfeiffgtro fois montré très-jaloux, freine via-à-vi* de Noondjéhana; en Toici un exemple;
Quelques temps avant qu'il lui sertît Je pourvoir souverain, Chaëfr'&hant frère de ^urdgéham, envoya, à trois heures après laimièi, dtafcner avis à sa sœur que sa femme venait d'accouché? d'an
w»iaii ■■ ! ip i ni. i » >« il » t i<i (J ; )M
(i) SurqwJqaes-unes 4e«*l>iàc«ft Pa iiwti P*ïdfljfch<««h
pereur). ,
(a) Kouroum qui succéda jk Djihanguyr, sous le nom de
Chak-Djikin;
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fils. Cette princesse prit sur elle de faire battre le naubot , ne voulant point troubler le sommeil de l'empereur pour lui en demander la permission. L'empereur se réveille au bruit, appelle ses gardes, leur demande la cause de ce qu'il entendait. On va aussitôt aux informations , et on lui rapporte que Nourdjéham-Bégom ayant reçu la nouvelle qu'il était né un filsàChaës^Khanson frère, elle avait ordonné de battre le naubot en réjouissance. L'empereur , irrité , donna aussitôt l'ordre barbare de prendre l'enfant, de le porter sur la place du palais , et de lui trancher la tête. L'officier chargé de l'exécution de cet ordre , avertit Nourdjéham. Cette princesse mit tout en usage pour obtenir la grâce de l'enfant. Elle se couvre de ses habits de deuil , et , fondant en larmes , vient se jeter aux pieds de Djihanguyr. Ce prince en colère lui demanda la raison qui l'avait engagée à permettre de battre le naubot sans ses ordres. Ignorez-vous , lui dit-il , que je n'ai jamais rien cédé de mon autorité à qui que ce soit; je vous ai donné mon cœur et tout ce que vous m 9 avez demandé , mais jamais rien de mon autorité ni de ma puissance. Je veux faire un exent pie. A ces mots y Nourdjéham, par ses cris et ses sanglots, le pressa si vivement, qu'enfin elle obtint de l'empereur la vie de cet enfant.
Par la suite , ce prince entièrement livré au vin et à ses plaisirs , lui abandonna le pouvoir dont elle ne jouit pas long-temps»
SUR L llfDOUSTAW. 355
Tavernier et Moreri sont dans V erreur lorsqu'ils avancent que Nourdjéham-Bégom (1) fit battre par tout l'empire les monnaies aux signes du zodiaque , pendant le court espace de vingtquatre heures qu'elle régna. Ces deux historiens se trompent doublement. Nous allons chercher à le prouver.
Djihanguyr, en montant sur le trône, en i6o5 ( 1014 de l'hégire), suivant l'usage de ses prédécesseurs , fit frapper des pièces de monnaie sur lesquelles on lisait d'un côté : Le favori de la victoire , la lumière de la religion , Mohhammed-Djihanguyr , roi destructeur des infidèles ; et de l'autre : Frappée dans . la ville capitale d'jégr-a. Van \o\l\ de l'hégire* ..
Ces pièces eurent cours jusqu'en 1018 de Fhégire ( 1 609 — 10), époque où Djihanguyr réforma les anciennes monnaies , et ordonna de représenter sur les nouvelles , le signe du zodiaque qui se trouvait, chaque année au jour anniversaire de son avènement au trône.
Les mahométans suivent l'année lunaire , et datent tout de l'hégire. L'année lunaire ayant moins de jours que l'année solaire , les saisons , ne tombant jamais les mêmes jours , changent successivement. C'est cette raison gui engagea
(1) Nourdféham, signifie lumière du monde. On l'appelait aussi Nourmahal lumière du palais.
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ce prince à faire frapper à l'avenir , toi» les sus, sur ses monnaies, le signe on se trouvait le sole! le jour anniversaire de son avènement, i *
L'année loift de l'hégire quatrième, de son règne, le soleil s'étant trouvé dans le signe de l'écrevîsse ce même jour anniversaire , on frappa dans tout l'empire la figure de ce signe sur les Monnaies d'or et d'argent. Elles représentaient d'un coté une écre visse, et de l'autre l'inscription suivante : L"or a trouvé de V embellissement 'dans Agrâ par t empereur Djihatiguyr , fUe de l'empereur jéAbar, tan de f hégire io\ S etdu\règne k quatrième. A
«■ Voici le tableau représentant lès noms des signes qui furent frappés depuis 1018 de Fbéghrë (1609*10) ,' jusqu'en 10Î7 (1627-28), époque de la mort de 'ce prince.
