‹ Mémoires sur l'industrie de la soie: éducationsChapitre 11 sur 34 · COCONS FEMELLES · texte numérisé non relu

COCONS FEMELLES

a,4oo

TOtAUX <1e la i"* et de »a 4« colaniie.

•aisomccs.

Mâles.

FemcUco.

Femelles..

Mâles.

Mâles.

1** joar.

ai

ai

Il résulte de ce lableau que nous aurioQS manque de mâles pour lea accouplements dèa le iroiçième jour } mais, comme il est reconnu que le même papillon peut féconder plusieurs femelles, cet inconvénient ne s'est pas présenté.

En effi^t, le troisième jour, il est né !^35,femelles noor relies, et noqs avions, des premier, deuxième et troi<^ sième jours, 23 1 mâles, tant de ceux nés parmi les coconâ fùi\^ que parmi ceux réputés femelles.

, Le quatrième jour, il est né 409 femelles nouvelles; nous avions 535 mâles. On voit que nousavpns pu laisser sans emploi une partie des anciens.

Le cinquième jour, il est né 601 femelles, et nous avions, de ce même jour et de la veille, 676 mâles.

Le sixième jour, il est né 276 femelles et 268 mâles. Tous les accouplements ont pu se faire avec des papillons vierges, parce qu*il y a toujours quelques femelles à supprimer.

(49) pn remarquera qtio oous ne tenons aucun coiâ|pte des femelles nées parmi les mâles, ei ^u'aU contraire nous employons comme bona les miles nés parmi les cocons réputés femeUeB. La raison en esi simple : on sait que nous a^ons opërë laséparaiioo des sei^os^ea considérant comme femelles lee cocons les plus lotords, eisupposant, au contraire, que les cocons légers de ?aieni foUrnir des mâles. Or^ quand ^1 y a eu erreur parmileseoconalourds, les mâles qui en sont nés étaient remarquables par l^ur force ei leur belle confiornuition : nous avons dâ les conserver pour la fécondation. Quant aux femelles nées accidentellement parmi les cocons légers et réputés mâles, elles devaient être et étaient, en effet, (rès-faibles, mal conformées et peu propres k la ponte f niMis les avons «iégVigées^

Il résulte donc de Tcxpérience de i83g que nous n'avions point tiré de fausses Conséquences de celle de i838, puisque nous avons pu féconder lei femelles de 2,4oo cocons par les mâles de t,ddo. Il est "vrai que ceux-ci ont, en partie, servi deux fois; mais n'est -il pas teconna que cela est sans inconvénient? <

D'un autre côté, si ;ious avions mis un nombre égal

de Tun et Tautré sexe , nous aurions été forcés de garder

les mâles, qui naissent , touiours les premiers, pour

.féconder les femelles reiardataires; cette conservation

n'est pas sans inconvénient, et, en définitive, nous au-

. rions employé 1,200 cocons de plus, en pure perte.

Quant ail conaeil qui a été donné de coi^seryer^, poqr la graine, 10 kilog. de cocons, par exeieple» pour ne recueillir que les papillons nés le même jour et étouiér

immédfatemenl les autres , nous ferons observer que cette pratique ofiFro beaucoup id'inconvénienis; . .

D'abord Va séparation des sexes dans une pareille masse de côcon^ deviendrait extrêmement difficile, et Ton serait probablement obligé d'y renoncer; ensuite, pour manager tes cocons, il faudrait également aban* donner Tusage de les fixer d^une manière quelconque. Enfin il est évident que, mouillés par la salive et les déje'ctipns des paptllons, le plus grand nombre des cocons non percés deviendraient absolument indévidables et ne pourraient être emplpy^s que comme filoselle. .

Nous déclarons^ du reste, qu'il ne nous a pas été possible de remarquer la plus petite difi^érence entre des œufs pondus^ même à plusieurs jours de distance, et placés, dans les mêmes circonstances, dans la chambre dHncub^tiop.

Ponte.

Malgré le grand nombre d'écrits dont le ver à soie a déj^ été le sujeC , il est certain qu'il reste encore beaucoup à faire pour rendre son histoire complète. Qu'on ne s'étonne donc point de nous voir insister sur les moindres détails-, tous recevront quelque jour une utile application.

La manière dont se fait la ponte des œufs n'a pas été complètement décrite par les auteurs; nous l'avons observée sur un grand nombre de femelles : ce que nous en dirons s'appliquera à la majorité d'entre elles, convaincus qu'il serait impossible d'assigner une règle à. laquelle aucune ne put se sot^straire. Nous spmines de l'avis de •M. Deslongchamps, V égalité ïïQ\x%[ip^vùii ici impossible.

Quand ou obftet*ve leë papillons qui naîaéeiit, ou re« marque qu'ils s'empreeseal de.cbercher à se fixer contre un plan veriical*, et s'ils péurent atteindre les bords d'une tablette, par exemple^ ils s'y posent tous, de manière a avoir la tête en haut, et le corps pendant.

Qu'on place un cerlajn nombre de papillons de cette manière sur une toile tendue contre le mur, on Terra qu'ils se dessécheroni très-vite e^ deviendront trèsblancs et velus; leurs ailes se développeront complètement, tes papillons le9 tiendront d*abord étendues pendant quelques instants, puis les rapprocheront l'une contre l'autre; aucune d0 leurs parties ne restera informe et ne conservera les plis qu'elles avaient dans la membrane de la nymphe. Les papillons resteront immobiles dans cette position, qui leur convient évidemment, et peu d*en(re eux chercheront k la quitter.

