CHAPITRE IIL
Nous avons fait , en 1840, deux éducations priucipales ; l'une , à la Cataudière , a porté sur trois races : celle de Turin, dont nous avons déjà parlé dans nos notices précédentes; la race à trois mues, que nous élevons depuis trois ans; enfin une race jaune à gros cocons , que nous désignons par le nom du lieu d'où nous l'avons tirée , Loudun^ département de la Vienne. Nous ne rapporterons aucun détail sur cette éducation , parce que ce serait répéter des choses que nous avons déjà dites. Nous insisterons sur un seul point. I^a feuille qui a été employée venait , pour la plus grande partie , d'une commune située à plus de trois lieues de la Cataudière; pour la conserver, il a paru indispepsable de la mouiller^ soit au moment du départ, soit à l'arrivée : elle a donc» été donnée constamment mouillée aux vers. Quant à la feuille de mul-
( 72 ) ti^ule récoltée sur nos propres plantations , on la toujours cueillie à la pointe du jour ^ toute cou-' verte de rosée : on peut donc dire , avec vérité , que l'éducation de la Cataudière a été faite avec de la feuille mouillée / jamais on n a tenté de la faire sécher avant de la répandre sur les canevas» . L'examen ultérieur des cocons provenant de cette éducation prouvera qu il n'en est résuldé aucua inconvénient.
L'éducation de Poitiers a été plus compliquée : d'abord elle a porté sur un grand nombre de races diverses dont nous avons déjà donné plus haut la nomenclature en parlant des œufs. Chacune de ces races èera examinée séparément. Elles ont été élevées dans le grand atelier dans les conditions normales d'une bonne éducation* Mais^ à côté de cette éducation 9 nous en avons fait plusieurs autres dans l'intention principale de rechercher quelle influence pourraient exercer des degrés d'humidité . ou de sécheresse différents. C'est à la de*» mande de M. le comte de Gaspàrin que nous avons entrepris c^ expériences : il nous en avait mani-^ festé le désir à la suite d'une discussion élevée dans le sein de la Société royale d'agriculture et de laquelle il était résulté qu'on n'avait à cet égard que des données vagues. Nous nous sommes empressés de satisfaire un désir si légitime ; nous nous estimons trop heureux de concourir en quelque chose aux beaux travaux d'un agronome aussi éminent.
(75) L'opinion la plus générale est que rhumidité exerce une influence irès-fàcbeuse dans les éduca* tions de vers à soie, et qu'il faut l'éviter à tout prix; mais, si cette opinion parait fondée en thèse générale, il s'en faut de beaucoup qu'elle ait été analy* sée de manière à préciser les circonstances dans lesquelles Thumidité peut nuire. On est fondé à se demander, par exemple, si c'est un air humide qu'on doit redouter, qu'il soit chaud ou froid; si l'humidité agit directement sur le ver lui-même ou sur les litières qui le portent, en les faisant fermen<^ ter ; si l'humidité cause les mêmes désastres , soit qu'elle agisse par l'intermédiaire de l'air, soit qu'elle arrive sur la feuille distribuée aux vers. Enfin il paraissait nécessaire de s'assurer dans quelles limites l'humidité pouvait être contenue 6u portée , avec les moyens dont on peut ordinairement disposer.
Pour jeter quelque jour sur ces questions vitales de l'art sérigène, nous avons fait simultanément quatre éducations expérimentales ; elles ont porté sur des vers parfaitement semblables. Des séries bien homogènes ont été divisées, au second âge, en quatre parties égales, et chacune d'elles a été soumise à un régime différent. Pour rendre l'expérience plus complète, nous avons agi à la fois sur trois races de vers : le sina, dont les qualités sont bien connues; la race de Touraine et celle de Loudun. Nous avons fait choix de ces deux dernières, parce que nous les avons considérées comme par-
( 74 ) faitement acclimatées. Les observations thermo^ métriques et hygrométriques ont été faites avec de bons instruments ^ dont la comparaison avait eu lieu à l'avance. Nous avions réglé les quatre hygromètres de manière à nous assurer qu'ils marchaient ensemble, sauf de légères variations inévitables. Toutes ces observations ont été consignées dans un seul tableau, auquel nous renverrons chaque fois qu'il sera nécessaire.
