‹ Mémoires sur l'Indoustan, ou Empire MogolChapitre 8 sur 51 · MÉMOIRE · texte numérisé non relu

MÉMOIRE

Adelchais et fit de leur royaume une province de Tempire. AbouUasen-Chah, qui en était radjah et son tributaire, s'enfuit à Golconde chez Tane-Cbab. Il fut le dernier des princes Adelchais. En 1690, il assiégea et prit Satara dans le pays des Marattes. En 169a , il s'empara de tons les états de Tane-Chah ^ qui s'enferma dans Golconde. Il prit cette ville Tannée suivante, et mit ce prince en prison. En 1694* après -atoir mis Le bon ordre dans les pays conquis v il donna à son fils ILambakche , le gouvernement de Vizapour et de Béder. Alemguir .mourut dans sa nouvelle ville d'Aurengabad en 1706. De puis, ce temps le Dékhan a toujours été sous la puissance des empereurs Mogols.

Après la mort d'Alemguir, son second fils Azem-Chah, s'étant fait déclarer empereur; marcha vers Delhi. Il laissa Moubares-Khan, gouverneur d'Aurengabad avec cinq mille cavaliers sous le commandement de Mausour-ILha» T et le prince Kambakche son frère, gouverneur de Béder. avec le même nombre de cavaliers.

Il pourvut aussi à la sûreté des autres soubahs.

Bahadour-Chah qui était l'aîné des fils d'Alemguir, ayant vaincu son frère Azem-Chah, vint dans le Dékhan en 1709, pour ne pas laisser augmenter les foires de son autre frère Kambakche qui mourut des suites de ses blessures,

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Bahadour-Cbah (Chah Âlem ) en partit deux ans après, laissant partout des gouverneurs.

Ce prince mourut en 171 1 , à son arrivée à Lahor.

Il y eut des troubles continuels sous le règne de Mouiacoudin son successeur, qui fut tué en 1712.

Farouksiar lui succéda la même année et envoya dans le Dékhan , Oussein- Ali-Khan , pour faire rentrer ce pays- dans le deypir. Ce gouverneur , après avoir mis le bon ordre partout, y laissa Àlem-Aii-Khan pour gouverneur-général et revint à Delhi.

En 1 7 1 5, Moubares-Khan fut gouverneur d'Àurengabad, et. Nizamoulmoulouk de Mal va. Ce dernier s'empara de Bourampour un an après, d'après un ordre secret de Farouksiar. Ce prince avait vu avec peine le grand crédit que prenaient tous les jour&Oussein-Âli-Khan et Abdoulla-Khan. Nizamouknoulouk Revenu à Delhi, mécontent d'Oussein-Ali*Khan qui venait de détrôner et de faire périr son maître pour mettre à sa place Mohhamuied- Chah , jeune prince sans expérience, partit sans prendre congé et se retira dans son gouvernement de Malva. Oussein-Âli- Khan le fit poursuivre par Delaver-Ali-Khan son neveu avec cinquante mille cavaliers. Nizamoulmoulouk, en ayant eu avis, pressa sa marche, surprit Àsser, y mit ses bagages, et revint sur

ses pas pour aller au devant de Délaver- Ali-Khan qu'il battit et tua dans le combat qu'il lui livra sur les bords dû Nerbeda. Après cette victoire , il marcha contre Àlem - Ali - Khan , créature d'Oussein-Ali-Khan , qui gouvernait le Dékhan, et qui vint à sa rencontre. Alem-Ali-Khan fut tué et son armée dissipée. Nizaraoulmoulouk vit alors tout le Dékhan reconnaître sa puissance. Moubares - Khan , qui était soumis, fut continué gouverneur d'Aurengabad. Nizam établit aussi le bon ordre dans tons les autres pays de sa dépendance. Dans ces entrefaites , Ab* doulla-Khan et Oussein-Ali-Khan perdirent la vie.