Mettez en même temps d'aptres papillons sur une toile inclinée et non verticale, d'autres enfin sur un plan horixontal , et forcez*les d'y rester. Les uns et les autres conserveront plus ou moins la difformité qu'ils avaient en perçant le cocon , et rincpmpléte dessiccation du duvet qui les recouvre leur Uissera un aspect maladif et sale. Les ailes ne se développeront qu'imparfaite^ ment; elles resteront étendues à plat, comme froissées, et paraîtront beaucoup moins grandes que celles des papillons placés sur le plan vertical. Enfin, contrairement à ceux-ci , les papillons posés sur le plan horizontal se remueront sans cesse , en s'efforçant de cherclier une position plus convenable.

Pour peu qu'on réfléchisse , on comprendra très-bien la caiise dexes différences. Quand le papillon quille son

cocon, il est loui hnmide^ e( le premier beaohi qu'il éprouve est de sécher, son corps et ses ailes. La po»tion verticale est (rès-fatorable à cette dessiccation. L 'animal^ suspendu dans un courant d'air, ne touche que par ses pattes le corps solide sur lequel il est fixé, et n'a. aucun effort à faire ) ses ailes se déploient ausei par leur propre poids.

Sur un plan horizontal , au contraire , le lourd abcla* inen de Tinsecte touche à terre; le courant d'air ne Tenreloppe pas. Le papillon estobligé de faire desefiforts pour éloigner de son corps ses ailes mouillées et pesantes; il est donc naturel qu'il cherche une meilleure place : nous pensons qu'on fera bien de la lui donner en trann* portant les papillons, à mesi^re de leur apparition ^ 8«r des toiles tendues contre le mur.

Quant à la ponte, il nous a paru évident qu'elle araît lieu, pour la grande majoKté des femelles, en deux phases principales.

Les femelles ayant élé accouplées le malin et séparées des mâles le soir, ou rers quatre beurres, commencent à pondre une heure après, et les toiles se cofivrent rapi* dément d'œufs. Au bout de deux eu trois heures, la ponte a cessé.

Le lendemain malin , si on transporte les femelles sur une nouvelle toile, on remarquera qu'elles ne recommencent à pondre que le soir, à la même heure à peu près que la veille. Quant à la ponte du troisième jour, elle est insignifiante.

Du reste, nous avons remarqué positivement, comme M. Loiseleur-Deslongchamps, qu'il était indispensable, pour conserver à toutes les périodes de la production

desœufs une irctiviié soutenue et g(*fi£f«lt| d'eairelenir, dans le lieu t>ti elle s'of^ère, une clialeur égale à cellf qai a régné dans la magnaiterte. Si vous laisses tomber la température , tes m&les se détaobent des femelles ; ils sont sans ardeur et sans fopoe; la ponte s'arrête et tout languit» Le eontraire s'observe d'une maftière évidenle clans nne atmosphère à ^5* ceatigrades.

Croisement des races.

Il nous res(e à dire un mol de la sèiie de noë essais sur le croisement des races.

L'année dernière, nous avions élevé plusieure séries de vers provenant du croisement des sina aveo les trois mues jaunes , et préparé des oetifs provenant du mélange de là race sina avec celle dé TuHtt.

Cettig diemiè^e expéi4encé n'a t^as dôttvié un résuVtmt satisfaisant. Void ses ï)rodùî*é :

Fismelles sina 9 m4i^s 4^ T^i^*

Cocons blancs 1^900 ^ninieÀ.

t^ocons jaunes. ...... a^ô '

l!>e ces cocons blancs il en faut 49<^ Ati Uldgramme^ des jaunes, 480.

FeîncUe^ Tiliri^^ fnOtés ^ina.

Cocons blancs. . . . ^ . . 6,100 grammes.

Cocons jaunes. ...... i^Sgo

Il fallait 5i20 cocons blancs au kilogramme et 538 jaunes.

Il résulte de ces faits que les cooons blancs et jaujnes

oHtenàft 6^ sont trouvés plus forts que 1^ Bîna et heé Turhi ptirs récoltés dans les mêmes circonstances.

Nous avions fait la àiéme remarque ranàée dernière; Mais cette amélioration apparenté éiait plus que compensée, pour les cocons blancs , par la perte de la beUe couleur blanc^, qui est la principale qualité du sina-, nous le regrettons', car^ sous le rapport de la forme et de la consistance, ils avaient beaucoup gagné, et Von sait que la faiblesse de la coque soyeuse de cette belle race est un ^rand défaut.

Le fait de la plus grande influence de la femelle, dans ces:taélaioges, résulte aussi, pour la seconde fois^ de réxpérience de 1839.

Telles sOnt les observations que nous avons faites eu 1839, pendant les que^tre éducations que nous avons pratiquées. Nous désirons qu'un grand nombre de praticiens rendent compte , comme nous , de tout ce qui les aura frappés pendant le cours de leurs travaux^ Cest le moyen d'arriver prompteknënt à des principes certains et à des^ pratiques avantageuses par la comparaison de tous les faits recueillis dans des circonstances et des climats différents^ a^ssi donnons-nous une approbation entière au tableau d'observations journalières rédigé par la Société d'agriculture de la Drôme et publié dans le premier numéro ilès Annalei de ta Société séricicole. Que dix bons observateurs , en FVance, remplissent de pareils tableaux pendant quelques années, et toutes les questions seront résolues. ;

Impriikierie de L . BOnGHARb-HUZÀRD , rue de rÉperoli , t *

SOCIETE ROYALE ET CENTRALE d' AGRICULTURE.

NOTICE

Page 1