Il est très-important de noter que toutes les circonstances accessoires au but principal ont été égalisées le plus possible. Ainsi tous les vers ont été placés sur des canevas ; ils ont reçu des quan-* tités de feuilles suffisantes pour q'en être jamais privés. Les repas ont été distribués rigoureusement en noml^re égal et aux mêmes heures ; la même feuille a servi pour toutes les séries.
Les délitements ont été faits simultanément avec des filets , et répétés de manière à éviter toute in fluence mauvaise des litières.
On s'est efforcé d'entretenir une tejnpérature uniforme dans les ateliers, et nous avons noté avec soin l'état de l'air extérieur, afin qu'on pût appré^ cier l'effet des moyens artificiels mis en usage pour le modifier.
En un mot , nous avons fait de grands efforts pour écarter toute influence étrangère à celle dont il s'agissait d'apprécier les effets. Entrons maintenant dans quelques détails sur les dispositions prises pour chaque expérience.
< 75 ) Éducation normale.
L'éducation normale a été faite dans la grande magnanerie sqr nos canevas roulants, dont le succès est assuré pour tous ceux qui les ont vus fonctionner (i).
Les œufs avaient été mis dans la chambre d'incubation le 20 mai ; ils ont éclos du a8 mai au 2 juin.
Pour le sina, nous choisissons une série éclose le 29 mai ; pour la race jaune de Touraine et celle de Loudun, des séries du 3 juin.
Nous avons noté avec soin le jour où la montée a commencé dans chaque race; pour le sina, c'était le 21 juin, ou le vingt- quatrième jour.
Les jaunes de Touraine sont montés le 22, ou le vingtième jour.
Les vers de la race de Loudun ont commencé le 27 , pu le vingt-cinquième jour.
Le jour même où la montée a commencé, nous avons pris le poids des vers qui mangeaient encore; ce procédé nous a paru le plus convenable pour
(1)' Cette année encore, nous avons reçu la visite d'un grand nombre de personnes compétentes, qui ont toutes aj^rouvé, sans réserve, notre système de châssis à canevas roulants : nous croyons donc devoir insister de nouveau pour son adoption. Les personnes qui en désireraient un modèle peuvent s'adresser à M. Cléry, pépiniériste, à Poitiers ; le prix des modèles est de i5 francs, tout emballés.
saisir les vers au même degré de maturité : nous nous sommes servis, pour les peser, de petits cylindres en toile métallique, dont la tare avait été faite avec soin. Nous pesons ensemble cinquante vers; nous éliminons seulement ceux qui sont évidemment dans des conditions anormales. La même personne a fait toutes, les pesées ; en voici lé résultat pour les séries de la magnanerie normale :
5o vers sina pèsent 167 gramm.
Moyenne. . 3,34
5o vers de la race de Tours 171
Moyenne. . 3,42
5d vers de la race de Loudon 22S
Moyenne. . 4»^
Ce premier résultat acquerra une grande importance quand il sera mis en regard avec ceux qui seront fournis par les éducations expérimentales.
Quelques jours après, nous enlevons les cocons des balais : en voici le poids. Ils n'ont aucune importance, si ce n'est de faire voir sur quelle échelle l'expérience a été faite.
Sina. ikil. gSo gramm.
Jaune de Tours i 25o
Loudun i3 35o
■ "^ i5 kil. 85o gramm.
Mais, ce qui en a beaucoup, c'est le nombre de
ces cocons au kilogramme ; le voici :
Sina 680
Jaune de Tours 538
Loudun. . 4^^
( 77V) - Il en résulte que les poids moyens des cocons sont les suivants :
Sina i,47gritmin.
Jaune de Tdirs 1,78'
Loudun ^2,34
Après cette épreuve , nous prenons le diamètre
moyen des cocons. Le procédé que nous employons,
a été décrit dans le mémoire de M. Robinet sur la
filature; voici en quoi il consiste : Sur une règle
d'un mètre de longueur, terminée à chaque bout
par un tasseau , nous plaçons les cocons les uns à
côté des autres, d'abord dans le sens de leur petit
diamètre, ou côte à côte, puis dans le sens de leur
longueur, ou bout à bout. On compte chaque fois
le nombre qui peut entrer entre les deux tasseaux;
les deux nombres sont additionnés, puj;s le produit
est divisé par deux : on a alors le nombre moyen
de cocons qui occupent un mètre de longueur. En
divisant par ce nombre les 1000 millimètres dont
le mètre se compose, on a le diamètre moyen d'un
seul cocon. Prenons le sina pour exemple.