Nizamoulmoulouk revint à Delhi, et mena avec lui un des fils de Moubares-Khan. Utte sœur de lait de Mouhhammed-Chah , ayanl<fait obtenir à ce dernier, pour son père qui était gouverneur d'Aurengabad, le gouvernement général du Dékhan , Nizam , l'ayant appris , part de Delhi comme un éclair, vient joindre les troupes qu'il avait laissées, attaque Moubares-Khan et le défait totalement. Depuis cette affaire le gouvernement général lui fut continué. Après sa mort même , ses enfants en jouirent.

Nizamoulmoulouk mourut en 1746» âgé de 90 ans. Nassardjangue un de ses fils lui succéda dans le gouvernement des six provinces du Dékhan. Mousta - Ferdjangue , petit - fils d'un

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ancien visir nommé Sadoulla-Khan, voulut s'en emparer. Nassard-Jangue vint dans le paysd'Arcate pour l'en chasser. Moustaferd-Jangue était ' soutenu par les Français, sons la direction de M. Dupleix, qui, par sa bonne conduite, le fit triompher de son* compétiteur, malgré toutes les forces du Dékhan qu'il avait avec lui. H. Dupleix informé de tout, et surtout de l'affront que Nassard-Jangue avait fait aux Patanes qui étaient les meilleures troupes de son armée , à force d'intrigues et de promesses, en gagne les chefs; ils possédaient le pays de Karnoul et celui de Carpe t. Emmat-Bahadour qui en était le chef le plus puissant, convient avec eux de Êiire attaquer l'armée de Nassard-Jangue, campée alors dans la plaine de Gingi. Cette grande armée était bien diminuée, harassée par les pluies et surtout par la faim. La plaine était inondée, et les vivres n'avaient pu y parvenir. Les gros bagages et son artillerie l'avaient empêché de décamper. Ce fut sur ces entre* faites que M. Dupleix fit partir de Pondichery, un détachement de six cents blancs et quelques pièces de canon, bien munis de poudre, boulets et d-'excellents canonniers, sous les ordres de M. de La Touche, qui, avant le point du jour suivant, vint attaquer l'armée de Nassard-Jangue. Aux premiers coups de canon, l'alarme fut générale. Nassard-Jangue fait appeler les chefs ;

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dépêche, qui lui apprend son arrivée, et l'exhortant à la paix, l'invite à lui remettre le gouvernement des six provinces dont il avait le firman. Il lui ajoutait qu'en les lui remettant, il promettait d'aller , avec toutes ses forces jointes aux siennes , le mettre en possession du soubah de Bengale , dont il lui apportait le firman.

Deux jours après, Salabet-Jangue reçoit une lettre de Balagiro , chef des Marattes , qui lui apprenait la mort de Ghazioudin-Khan , son frère, à Aurengabad , et la résolution où il était de lui faire la guerre , s'il ne le laissait point mettre . en possession du territoire que Ghazioudin-Khan lui avait cédé. Le prince Maratte faisait cette demande à la tête de cent mille hommes. Refus de Salabet-Jangue. Les deux armées se rencontrent une ou deux marches avant d'arriver à Balqui. Dès la pointe du jour, les Marattes environnent l'armée du nabab , qui est en ordre de bataillon quarré entouré d'artillerie, derrière laquelle se trouvaient l'infanterie et les gros bagages ; la cavalerie était en dehors sur la droite et sur la gauche. Les Marattes, entourant toute l'armée à une certaine distance, brûlaient tout dans leur marche. Pendant trois jours l'armée ne put avoir ni vivres ni fourrages, et fut réduite à la dernière extrémité ; M. de Bussy envoya auprès de Balagiro M. Manon de Mersan, pour parler de paix.

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Balagiro l'accepta moyennant la cession des provinces de Kandes et d'Àurengabad , pour le revenu seulement. M. Marion vint en porter la nouvelle à M. de Bussy qui la fit approuver au nabab.