SUR V.IItDtOOSTAN. 357
MOfltf MES AUX SïGflfÉS tnj ZOtilAQCE
FKAPPEÉS DEPUIS 10l8 JUSQU'EIf lo} 9 ] DE l'h£CI&S.
àNNÉBS DÉSI^«ATiOCf
Os frappait «tomate éam plan de dans Mats Wlfea ; teUe tilt la nom 4e la diffifoaaee daapièoaa tepçiùê dta* cet «tvpwe»
Nous avons djt piyteédenraieçt que. les pièces de monnaie que Nourdjéham fit frapper pendant ses six mois du régne en ioai de l'hegire, lie portaient pas l'empreinte des signes du zodiaque. Cette année était la septième du règne *de Djihanguyr, et la troisième depuis la substitution faite par l'empereur des monnaies zodiacales aux anciennes, frappées en ioi4 de l'hégire et qui eurent cours jusqu'en 101 8 (i).
Quant aux monnaies zodiacales qui portent le nom de cette princesse , nul doute que Djihanguyr , dans ces moment où la passion ne sait rien refuser , n'ait consenti , et même désiré que le nom de cette princesse fut placé sur quelques-unes de ces nouvelles monnaies , soit pour éterniser son nom , soit qu'elle ait elle-même sollicité cette faveur pour maintenir son crédit dans l'empire, et en imposer davantage aux grands qui cherchaient à le détruire (a).
(i) Les dates ici sont précieuses, voilà pourquoi nous avons réuni dans l'historique de ces monnaies l'ère de l'hégire avec Tère chrétienne. Nous voyons par cette histoire qu* Djihanguyr ne fut épris des charmes de Nourdjéham qu'en 101 9 de l'hégire j c'est-à-dire, un an après avoir changé le type des monnaies anciennes pour y substituer celui des monnaies zodiacales.
(a) Traduction d'une légende donnée par M. Anquetil Duperron.
Behokm sckah Djihanguyr iaft sad séear, berna* Nourdjéham padeschah beigom tar : c'est-à-dire , par l'ordre du roi
sur l'ihdotjstak. 35g
Ces monnaies n'eurent cours que pendant vingt ans. L'empereur Djihanguyr étant mort en 1037 d e l'hégire (1627), Chah-Djihan son fils et successeur revint à l'ancien usage et réforma les monnaies zodiacales; voilà pourquoi elles sont très-rares.
La passion de Dijhanguyr pour Nourdjéham , l'empêcha de jouir tranquillement du pouvoir souverain. Dès que le sultan Kouroum, après la mort de Khosrou son aîné , eut été reconnu héritier de l'empire , « il fut nommé général des « armées de l'empereur; il soumit les princes du « Dékhan. Mais Nourdjéham, craignant de perdre <c son autorité si l'empereur venait à mourir , « excita des jalousies entre le père et le fils, dans « le dessein d'élever sur le trône Chariar son « gendre. Ces intrigues qui mirent tout l'empire « en feu, obligèrent un fils soumis de prendre « les armes contre un père dont il était aimé. « Cette guerre ébranla le trône, fit de. tout le « pays un théâtre de dévastation et de carnage « pendant l'espace de sept ans (1). »
Djihanguyr, l'or a acquis cent ( degrés d') excellence en (recevant) le nom de Nourdjéham Bégom , roi. On lit en outre frappé à Lahor io35 (i6a5), vingtième année du règne.
Voyez le Zendavesta, ouvrage de Zoroastre, tome i cr ; première partie, discours préliminaire, page CCLX VII.
Voyez aussi le Traité des Monnaies qui circulent chez Tes différents peuples , etc. , par Pierre Frédéric BonneviUe , essayeur du commerce , imprimé en 1806 , p. 207 , a 10, ait.