Il faut 54 cocons pour couvrir le mètre, en les mettant côte à côte; il n'en faut que 3i en les plaçant bout à bout. Ces deux nombres forment un total de 85, dont la moitié est 4^,5: il entre donc 4^ cocons 5 dixièmes, terme moyen, dans un mètre ' de longuetir. En divisant par ce dernier nombre les 1000 millimètres, on ^ a5 millimètres poin* dia-mètre moyen de chaque cocon.
(78) En opérant ainsi, nous trouvons les ,ré3ullats suivants pour nos trois races :
Sina 23 millimètres.
Jaune de Tours 23
Lpudun. ......... 2$
. Maintenant il est naturel de rechercher dans quelle proportion se trouvera la matière soyeuse dans les cocons dont il s'agit: pour y parvenir, nous avons pesé loo grammes de chacun d'eux; nous avons ouvert et pesé sépai^iïient les chrysalides et la soie; il en est résulté ce qui suit :
Sina. . . . . soie, 1 4 centièmes; chrysalide, 86 Tours. . . . soie , 1 4 — chrysalide , 86 Loudun. . . soie, iB — chrysalide, 82
Pour rapprocher et comparer maintenant entre eu,x ces différents résultats , il est nécessaire d^en faire un tableau.
Sina
Jaune de Tours.
Loudun
Moyennes. .
Il ressort de ce tableau plusieurs faits importants, et qui le deviendront bien davantage encore en les comparant avec les résultats des éducations expérimentales.
1*» Il y a peu de différence entre les vers de la
Poid« T«n.
Poids moyen
des coeons.
de U nutiire •OT«ui«.
Poids delà
Diamètre
mojen descôoons.
prlOO
0,22 OU 14 0,29 ou i4 0,42 ou 18
prlOO 1,25 OU 86
i,5i ou 86 1 ,92 ou 82
millina.
pTlOO
0,3 1 ou i5
pMOO
1,66 ou 85
(79) race sina et ceux de la race de Touraine; mais il y en a une considérable entre les vers de ces deux races et ceux de la race de Loudun : en e£Fet , ces derniers pèsent près de moilié plus que les autres.
rx^ Si nous comparons ]e poids des vers avec celui des cocons, nous voyons que les vers sina ont perdu 56 pour loo de leur poids en se convertissant en cocons.
Les vet*s de la race de Tours ont perdu 4^ pour lOO, seulement, de leur poids.
Enfin les vers de Loudun se sont réduits exactement de la même quantité, 48 pour loo.
5** Il résulte, de la comparaison du poids des vers
avec le poids de la soie du cocon, que chaque race
en a produit dans la proportion suivante (voir le
tableau) : \
Sina. . . 6,5 pour loo.
Race de Tours. ..... 8,4
Loudun 9,3
Ce résultat est certainement curieux, puisque voilà des vers, ceux de Loudun , qui, à poids égaux, ont fourni moitié plus de soie que les vers de la race sina. On voit aussi que la race de Tours donne !ï pour loo de plus que cette dernière.
4*" Qtiant à Ja proportion de soie contenue d^ns^ chaque nature de cocons , nous trouvons ici uoie différence non moins remarquable. En effet, tandi» que lOO kilogrammes, par exemple, de cocons siha ou de cocons de Touraine donneraient i4 kilo-'
( Sa ) graramçs de matière soyeuse brute, îoû kilogrammes de cocons de Loudun eu donneraient i8. On ne perdra pas de vue que ces trois races ont été élevées exactement dans les mêmes circonstances^
5^ En comparant maintenant le f>oids de la soie et le volume du cocon^ nous voyons, en prenant le sina pour base, que les cocons de Tours auraient dû avoir un diamètre de 3o' millimètres ; il n'est que de 2Z. Les cocons Loudun auraient dû avoir 44 millimètres. On voit que ces deux espèces sont beaucoup plus petites qu'elles n'auraient dû l'être si la soie avait été répartie en couches de la même épaisseur : donc ces cocons doivent être plus épais que ceux du sina. C'est, en effet, ce qu'il est facile de vérifier. Le Loudun, surtout, présente une coque soyepse dont l'épaisseur et la dureté sont extrêmement remarquables (i).
Pendant l'éducation normale , la température moyenne de vingt jours, prise jusqu'à trois fois par jour, a été de 25 degrés centigrades.
L'hygromètre a marqué en moyenne 70 degrés.