C'est ici le commencement de la grande puissance des Marattes que nous verrons s'élever de jour en jour, au point de vouloir chasser totalement les Mogols, et rétablir l'ancien empire indien, jusqu'à leur défaite à Panipet, dont ils n'ont pu se relever, et qui les a fait échouer dans le plus grand de leur projet , auquel cependant ils reviendront un jour, si quelque grand homme ne sort des cendres des anciens Mogols, et n'attache jusqu'aux racines de ee grand arbre prêt à couvrir l'Indoustan de son ombre. Ceci se passa en février 1753 (i).

L'envie que j'avais de satisfaire ma curiosité, d'après ce que j'avais entendu raconter sur les richesses de l'empire Mogol, et le désir de me faire un sort indépendant, mon père n'ayant pu me laisser de la fortune, parce que j'étais le plus jeune de ses trois fils , tous ces motifs me déterminèrent à partir pour ce pays lointain , et d'ehtrer au service d'un corps destiné pour les colonies françaises des Indes orientales.

Je partis de Lorient le i3 février 17 5a. Le

(1) Voyea l'article de Chah AleraD, à la fin de l'ouvrage,

deux mars nous relâchâmes k San-Yago, la plus grande des îles du CaprVerd qui appartient jtus Portugais* Sa «capitale se nomme Ribeira. Elle a un gouverneur-général et un évèque. Les chanoines sont tous nègres. C'est de cette île que l'Europe à tiré les poules pintades. Nous y fîmes quinze jours de relâche. Boeufs, moutons, poules, fruits, tout y est excellent et en abondance. Nous en partîmes le 1 8 du même mois, et nous arrivâmes le ag mai , toujours avec bon vent , à Enjouan , île habitée par des Arabes et couverte de montagnes. Les bœufs y sont excellents , mais extrêmement petits. Tout y est à bon marché. Dès que nous fiâmes pourvus des rafraîchissements dont nous avions besoin , après quinze jours de relâche, nous nous mîmes en route et nous arrivâmes enfin à Pondichéry le i3 juillet 1752. Notre traversée fut des plus heureuses. Le lendemain i4? se fit notre débarquement.

Notre arrivée fit d'autant plus de plaisir k M. Dupleix, qu'il venait de recevoir un échec devant Trichenapali , que nos troupes assiégeaient sous le commandement de M. La w, qui, quoique assiégeant , fut pris avec toutes ses troupes. par les Anglais assiégés. Le i5 au malin, nous fumes reconnus & la tête des troupes. Le 18, je fus commandé pour l'armée de Golconde, grande faveur pour moi; je dus cette grâce k

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une lettre de recommandation que M. «le&a Touche avait écrit* «en ma faveur au major-général ? beau-frère de M. Dupleix. Le ai, nous nous embarquâmes sur k vaisseau TMercule, pour Mazulipatan où nous débarquâmes le 29 avec trois cents blancs. Le. premier août , nous en partîmes pour nous rendre auprès de M. de Bussy, qui hivernait à Ayedérabad. Lea3, nous y fîmes notre entrée. Le pays que nous traversâmes était abandonné. Le peuple nous regardait avec d'autant plus d'étonnement , qu'il n avait pas encore vu tant de Français si bien armés.

Pendant notre quartier d'hiver, nous eûmes de remarquable le mariage du nabab Salabet- Jangue. Je fus à toutes les fêtes qu'il donna i ce sujet. CVtmewt des feu* ^Wtifieas shns goét, des danses, des chansons, qui, k tnek yeux, tenaient de ta bftribarie. Je *eg*tfttè éè n'avoir pas tu la pottfpe de la «ail des épousailles (1). Je ne «pus y assistsr parte que j'étais de garde ches Mte&ra-Ali, son frère, qto'tfri soupçonnait de vouloir tfévadet. On m'a **tot<t que la dépense 4e <*& fêtes et de la eratoadè de nuit , «'devait à quatre cent mille roupies ï* nabab était monté sur iM 4têphatat , W ïôtmtY

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(1) On donne plus loin 1a description àé la pompe d'un «Nrriige *~p**~près semMAIe.

des bijoux de son père, qui valaient, dit-on, plus de, cinq cents mille roupies.

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