(1) Histoire de l'Indoustan par M. Gladwin, tome i er .
36o MÉMOIRES
Le règne de l^hanguyr fut aussi l'époque de la découverte de l'esêettce de mm. M, Gladwin F attribue à la mère de Nqurdjéfeam. Noos pea~ som qu'on doit rétribuer au contraire à cette princesse, qm cherchant tous le» moyens de captiver le cœur de son royal amant , le fit baigner avec elle dans un bassin qu'elle avait fait remplit- cf eau de rose ; et que les rayons dm soleil ayant fait surnager Pestencte qu'elle contenait, ceïa donna lieu de faire des essais par ht suite, pour obtenir par des procédés chimiques l'es* sence pure que le hasard venait de procurer.
' >; Noms augmenterons cet article, desTécîto de Iftftf :' Langlès et Le Goux de Flaix , sur ^ette précieuse découverte. Leur sentiment s'accorde avec Celui du colonel Gentil.
«ftoUrdjéhàin-Bégom, dît M. Le Gotix de Flaix, qui de femme de chancelier devint la première épouse de l' empereur , par les charmes et les grâces de son esprit et de sa Égure, était sans ceàse occupée à chercher, dans ses moyens de plaire , le secret de conserver l'ascendant qu'elle avait pris sur son époux. Cette belle persane, imaginait et employait tour à tour tous les genres de dissipation et de plaisirs , pour dominer ce prince faible, volage, voluptueux. Par là, cette princesse , fière et ambitieuse , satisfaisait son désir de gouverner l'état, et préparait la réussite du projet qu'elle avait formé d'assurer à son fils la couronne. Tantôt l'intérieur du harem
SUR L'iïDOtBTIN. 36 1
M transformait en m fbirë , où ksr plus jolies courtisanes de de jieu tenaient, de petites boutiques , remplies de bijouteries et des étoffe» les plus élégantes qui étaient distribuées au sultanes. Une autre fois, on projetait une partie de campagne ou de chasse, on une promenade dans les endroits les plus agréables du voisinage, «ni dans les provinces vpismes. Chaque jour les plaisirs de la veille étaient remplacés par des jouissance* nouvelles* La Bégouna croyant tfmeux plaire encore, imagina de faire baigner l'empe* reur et elle dans de l'eau de rose, bain voluptueux et enchanteur. Elle le prépara dans le bassin du jardin de Lahon Les rayons du soleil faisant évaporer les parties aqueuses de l'eau rose, réunirent ainsi l'essence qu'elle contenait, qui finit par surnager à k superficie de l'eau *n petits flocons. On ne connaissait pas encore cette substance essentielle et précieuse. L'odeur suave qu'elle exhala fut analtsée par des chimistes > qqi l'imitèrent dans leurs laboratoires. On dut donc plutôt à l'ambition qu'à la volupté, un parfum dont le nom seul rappelle cette dernière, et semble en être le synonyme (i). »
« Pour recueillir Tatyr, dit M. Langlès, on expose dans de grands vases , à l'ardeur du soleil ,
(i) Essai historique sur llndoustan. — Tome i, page 189 et suiv.
36a MÉMOIRES
de Peau de rose distillée , qui est connue de toute alncienneté dans l'Orient. De petites bulles semblables à une mousse légère se forment à la su* perficie , et c'est l'essence qu'on recueille en l'épongeant avec du colon. » La plupart des orientalistes donnaient une haute antiquité à cette découverte; M. Langiès<la fixe en 1612. — «La belle et ambitieuse Nourdjéhazn, donnant une fête au monarque son époux, imagina de faire circuler dans les jardins un petit canal reùipU d'eau de rose. Tandis que l'empereur Djihanguyr se promenait avec elle sur le bord de ce canal , ils apperçurent une mousse qui s'était formée
sur l'eau et qui nageait à. la surface Tout le
harem s'accorda à reconnaître cette substance huileuse, pour le parfum le plus délicat connu dans l'Inde. On tâcha d'imiter dans la suite ce qui avait été le produit du hasard et de la nature (i)....„ »
(1) Recherches sur la découverte de l'essence de rose, ptr M. Langlès.
sur ïi*iiri>otJSTÀif. 363
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