Après l'exposition de ces résultats, on concevra
(i) On conçoit que, si nous avions pris pour point de comparaison le cocon le plus épais , au lieu de prendre le plus mince, nous serions arrivés à des résultats pcoportioanels identiques, c'est-à-dire que le cocon sina se serait trouvé gros, pour la quantité de soie qu'il présente, dans la même proportion que le eocon de Loudun se trouve petit, dans le calcul que nous avons adopté.
sans peine quel intérêt va s'attacher aax produits des éducati<H)s expérimentales, et à leurs compa^ raisons présentées sous toutes ces faces.
Éducation sèche.
Dans cette expérience > nous nous sommes proposé de soumettre les vers* à soie à la plus grande sécheresse qu'il nous serait possible de produire, en restant pour le reste dans les conditions de l'éducation normale. Pour y parvenir, nous avons dis* posé des canevas dans la chambre d'incubation^ puis nous y avons porté trois séries des mêmes vers, dont l'éducation allait se faire simultanément dans la magnanerie ordinaire.
La pièce en question était déjà très-sèche par elle-même; mais cela ne pouvait pas nous suffire. Noos avons cru atteindre le but en répandant, sur le carreau et sur les châssis voisins de ceux qui portaient les vers, plusieurs doubles décalitres de chaux vive, qu'on a eu soin de renouveler (f )i La température était entretenue par un bon ^oêle.
Le renouvellement de l'air était plus que ^bffîsant, soit par l'ouverlure^ continuelle des portes , soit par un jour rt^éfiàgé dans le 'rtitir^atrtëVit du tuyau du pbêlè. Nous avons en soin que la température fût bien égale pour les trois séries; elle a été. en moyenne, pendant toute la^ durée de»réducation, de a5 degrés oentigradès j(yoîr le tableàiii des observations météorologiqiies)it ' ,1.
I I M I I II I ■ I ■ i I I .1 .1 I .M
(1) On trouvera plus loin des observations particulières sur Faction de la cbaux. • .<
Uhygroinètre d» marqué en moyenne, sur 46 observajtions;^ 60 degrés, c'est^-à^dire 10 degrés de moins que dans la magnanerie normale. L'hygromètre extérieur a dpnné une moyenne de jS degrés :/i\ y a donc eu une différence de 1 5 degrés entre Tair extérieur et L'atmosphère de la magna-
nçrifisèche^:
. La durée de Téducatian a été de yingt^rinq jours pour le sina; dans la magnanerie normale , la mon* tée avait eu lieu le vingt-quatrième.
Ppur.la race cje Tours, l'éducation a duré vingt jours, comme (^ans la grande niagoanerie.
La race de Loudun n'a présenté non plus aucune difféjrence, ,, ' .
, Ainsi npus^^Quvons npt^r ;ipi wn premier résultat : à. température égale, l'éducation dure le même pprapr^j^^e iouï\^^9US l'Jinfliien^e d'jave grande sér iplfer^eet i^ajti^ l'atelier norn)iEil, ki différence étimt jdç loi i^çgré^ hjgFpiflétriquQç. ,
l^ qu^ndtéS: de,.çocws récpltées ont été les^ siri-
.^iS^f^vii). ;,.b» ' ( jtp6 gramin. Au kQ. ^ >]a&
• Jaunie .de .'lllfprj^ p., 760 gramm* ^vl kil. . 5ao
Loudun. .j. . .j,^ ^35';^jf;rspm. Au kil. . 443.
, iiIKqus' ne reVieildcons plus sur les procédés em*plqyés pour appréèier les résultats de cette>è3epérience; ils ont^étë indiqués A-veo détail dans le chapitre préçêçj^eii^t,^ pp^^s ^Qij^',pp les
résumer dans les deux tableaiunqbi. suivent;; Nous
ayons mis ei) regâvd lesuéeullaU de réiVucation nc^HYaie.
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Noos avoiift déjà to plus haut que la sécheresse n'avait eu aucune influence sur la durée de Féducation; le tableau que nous venons de présenter prouve qu'elle n'en a pas eu beaucoup sur les' autres circonstances. Cependant il est clair que les yrers sont devenus moins gros ;' la différence est assez sensible.
Dans deux rac^ les cocons se sont trouvés plus faibles , et plus forts pour celle de Touraine.
La proportion de la matière soyeuse a un peu varié. Le diamètre est resté le même.
Le sina parait avoir souffert plus que le Loudun, et la race de Tours, au contraire, a gagné quelque chose. Ces divers résultats , qui semblent peu significatifs , quand on les compare avec ceux de Téducation normale ^ deviendront très-saillants quand ils seront mis en r^ard avec ceux des éducations humides.
HA
ta
igo-
es
Ce deraier tableau nous offre plusieurs résultats intéressants.
I® La perte éprouvée par le ver au moment de
sa conversion ei^ cocon est naoins considérable que celle qu'il avait subie daps la nsaj^naneri^ normale. Celasse conçoit ^aus péinej des^^yers exposés sans cessent un air sec etn'ajrant acquis d'ailleurs qu'un volume moindre devaient subir une r^uction proportionnelle moins forte siu moment de la filature de Jeur cocon et de leur métamorphose.
2° La quan tité proportion nélle de matière Soyeuse produite paraît (in peu niôins forte.
3? La diCférence entre le^ diamètre réel et le dia-mètre calculé est moins grande dans l'éducatioQ. sèche que dans l^ducatipu normale. Cela prouy^ quefes coconi sont p^js mjnces* En effet, pc^Mr l^ sina , le volume est resté le mértie , et la quaîhtité de soie n'est que:.de o,i8:, au lieu M û,i2 par co^ con. Pour la race de Tours,) il n'y a pas^de diffé^ rence sen^ibl^ n^s,^-]»eup-leLêudtMi';'eUe^9idéT favorable ^anis 1^ pr^portioij^ de i5 à rç* C^endant , dané lai magnanerie s^he, (ies-ccicons ^lous avaient paru très-fennes ; cp qui s'eipjîqfae. 'aisément. Oni.comaît lès propriétés l^ygrœnétriques de la soie et Vinfluence dimpeu d'humidité sur la consistance du cocori> Pour peu qu'il en absorbe, il devient 4rès-mou, et vice versa.
Enfin , Ëomme coiKîlusion*de celte expérience , nous pouiSons étabiff que \ influencé de la sécheresse a été défavorable^
Nous présenterons plus loin quelques réflexions sur l'emploi de la chaux comme moyen de dessib* catioin.
( 8? 1 Éducation dans la magnanerie humide.
Cette expérience pouvait présenter uu grand iolérét si elle était bien faite. Nous nous soromes elbroésde nous placer dans les meilleures conditions.
Dans une voûte située au-dessous du sol, de la moitié de sa haruteur, et déjà très-humide par ellemême ) nous avons formé ^ au moyen d'une cloison , un petit cabinet de trois mètres sur deux. Il était é(5lairé par une grande fenêtre ; cela nous paraissait une condition essentielle.
Dans cette petite magnanerie, nous avons établi un poêle , disposé de manière a la chauffer uniformément; enfin des châssis en canevas ont reçu les vers dans des conditions très-favorables. Quant au renouvellement de l'air, il avait lieu avec facilité autour du tuyau du poêle par l'ouverture pratiquée pour sa sortie.
Pour entretenir une grande humidité dans cette pièce, nous avons arrosé constamment le sol; sur le poêle et dans son four il y avait des vases pleins d'eau i enfin , pour ne rien laisser à désirer sous ce rapport , des linges mouillés ont été suspendus autour des claies et renouvelés avec constance jour et nuit,
La température' moyenne a été de ^4 dégrés centigrades. (Voir le tableau météorologique.)
L'hygromètre a marqué en moyenne 89,2* d'humidité; c'est 15,7 degrés de plus qu'en plein air,
ig,2 degrés de plus que dans la grande magnane-* rie , et enfin la différence a été de 34 degrés entre la magnanerie sèche et la magnanerie'humide. On Toit doue que nous nous sommes placés dans de» circonstances extrémement^vorables au succès de notre entreprise. Toutes les conditions étaiesl: égales , excepté celles d'humidité. On va voir que notre attente n'a pas été trompée ; mais il faut qu'on nous permette de donner à nos résa)tat& tous les développements nécessaires.
Les quantités de cocons obtenus dans cette ex-^ périeuce ont été les suivantes :
Sîna. . . . .^ . . i76gramm. Au kil. . 6^ Jaune de Tours. 860 gramm. Au kil. . 4^4 Loudun. .... 134B gramm. Au kil. . 384
La durée de l'éducation a été sensiblement la même quedans les expériences comparatives. Les tableaux qui suivent présentent les autres résultats, mis en regard avec ceux de l'éducation normale et de l'éducation sèche.
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